Pensez le Futur.

Aziz Daouda

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Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .
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CAN2025: Pourquoi le Maroc devrait remporter son quart devant le Cameroun... 120

Le quart de finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 entre le Maroc et le Cameroun, programmé pour le 9 janvier 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, s'annonce comme le choc le plus brûlant des quarts. Une rencontre au gout de la revanche d'une autre CAN, celle de 1988. Mais nous sommes en 2025 et beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Pays hôte invaincu, les Lions de l'Atlas affichent une maîtrise totale avec 7 buts marqués pour seulement 1 encaissé sur penalty en quatre matchs, surpassant les Lions Indomptables et leurs 6 buts pour 3 encaissés. Cette supériorité chiffrée, portée par l'étincelle de Brahim Díaz, l'indomptabilité d'El Kaabi, un milieu récupérateur à toute épreuve, une défense rugueuse et l'avantage du public, positionne le Maroc comme grand favori d'un duel technicotactique intense. Même s'il n'est pas jugé impeccable par certains, le parcours du Maroc l'a été au plan de l'efficacité malgré la perte des deux pièces maitresses que sont Saiss et plus encore, du meneur de jeu Azzedine Ounahi. Les Lions de l'Atlas ont survolé le Groupe A avec 7 points : une victoire 2-0 clinique contre les Comores, un festival offensif 3-0 face à la Zambie et un nul que l'on peut comprendre stratégique 1-1 devant le Mali, prouvant une polyvalence rare. En huitièmes, un 1-0 maîtrisé contre la Tanzanie a confirmé leur solidité, avec zéro but encaissé lors de trois de leurs quatre sorties. Cette défense de fer, menée par un trio Yassine Bounou, Nayef Aguerd et Mazraoui, soulagé par unEl Aynaoui infatigable, n'a cédé qu'une fois sur penalty face au Mali. Au total, une différence de buts de +6 qui évoque la discipline d'une équipe en quête de sacre continental à domicile. Et encore Hakimi ne faisait que revenir lors de la dernière rencontre disputée. Cette fois ci pour les quarts, ils auront en face un Cameroun solide mais vulnérable par ailleurs par la jeunesse de l'équipe et le caractère décousu sur de nombreuses phases de jeu, lors de leurs prestations jusqu'ici. Cependant leur marge de progression est énorme et la métamorphose et montée en gamme, peut justement se produire là en quart de finale. Les Lions Indomptables ont arraché la première place du Groupe F avec également 7 points: un 1-0 précieux contre le Gabon, un 1-1 accroché face à la Côte d'Ivoire et un 2-1 laborieux devant le Mozambique. Les deux buts encaissés en poules ont déjà alerté sur les défaillances défensives du collectif. Leur qualification en quarts avec 2-1 contre l'Afrique du Sud en huitièmes, a révélé du caractère, mais aussi des failles : trois buts concédés en tout, dont un sur erreur individuelle face aux Bafana Bafana. Moins tranchants devant avec seulement 6 buts, ils dépendent d'un réalisme opportuniste, loin de la fluidité marocaine. Le Maroc lui profite d'un Brahim Díaz, maestro en pleine lumière. Il vit sans doute son âge d'or en CAN : 4 buts en 4 matchs, un record historique pour un Marocain en une phase finale de CAN, dont le bijou à la 64e contre la Tanzanie. Il répond clairement à son entraineur de club qui semble ne pas savoir comment profiter de son génie. Premier Lion à claquer un but par match consécutif, le Madrilène excelle dans les espaces réduits, avec Ayoub El Kaabi (3 buts) en lieutenant fidèle et tranchant. Face à une défense camerounaise solide avec André Onana impérial mais hésitant des fois, cette menace individuelle, même de petite taille : 4 tirs cadrés par match en moyenne, pourrait faire basculer un scénario verrouillé, comme lors des huitièmes où ses appels ont déstabilisé les Taïfa Stars. La maîtrise technique globale et la domination du ballon penchent aussi du côté du Maroc qui écrase les statistiques collectives : 2 184 passes réussies, un record absolu, 89% de précision et 71% de possession contre la Tanzanie, un océan de contrôle. Achraf Hakimi, de retour en trombe avec une passe décisive, va surement animer un couloir droit infernal, tandis qu'El Khanouss qui prend à peine ses marques, dicte le tempo au milieu malgré l'absence d'Azzedine Ounahi. A l'inverse, le Cameroun végète à 77% de précision et 43% de possession moyenne, luttant en transitions rapides. Cette asymétrie technique promet un siège prolongé des Lions de l'Atlas sur la surface adverse. Avec un Amrabet en sentinelle pour s'occuper de Anguissa et le tour est joué. D'autres faits et atouts sont également en faveur des Lions de l'Atlas: les facteurs psychologiques et historiques peuvent être décisifs. Hôtes euphoriques, les Marocains surfent sur 23 matchs invaincus et un public en fusion à Rabat, où l'ambiance rappellera la Coupe du Monde 2022. L'historique global sourit au Cameroun avec 6 victoires, 5 nuls, 2 défaites en 13 duels, intouchable en CAN avec 2 victoires et 1 nuls, mais les deux dernières confrontations penchent pour le Maroc : un 1-0 en qualifications de la CAN 2019 et un 4-0 humiliant au CHAN 2020. Il s'agit donc ici d'un bras de fer générationnel sans doute, mais la fraîcheur marocaine avec moins de minutes jouées et l'adaptation parfaite au condition climatique, l'emportent sur l'expérience des Lions Indomptables. Ces éléments conjugués forgent un scénario idéal pour un Maroc conquérant en quête d'une seconde étoile qui se décidera là au sifflet final, au complexe Moulay Abdallah, vendredi aux environs de 22 heures. Si une élimination surprise reste toujours possible dans une compétition aussi serrée que la CAN, le Maroc possède aujourd’hui les signaux statistiques les plus forts pour l’emporter : ✔ Meilleure production offensive globale ✔ Une seule équipe encaissée contre deux pour le Cameroun ✔ Maîtrise collective du ballon et du rythme ✔ Deux buteurs en pleine forme (Díaz et El Kaabi) ✔ L’avantage du terrain et du soutien populaire Ces éléments forment une base objective pour plaider en faveur d’un succès marocain dans ce quart de finale.

CAN 2025 : retour d’une mémoire africaine oubliée... Lumumba des gradins : la star symbolique ... 151

Indépendamment de l’issue de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, quel que soit le vainqueur, le meilleur buteur ou le gardien, le meilleur joueur, une certitude s’impose : la véritable star symbolique de cette compétition est congolaise. Non par un talent footballistique hors normes, mais par un rappel historique puissant et politique : la réincarnation, par le geste et l’attitude, de Patrice Émery Lumumba. Dans un tournoi dominé par les chiffres, trophées et records, un événement a surgi, déstabilisant les grilles de lecture classiques. Il ne s’agit ni d’un but décisif ni d’une parade spectaculaire, mais d’un acte symbolique reliant le football africain contemporain à une page tragique de l’histoire continentale. Au cœur de cette scène : Michel Kuka Mboladinga, supporter de la RD Congo, surnommé « Lumumba » dans les tribunes du stade Moulay El Hassan. Vêtu avec soin, coiffure et lunettes étudiées, il a suivi les rencontres de son pays, debout, immobile, main droite levée vers le ciel, regard fixe devant lui, une silhouette quasi statuaire. Ce rituel silencieux, répété match après match, a transcendé le folklore des gradins pour incarner dignité, constance et résistance. La CAF elle-même l’a salué: son président a rencontré Michel Kuka, consacrant la portée de ce « Lumumba » des tribunes. Au départ, peu y ont vu clair, y compris certains commentateurs sportifs. Certains parlaient d’une célébration originale, d’autres d’une provocation ou d’une excentricité virale. Ce malentendu révèle une réalité profonde : pour la jeunesse d'aujourd'hui, la mémoire politique du XXᵉ siècle s’efface derrière le flux médiatique. Patrice Lumumba, absent de l’imaginaire collectif, survit chez les historiens et militants ; pour beaucoup, son nom reste abstrait. Assassiné le 17 janvier 1961, après avoir été le premier Premier ministre du Congo indépendant (30 juin 1960), Lumumba incarne la lutte anticoloniale. Sa disparition, dans le contexte de la Guerre froide et des convoitises sur les richesses congolaises, a privé l’Afrique d’une voix souveraine. Le 17 janvier 1961 il est arrêté; son corps mutilé et dissous pour effacer jusqu’à sa trace physique. Marginalisé depuis par les récits dominants et manuels réécrits, en fait il effrayait les occidentaux et autres puissances coloniales, craignant son intransigeance. Le discours qu'il prononça devant le Roi des belges avait signé son arrêt de mort. Rappeler Lumumba à la CAN 2025, au Maroc, prend un relief particulier. En août 1960, peu après l’indépendance congolaise, il s’y rendit comme Premier ministre, saluant le Royaume et ses efforts de soutien aux indépendances africaines, sous feu Mohammed V. Le Maroc d'alors est l'hôte des mouvements de libération africains, et milite avec quelques partenaires engagés pour l’unité continentale, contre les ingérences et pour une souveraineté authentique. En incarnant Lumumba, Michel Kuka a transformé le football en espace de mémoire et de transmission. Le stade est devenu agora : un corps dressé, un silence assumé, une main levée ont fait resurgir l’histoire. Ce geste impose un rappel brutal : l’Afrique a ses martyrs, penseurs et leaders inachevés. Parfois, un simple supporter suffit à raviver une mémoire enfouie. Dans ce contexte, le geste de Mohammed Amoura, joueur algérien, mérite mention hélas. Lors d’une célébration après la qualification de son équipe aux quart de finale, il a imité la posture de Kuka puis s'est laissé tombé d'un geste moqueur et déplacé, provoquant critiques et plus sur les réseaux. Tourner en dérision Lumumba, même par ignorance, offense sa mémoire et l’idéal d’une Afrique insoumise. La bassesse est à son comble, l'indigence morale à son paroxysme. Le continent est aujourd'hui scandalisé. Cela trahit un vide éducatif criant : le sport ici hélas par ce geste ignoble, tolère la légèreté là où il devrait porter une conscience historique minimale et des valeurs de respect. Un joueur de football se doit d'avoir un minimum d'éducation ou s'abstenir de manifester quand il ne maitrise pas les codes ou n'est pas habité par les valeurs du sport et du fair-play. Le comble est que dans la quasi totalité des chaines algériennes l'attitude de ce pauvre joueur de ballon est glorifié et rapportée accompagnée de railleries et de moqueries de mauvais gout. L'incarnation véritable des médias d'un autre monde. On ne peut exiger du football africain qu’il soit fondateur d'unité, qu'il soit éducatif et élever le niveau des gens, tout en laissant railler les symboles de l’émancipation africaine. Cette schizophrénie révèle manifestement et images à l'appui, l'affaissement culturel et de civisme de tout un peuple. Une presse de caniveaux ne peut élever un peuple bien au contraire. Elle l'enfonce dans la petitesse, la médiocrité et accélère sa déchéance. Le jouer de ballon s'est excusé sous la pression mais cela ne suffira point. Le mal est fait. La CAN 2025 au Royaume du Maroc, restera sans doute gravée pour sa qualité et pour ses exploits sportifs. Mais grâce à un supporter congolais lucide et un public marocain respectueux et éduqué, elle offre une leçon de mémoire : Lumumba irrompe au présent, rappelant qu’on ne se projette pas sans assumer son passé. Dans un continent post-1961, ce geste était vital. Les héros ne meurent que si on cesse de les incarner, dans des stades comme ailleurs. Sur la terre marocaine où Lumumba défendit en 1960 une Afrique libre, son ombre renaît, portée par un supporter. Stade plein, caméras braquées, millions de regards : sa mémoire guide encore les consciences.

Venezuela après Maduro : transition démocratique ou nouvel imbroglio... 235

Qu’on soit d’accord ou non avec Donald Trump, la chute de Nicolás Maduro marque un tournant historique dans l’histoire vénézuélienne et, plus largement, dans l’histoire de la région et du monde. Après plus d’une décennie de gouvernance autoritaire, d’effondrement économique et d’exil massif, la capture de Maduro apparaît à la fois comme un soulagement pour une partie de la population et comme un choc pour l’ordre juridique international. L’arrestation du président ou du justiciable, selon l’angle de vision, exfiltré puis inculpé aux USA pour narcotrafic et corruption, concentre ainsi les espoirs de transition politique et les accusations d’ingérence impérialiste. Le Venezuela, pourtant riche du plus grand gisement pétrolier prouvé au monde, a connu une dégradation rapide de ses institutions démocratiques depuis les débuts de la révolution bolivarienne. Sous Hugo Chávez d’abord, puis sous Maduro, le pays a vu s’écrouler son économie, avec une hyperinflation récurrente, un effondrement de la monnaie nationale et une paupérisation généralisée. A partir de 2014, la crise s’est transformée en véritable catastrophe humanitaire: pénuries de médicaments, effondrement des services publics et insécurité endémique. La dimension humaine de cette crise est tout aussi dramatique: près de huit millions de Vénézuéliens ont quitté le pays au cours de la dernière décennie, fuyant la faim, la répression et l’absence de perspectives. A l’intérieur, les opposants politiques ont été marginalisés, l’indépendance judiciaire sapée et les libertés fondamentales réduites, au point que de nombreuses organisations internationales parlent de régime autoritaire ou de dictature hybride. Le pouvoir chaviste s’est mué en oligarchie corrompue, capturant la rente pétrolière au profit d’une élite politico-militaire et de réseaux criminels. Un modèle loin d’être unique. L’administration Trump, revenue au pouvoir avec un discours intransigeant contre les régimes qualifiés de « socialistes » ou de « narco-États », a progressivement durci sa stratégie à l’égard de Caracas. Pendant plusieurs années, Washington a multiplié les pressions : sanctions économiques lourdes visant la compagnie pétrolière nationale, restrictions financières, blocage naval et désignation du cercle de Maduro comme organisation criminelle transnationale. Officiellement, ces mesures visaient à asphyxier les ressources du régime, en particulier les revenus pétroliers et les flux issus du narcotrafic. En janvier 2026, cette stratégie de pression maximale atteint son paroxysme avec une opération militaire d’ampleur exceptionnelle. Des frappes ciblées et une opération spéciale coordonnée par le United States Southern Command aboutissent à la capture de Maduro dans son lit, puis à son transfert hors du territoire vénézuélien. **Le président Trump lui même annonce publiquement que Maduro et son épouse ont été arrêtés et seront jugés aux USA pour narcotrafic, corruption et participation à un prétendu cartel désigné comme organisation terroriste.** Dans la foulée, Trump promet que les États-Unis garantiront une transition politique « sûre et ordonnée » pour le Venezuela, allant jusqu’à évoquer la possibilité de « gérer » le pays jusqu’à l’organisation d’élections jugées crédibles. Cette intervention militaire a immédiatement suscité une cascade de réactions contrastées, révélant une polarisation profonde au niveau interne comme au niveau international. Pour ses partisans, l’opération est une forme de libération : elle met fin à un régime accusé de réprimer son peuple, de truquer les élections et de détourner les richesses du pays au profit de réseaux politico-mafieux. Une partie de l’opposition vénézuélienne, exilée ou restée sur place, présente la capture de Maduro comme l’occasion historique de reconstruire des institutions démocratiques et de relancer une économie exsangue. Pour ses détracteurs, au contraire, l’intervention américaine constitue une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et du droit international, en particulier du principe de non-recours à la force inscrit dans la Charte des Nations unies. Certains gouvernements d’Amérique latine et d’Europe, ainsi que des porte-parole des Nations unies, ont dénoncé une opération unilatérale américaine et mis en garde contre un dangereux précédent légitimant des actions similaires ailleurs dans le monde. Même au sein de l’opposition vénézuélienne, certains acteurs redoutent que la fin d’un autoritarisme interne n’ouvre la voie à une forme de tutelle externe durable, redoublant la polarisation entre pro et anti-intervention. Au-delà de la justification morale ou juridique, la dimension géopolitique et énergétique est centrale pour comprendre l’initiative. Le Venezuela dispose de réserves pétrolières considérables mais de mauvaise qualité que des acteurs comme la Chine et la Russie ont cherché à sécuriser via des accords de long terme, des prêts massifs et des prises de participation. Cette présence accrue de puissances rivales aux portes des États-Unis s’inscrit en faux contre la vieille doctrine Monroe et alimente, côté américain, la perception d’un défi stratégique dans ce que Washington considère comme son « arrière-cour ». Dans cette perspective, l’intervention ne peut être lue uniquement à travers le prisme des droits humains ou de la solidarité avec le peuple vénézuélien. Washington cherche aussi à reprendre la main sur la région, à réduire l’influence de Moscou et de Pékin en Amérique latine dans un contexte de rivalité globale exacerbée. Cette ambivalence, entre discours de libération démocratique et intérêts stratégiques, nourrit la méfiance, notamment dans le Sud global. Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur l’intervention américaine, un point reste central : aucune transition politique durable ne peut réussir sans l’adhésion et la participation active du peuple vénézuélien en entier. La fin de l’ère Maduro ouvre une fenêtre d’opportunité pour reconstruire des institutions démocratiques, restaurer l’État de droit, garantir la liberté d’expression et relancer l’économie, mais cette fenêtre peut se refermer rapidement si la transition se fait sous la seule houlette d’acteurs externes. Les récents exemples de l’Irak, de la Libye et de la Syrie le confirment. La véritable **libération** ne viendra pas seulement de la chute d’un dirigeant, aussi autoritaire soit-il, ni des promesses d’une puissance étrangère, aussi influente soit-elle. Elle dépendra d’un processus politique inclusif, capable de réunir une société profondément fracturée, de prévenir les règlements de comptes et d’éviter l’émergence d’un nouveau système de dépendance, qu’il soit économique, sécuritaire ou diplomatique. C’est aux Vénézuéliens qu’il revient de définir, dans la durée, les contours de leur avenir, si possible avec un accompagnement international fondé sur le droit, la coopération et le respect de leur souveraineté. La position de l'armée est de militaires est aussi à scruter.

Maduro, de souverain à justiciable américain...ou la dernière nuit du Raiss Maduro... 320

Le scénario est désormais factuel: capture, transfert à New York, mise en accusation pour narcoterrorisme. Un précédent historique marquant. Place alors aux «Débats» ou «Opinions». De chef d’État à chef de cartel: le cas Maduro ou quand la puissance redéfinit le droit. Un président en exercice est extrait de son palais: Des bombes sont larguées au loin; dispersion d'attention et paralysie des systèmes de défense; Scénario maitrisé parfaitement bien mené. Un chef d'Etat a été enlevé par une armée étrangère puis exhibé menottes aux poignets devant les caméras à New York : la scène rappelle la fin de Manuel Noriega en 1989. Cette fois, ce n’est pas le général panaméen mais bien le révolutionnaire Nicolás Maduro, une sorte de relique bolivarienne, chef de l’État vénézuélien depuis 2013, désormais officiellement poursuivi pour narcoterrorisme par la justice américaine et incarcéré à Brooklyn. Le message est limpide: quand une superpuissance le décide, un président peut cesser d’être un sujet de droit international pour devenir un chef de cartel comme un autre. La puissance va déterminer et la qualification et le sort: dans un déroulé différent: Kaddafi, Sadam ont finit autrement mais aussi sur décisions de puissances étrangères. La clé de voûte de cette opération est moins militaire que narrative. Washington ne présente pas Maduro comme un ennemi politique, mais comme le cerveau d’une conspiration criminelle transnationale, prolongeant l’acte d’accusation déjà déposé en 2020 devant la cour fédérale de New York. Ce simple glissement de catégorie, du politique au pénal, du souverain au trafiquant, permet de contourner l’obsession contemporaine pour la souveraineté, l’immunité des chefs d’État et la nécessité d’un mandat multilatéral onusien. L’image n’est plus celle d’une invasion, mais d’une «opération de police» extraterritoriale destinée à protéger la santé publique américaine, un récit rodé depuis la «guerre contre la drogue» en Amérique latine. On croit assister à une scène de série télévisée: agents de la DEA et forces spéciales, lecture des droits, transfèrement vers un centre de détention fédéral, annonce solennelle du procureur. En réalité, c’est une démonstration de puissance stratégique. L’arrestation d’un chef d’État dans son lit, avec un appareil sécuritaire pris de vitesse et possiblement complice signe moins une victoire militaire qu’une humiliation systémique: celle d’un régime qui se rêvait bastion anti-impérialiste et se découvre incapable de protéger son propre président. Le «tigre» chaviste se révèle être un tigre de papier: fort en slogans, faible en capacité réelle. Les juristes rappelleront, à juste titre, que le droit international protège l’immunité des chefs d’État en exercice, sauf exceptions très encadrées. Mais l’histoire offre une autre leçon, moins confortable: depuis Noriega jusqu’aux mandats de la Cour pénale internationale contre Omar el‑Béchir ou Vladimir Poutine, la frontière entre souveraineté et responsabilité pénale n’a cessé de s’effriter. Déjà en 1998, l’arrestation d’Augusto Pinochet à Londres sur la base d’un mandat espagnol avait inauguré l’ère de la compétence universelle contre les anciens dirigeants. Aujourd’hui, avec Maduro, un pas supplémentaire est franchi: il ne s’agit plus d’un ex‑dictateur malade en visite médicale, mais d’un président en fonction, capturé par la force et jugé à l’étranger pour narcoterrorisme mettant en danger la santé des citoyens spécifiquement américains. La réaction internationale souligne la brutalité de ce changement d’époque. Quelques capitales dénoncent une «méthode cow-boy» contraire à la Charte des Nations unies; d’autres se réfugient dans une prudente indignation verbale, vite diluée dans les communiqués. Mais le plus frappant est ailleurs: nombre de dirigeants qui, hier encore, posaient complaisamment avec Maduro, acceptaient ses décorations et louaient son «courage bolivarien», se découvrent soudain une mémoire courte. Les archives regorgent de ces accolades devenues embarrassantes: elles rappellent que la diplomatie affectionne les grands mots, souveraineté, dignité, résistance, tant qu’ils ne coûtent rien. Abdelmajid Tebboune doit regretter aujourd'hui ses propos récents, insultants, à l'égard des puissances et autres ayant reconnu explicitement la marocanité du Sahara naguère espagnol. Dans l'affaire Maduro, Donald Trump a trouvé sa formule: renverser un régime sans prononcer le mot «guerre», capturer un président sans le reconnaître comme tel. L’opération viole de facto l’esprit du droit international, mais elle s’enrobe dans le langage du droit pénal américain, avec ses chefs d’accusation, ses juges, ses jurés, ses procédures. Au Congrès, quelques voix s’alarment du précédent créé. Cependant, l’histoire politique des USA montre que, face à ce qui est défini comme un «intérêt vital»: lutte contre la drogue, terrorisme, protection du territoire, les querelles partisanes cèdent rapidement la place à un réflexe d’unité. Désormais, la scène se déplace à la cour fédérale de New York. Maduro, très riche sera épaulé par des avocats prestigieux, contestera la légitimité de la procédure, dénoncera un procès politique, tentera de transformer le prétoire en tribune anti-impérialiste. Les USA, eux, mettront en avant leur lutte contre un «narco‑État» qui aurait inondé leur marché de cocaïne en lien avec des groupes armés colombiens et des réseaux criminels. Peu importe, à ce stade, que la vérité judiciaire soit totalement établie ou non: l’image du président vénézuélien dans la cage des accusés pèsera durablement plus que tous les discours télévisés. Pour une partie de l’Amérique latine et au‑delà, cette arrestation suscite un réel soulagement: celui de voir un dirigeant accusé de dérive autoritaire, de corruption massive et de collusion avec le narcotrafic répondre enfin devant un juge. Ce sentiment est compréhensible. Mais faut il s’arrêter là. Car l’épisode rappelle une vérité dérangeante: la souveraineté, dans le système international actuel, est devenue conditionnelle. Conditionnelle à la capacité de se défendre, de tisser des alliances efficaces, de ne pas franchir certaines lignes rouges fixées par d’autres. Conditionnelle, surtout, au récit que les puissants imposent au reste du monde. Le cas Maduro ne doit ni faire oublier la brutalité de son régime, ni masquer le précédent qu’il crée. Il a provoqué l'exil de plus de 8 millions de personnes. Qu’un président soupçonné de crimes graves soit jugé, beaucoup s’en féliciteront. Qu’une puissance s’arroge le droit unilatéral de l’enlever et de le juger chez elle, sans mandat international incontestable, devrait inquiéter même ses alliés. Ces outils, une fois créés, risquent de ne plus être confinés à un seul «ennemi». Ceux qui se rassurent aujourd’hui en pensant qu’ils ne seront jamais la cible de telles pratiques prennent le risque, demain, de découvrir à leurs dépens que, là aussi, le récit a changé. Ce fut la dernière nuit du Raiss Maduro...

Quand l’Algérie persiste à naviguer à contre-courant de l’histoire... 528

Qu’est-ce qui a donc piqué le président algérien pour que, dans son dernier discours devant le Parlement, il choisisse de s’installer résolument à rebours du sens de l’histoire et des dynamiques internationales actuelles ? Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a, de facto, tranché la question du Sahara marocain en consacrant l’option d’une **autonomie sous souveraineté marocaine**, le chef de l’État algérien continue de ressasser les vieux éléments de langage : *« peuple sahraoui spolié », « référendum d’autodétermination »*, comme si le temps à Alger, s’était figé dans les années 1980. Dans son propos, le droit international est invoqué… puis ignoré. Le paradoxe, pour ne pas dire l’incohérence, est d’autant plus frappant que le président algérien invoque le **droit international**, tout en feignant d’ignorer que c’est précisément le Conseil de sécurité qui en est l’un des principaux interprètes et producteurs normatifs. Or, le droit a parlé. Les résolutions successives du Conseil de sécurité ont abandonné depuis longtemps toute référence à un référendum devenu impraticable, irréaliste et politiquement caduc. À sa place, une solution politique, pragmatique et durable a émergé : **l’autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine**. Cette évolution n’est ni accidentelle ni conjoncturelle. Elle est le fruit d’un constat partagé au sein de la communauté internationale : le territoire du Sahara est historiquement, juridiquement et politiquement partie intégrante du Royaume du Maroc. Et pour tenir compte de la sensibilité algérienne, pays qui a investi des dizaines de milliards de dollars depuis près d’un demi-siècle dans ce conflit artificiel, le Conseil de sécurité a, en quelque sorte, « coupé la poire en deux » en validant une large autonomie régionale, sans remettre en cause la souveraineté marocaine. On pensait alors donner une sortie honorable à Alger. Elle ne l'a pas saisie. Une Algérie isolée face à un réalignement global. En persistant dans cette posture, l’Algérie ne défie pas le Maroc : elle **nargue les grandes puissances**. Les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, plusieurs pays d’Europe centrale, de nombreux États africains et arabes ont clairement ou implicitement rallié la position marocaine. Certains l’assument ouvertement, d’autres, pour des raisons historiques, idéologiques ou de politique intérieure, avancent plus prudemment. C'est le cas de la Russie et de la Chine qui n'ont pas voté contre la dernière résolution du Conseil de sécurité. Mais tous agissent en conséquence : ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla, accords économiques, investissements massifs, partenariats stratégiques avec Rabat. Pendant ce temps, l’Algérie s’enferme dans une **diplomatie de déni**, incapable de lire les rapports de force réels. À l’heure où le Maroc s’impose comme un hub africain, atlantique et euro-méditerranéen, Alger souffle sur les braises d’un conflit qui ne mobilise plus personne, sinon elle-même et quelques relais idéologiques résiduels ridicules. Un régime d'un autre temps, face à une population en souffrance, est aux commandes à Alger. Certains mots utilisés maladroitement par le président et sa mimique sont en fait des insultes adressés ouvertement à beaucoup de pays et non des moindres, à ceux qui soutiennent la position du Maroc. Plus inquiétant encore est le **décalage abyssal** entre ce discours idéologique et la réalité vécue par la population algérienne. Le régime militaire semble évoluer sur une autre planète. Le président paraît hors sol, déconnecté des préoccupations quotidiennes d’un peuple meurtri par des pénuries à répétition : denrées de première nécessité, médicaments, pneus, produits de base. Dans un pays pourtant riche en hydrocarbures ou la gestion économique et sociale frôle l’absurde et la manipulation des chiffres un sport national. La question se pose alors avec acuité : **à qui profite cette obstination chronique ?** Certainement pas aux Algériens. Elle sert avant tout à perpétuer un système politique qui a besoin d’un ennemi extérieur pour masquer ses échecs internes à répétition, justifier la mainmise de l’armée sur le pouvoir et détourner l’attention d’une crise structurelle profonde. Il faut coute que coute cacher la véritable Algérie; celle cernée sur le plan régional. les signaux à ce niveau sont tout aussi préoccupants. Accusée par plusieurs pays du Sahel de contribuer à leur déstabilisation, directement ou indirectement, l’Algérie se retrouve progressivement **encerclée diplomatiquement**. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ne cachent plus leur défiance à l’égard d’Alger. A cela s'ajoute la rupture totale avec le Maroc, les relations avec l’Espagne durablement affectées. L’influence algérienne en Afrique recule, au moment même où le Royaume chérifien y consolide ses positions économiques, religieuses et sécuritaires. Quelles conséquences immédiates alors ? À moyen terme, ce positionnement risque d’avoir des conséquences lourdes : * **Isolement diplomatique accru**, * **Perte de crédibilité internationale**, * **Affaiblissement de la voix algérienne dans les forums multilatéraux**, * **Aggravation du malaise social interne**, * Et, paradoxalement, **renforcement de la légitimité de la position marocaine**. L’histoire montre que les conflits artificiels finissent toujours par se retourner contre ceux qui les instrumentalisent. En refusant d’accepter la réalité du dossier du Sahara, l’Algérie ne retarde pas la solution : elle retarde sa propre normalisation politique et régionale. Elle diffère aux calendes grecques sa sortie de crise et son développement. Le dossier du Sahara est désormais clos sur le plan stratégique, même s’il reste ouvert sur le plan rhétorique pour Alger. Continuer à s’y accrocher relève moins de la conviction que de l’aveu d’impuissance. À force de naviguer à contre-courant, le régime algérien risque de se retrouver seul, échoué sur les rives d’un passé révolu, pendant que la région avance sans lui. Une explication tout de même à cette sortie hasardeuse précipitée du président algérien: le grand succès de la Coupe d'Afrique des Nations de Football au Maroc. La réussite du Royaume et le satisfecit général, semble irriter le régime algérien qui ne trouve rien à répondre à ses ressortissants s'étant rendus sur place et ayant de visu constaté l'étendue, la maladresse et la bêtise de la propagande que leur fait subir le régime militaire. Certains n'hésitent pas à conclure que le Maroc avaient pris une avance de 50 ans sur leur pays. Quoi qu'il en soit, le Maroc officiel ne répondra certainement pas aux propos du président algérien. Le Royaume est dans son droit, consacré par la communauté internationale. Il poursuit son petit bonhomme de chemin se développant chaque jour un peu plus et engrangeant succès après succès.

La CAN, bouée de sauvetage pour un continent en crise : pourquoi quadriennale rime avec abandon... 647

Passant d'un rendez-vous biennal à une compétition quadriennale dès 2026, la Coupe d'Afrique des Nations (CAN), joyau de la Confédération Africaine de Football (CAF), voit son calendrier dilué par les intérêts voraces des clubs européens et une FIFA complaisante. Ces acteurs, obsédés par la rentabilité immédiate, sacrifient la renaissance continentale, la réconciliation et l'unité panafricaine au profit d'un agenda mondialisé. Pendant un mois, la CAN offre un oubli bienvenu des fléaux qui minent l'Afrique : guerres civiles, famines, terrorisme et crises économiques et politiques récurrentes. Loin d'être un simple tournoi sportif, elle agit comme un catalyseur multidimensionnel, sportif évidemment, mais aussi économique, festif et thérapeutique pour un continent meurtri, en grande partie. C'est une véritable bouée de sauvetage pour des peuples en crise. Le football transcende le terrain pour devenir un exutoire vital et un liant social puissant. Il agit ici comme un antidote aux conflits et à la misère, au désarroi et à la perte d'espoir. Dans des pays en devenir, ravagées par la violence, les sélections nationales de football incarnent l'espoir et l'unité, transformant les stades en parenthèses de normalité. - Au **Soudan** : La guerre civile, éclipsée depuis avril 2023, a fait plus de 20 000 morts et 10 millions de déplacés, selon l'ONU. Et pourtant les Aiglons de la Mer Rouge, troisièmes du groupe E avec 3 points après deux matchs, portent fièrement les couleurs d'un championnat exilé, ravivant un sursaut collectif, allumant une lueur d'espoir. - Au **Burkina Faso** : Touché par une crise alimentaire aiguë affectant 3 millions de personnes et une insécurité jihadiste endémique, les Étalons, deuxièmes du groupe E avec 3 points, n'ont plié face à l'Algérie que sur un simple penalty. Leur qualification galvanise un peuple divisé, offrant un rare motif de fierté nationale et d'espérance. - Au **Mali** : 5 millions de citoyens sont impactés par la présence d'une mosaïque de groupes terroristes, par des insurrections et coups d'État à répétition, mais cela n'a pas empêché les Aiglons du Mali de tenir tête au Maroc hôte. Ils sont leaders ex aequo avec 4 points après deux journées. Le duel imposé au Maroc symbolise une résilience farouche et une fierté à toute épreuve. - En **République Démocratique du Congo (RDC)** : 8 millions de déplacés à l'est fuient les violences du M23 ; pourtant, les Léopards au groupe D, avec le Sénégal muent les stades en exutoires cathartiques, canalisant la colère en liesse collective. - Au **Zimbabwe** : 4,5 millions de personnes souffrent d'un recul sanitaire et économique chronique ; les Warriors, lanterne rouge du groupe B avec 1 point, ravivent néanmoins l'orgueil d'une jeunesse confrontée à un chômage massif. Plus de 80% chez les moins de 25 ans ne savent plus quoi faire de leurs vies. - Au **Mozambique** : 1,1 million de déplacés à Cabo Delgado fuient les jihadistes ; pourtant les Mambas célèbrent une victoire historique 3-2 sur le Gabon, puissance footballistique, défiant l'adversité. - Au **Nigeria** : au nord les États BAY : Borno, Adamawa, Yobe, ploie sous Boko Haram depuis 15 ans, avec des millions de déplacés. Les Super Eagles, en groupe C avec la Tunisie, arrivent pourtant à unir un pays fracturé par l'insécurité côtière et les divisions ethniques endémiques. Sur le terrain on oublie même que les USA viennent de bombarder les djihadistes accusés de malmener les chrétiens du pays. - Au **Cameroun** : La crise anglophone a déplacé 700 000 personnes ; les Lions Indomptables arrachent un nul 1-1 face au tenant du titre ivoirien en groupe F, offrant une parenthèse enchantée aux tensions persistantes. - En **Angola** : Héritage d'une guerre civile traumatique, le pays lutte pour sa stabilité ; les Palancas Negras se battent vaillamment en groupe B aux côtés de l'Égypte, symbolisant une reconstruction fragile et de l'optimisme. Ces exemples illustrent comment la CAN, par sa régularité biennale, agissait comme une soupape de sécurité sociale, interrompant les cycles de désespoir tous les deux ans. Au delà du jeu et du ballon qui glisse sur les pelouses, l'impact est également économique. La CAF a élargi les phases finales à 24 équipes sur 54 nations, tandis que les éliminatoires ont uni 30 autres pays autour de moments d'espoir partagé. La CAN 2025 au Maroc bat tous les records : 236 849 spectateurs en phase de groupes (contre 197 880 en 2023), avec plus d'1 million de billets déjà vendus. Les projections économiques explosent: 192,6 millions de dollars de revenus; en sponsoring quelques 126 M$ et en billetterie pas moins de 19 M$, tandis que 500 000 à 1 million de visiteurs étrangers devraient booster le PIB marocain de 12 milliards de dirhams via tourisme, hôtellerie et sponsoring local. Historiquement, la CAN 2023 en Côte d'Ivoire avait généré 2,2 milliards d'euros d'impact économique ; 2025 pourrait la surpasser, renforçant le soft power africain. La CAN est vue dans le monde entier. LA qualité à toute épreuve offerte par le Maroc y contribue pour beaucoup. Le monde entier découvre le continent sous un autre visage, celui du progrès et de la modernité. Hélas, ce ci est sans compter avec le diktat européen et une trahison de l'essence africaine. Les Africains, conscients de ces enjeux, ont toujours milité pour une CAN biennale, ancrée dans leur réalité, répondant à leurs besoins spécifiques. Comment justifier le passage quadriennal sinon comme un diktat européen ? Les clubs sont arrivés à imposer ce calendrier pour limiter les absences de leurs stars africaines à 28 jours par an, au lieu de 40 en année CAN, préservant leurs profits et intérêts mercantiles. La FIFA, sous le sourire d'Infantino, sacrifie ainsi l'urgence humanitaire africaine. Quatre ans d'attente, c'est une éternité pour des peuples en péril. Ce choix ignore les précédents et les véritables problèmes, comme la Champions League qui sature le calendrier sans égards pour les confédérations mineures. La CAF doit trancher : le football africain est un ciment social irremplaçable, une soupape vitale d'espoir en Afrique. Quadriennaliser la CAN, c'est diluer son âme panafricaine au profit d'intérêts étrangers. L'héritage d'une CAN tous les deux ans doit être préservé, pour que le ballon rond puisse continuer de guérir les blessures du continent. Le retour à un cycle de deux ans est un devoir humanitaire qu'on ne peut balayer aussi impunément. La CAN, espace éphémère de réconciliation africaine tous les deux ans, risque de s'effacer au prix de rêves brisés d'une jeunesse qui aspire à vivre comme les autres. La CAN n'est pas un tournoi comme les autres, loin de là.

Sahara Marocain, Maghreb et Sahel : le repositionnement subtil de la Russie entre intérêts, réalpolitik et nouveaux équilibres. 653

Les signaux envoyés récemment par la Russie sur le dossier du Sahara Marocain ne relèvent ni du hasard ni d’un simple flottement diplomatique. Ils traduisent au contraire un repositionnement pragmatique, révélateur des recompositions géostratégiques profondes qui traversent le Maghreb et le Sahel, dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, l’affaiblissement relatif de l’Occident en Afrique et l’émergence de nouvelles logiques d’alliances. Pendant que les marocains sont occupés par la Coupe d'Afrique des Nations de football dont ils veulent offrir une édition exceptionnelle à leur continent, il se passe des choses fortement intéressantes pour l'avenir de la région. Le refus de Moscou d’autoriser la participation du Polisario, sous sa forme autoproclamée de « RASD », à la dernière réunion afro-russe constitue un acte politique fort, même s’il n’a pas été formalisé par une déclaration officielle tonitruante. Dans la grammaire diplomatique russe, ce type de décisions vaut message. En excluant une entité non reconnue par l’ONU et exclusivement dépendante de l’Algérie, la Russie confirme son attachement au cadre onusien et son refus de légitimer des constructions étatiques fragiles ou instrumentalisées. le Polisario n'a pas participé à la dernière réunion ministérielle du Forum Russie-Afrique au Caire les 19-20 décembre 2025. Moscou a explicitement exclu le Front Polisario et sa « RASD » autoproclamée, malgré les pressions de l'Algérie et de l'Afrique du Sud, réservant l'événement aux États souverains reconnus par l'ONU. ​Cette décision s'inscrit dans la ligne constante de la Russie, qui avait déjà écarté le Polisario des sommets précédents à Sotchi et Saint-Pétersbourg. Ce choix est d’autant plus significatif qu’il intervient dans un contexte où Moscou cherche à apparaître comme un acteur « responsable » aux yeux des pays africains, soucieux de stabilité et de souveraineté. L’abstention russe au Conseil de sécurité lors du dernier vote sur le Sahara marocain s’inscrit dans la même logique. Moscou ne soutient pas explicitement la position marocaine, mais ne s’oppose plus frontalement à l’évolution du dossier en faveur d’une solution politique réaliste. Cette posture traduit une neutralité active, qui permet à la Russie de préserver ses relations historiques et lucratives avec l’Algérie tout en évitant de contrarier un partenaire marocain devenu central dans plusieurs dossiers africains et méditerranéens. Dans la logique russe, il ne s’agit pas de choisir un camp, mais de maximiser les marges de manœuvre. Contrairement à une lecture idéologique héritée de la Guerre froide, la relation russo-marocaine repose aujourd’hui sur des intérêts économiques tangibles et croissants, notamment en agriculture et sécurité alimentaire avec les importations de céréales et exportations de produits agricoles marocains, en engrais et phosphates, en énergie, ainsi qu’en logistique et accès aux marchés africains. Le Maroc apparaît pour Moscou comme un hub africain crédible, un État stable disposant de réseaux économiques et diplomatiques étendus en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Dans un contexte où la Russie cherche à compenser son isolement occidental, Rabat offre une porte d’entrée pragmatique vers l’Afrique atlantique, loin des zones de chaos sahélien. L’Algérie demeure un allié stratégique historique de la Russie, notamment dans le domaine militaire, Alger consacrant chaque année plusieurs milliards de dollars à l’achat d’armements russes, ce qui en fait l’un des principaux clients de l’industrie de défense russe. Mais cette relation est aujourd’hui déséquilibrée : elle reste largement unidimensionnelle centrée sur l’armement, n’offre pas à Moscou de relais économiques ou logistiques comparables à ceux du Maroc en Afrique subsaharienne, et se trouve politiquement rigidifiée par une lecture idéologique figée du dossier saharien. De plus, l’Algérie n’a pas su capitaliser diplomatiquement sur son alignement russe pour devenir un acteur structurant crédible et solide au Sahel, contrairement à ce qu’elle ambitionnait. Dans le contexte sahélien actuel: effondrement étatique, coups d’État, terrorisme, présence de mercenaires et rivalités internationales, la Russie privilégie désormais les acteurs capables d’offrir des îlots de stabilité. Le Maroc, par sa politique africaine pragmatique, ses investissements, sa diplomatie religieuse et sécuritaire, apparaît comme un facteur d’équilibre, là où l’Algérie reste perçue comme un acteur de blocage sur certains dossiers régionaux. Les pays du Sahel n'hésitent même plus à dire ouvertement de l'Algérie qu'elle est la cause de leur malheur... La question du Sahara occidental, dans cette lecture, n’est plus un enjeu idéologique, mais un paramètre de stabilité régionale ; Moscou semble avoir intégré que la perpétuation du statu quo conflictuel sert davantage l’instabilité que ses propres intérêts stratégiques en Afrique. Contrairement à une idée répandue, la Russie ne raisonne plus en termes d’alliances « fraternelles » héritées du passé, mais en rapports coûts-bénéfices, l’époque du soutien automatique aux mouvements dits « révolutionnaires » étant révolue. La Russie est signataire avec le Maroc d'accords incluant le Sahara notamment en matière de pêche. Le dossier saharien illustre parfaitement cette mutation : pas de reconnaissance du Polisario, pas d’opposition frontale au Maroc, maintien du lien avec l’Algérie sans lui accorder un blanc-seing diplomatique. Bien au contraire elle la cantonne dans une dimension plutôt de petit poucet ne l'ayant pas du tout aidé à rejoindre les BRICS bien au contraire. Pour le président algérien l'adhésion était acquise. Il recevoir une véritable gifle et en Afrique du Sud s'il vous plait. Les BRICS refusèrent l'adhésion de son pays. Les récentes positions russes sur le Sahara occidental ne constituent pas une rupture spectaculaire, mais un tournant silencieux, à pas sûrs, révélateur d’un nouvel équilibre maghrébo-sahélien. Dans ce jeu à plusieurs niveaux, le Maroc consolide son statut d’acteur africain central et fiable, l’Algérie reste pour la Russie, un partenaire militaire important mais politiquement contraint. Soutenu par un pays affaibli et un régime à l'agonie, le Polisario s’enfonce dans une marginalisation diplomatique progressive. Il vit ses derniers instants. La Russie, fidèle à sa tradition de puissance réaliste, ajuste ses positions non pas en fonction des slogans, mais des dynamiques réelles du terrain, où la stabilité, l’intégration régionale, les intérêts économiques pérennes et solides et bien évidemment la crédibilité diplomatique valent désormais plus que les fidélités idéologiques du passé. Désormais il va falloir intégrer ce qu'est devenue la Russie qui n'est plus l'Union Soviétique. Alger en a telle la capacité intellectuelle.

Marocains et Algériens : frères d’histoire probablement, ennemis politiques certainement. 681

La question de savoir si Marocains et Algériens sont des frères revient de manière récurrente, souvent chargée d’émotion, rarement traitée avec la profondeur historique et la lucidité politique qu’elle mérite. Le slogan cache une réalité complexe, faite d’unité anthropologique et civilisationnelle, mais aussi de ruptures successives, certaines anciennes, d’autres plus récentes, largement imposées par des dominations extérieures puis par des choix politiques post-indépendance. A l'origine l'unité humaine et civilisationnelle est indéniable. Au plan historique, anthropologique et culturel, il ne fait guère de doute que l'Afrique du nord a longtemps constitué **un même espace humain continu**. Les grandes confédérations amazighes: Sanhaja, Zenata, Masmouda, les apports islamiques, les réseaux de confréries religieuses, les routes commerciales et les dynasties marocaines: almoravide, almohade, mérinide, saadienne ont structuré un Maghreb **organique**, sans frontières rigides. Les appartenances étaient tribales, religieuses, spirituelles ou dynastiques. La circulation des hommes, des idées et des élites était constante. **Marocains et Algériens avaient clairement un même fond civilisationnel**. Puis il y eu la parenthèse ottomane et une première divergence structurelle. A partir du XVIᵉ siècle apparaît une **différenciation majeure** entre les rives occidentales du Maghreb. Alors que le Maroc demeure un État souverain, structuré autour d’une monarchie chérifienne enracinée, l’Algérie passe sous **domination ottomane**, intégrée comme régence périphérique de l’Empire; domination, qui dura près de trois siècles et ne fut pas neutre. Elle y introduisit : * un **pouvoir exogène**, militaire et urbain, coupé du monde tribal intérieur; * un système hiérarchisé dominé par une caste politico-militaire: janissaires, deys, beys, souvent d’origine non locale; * une organisation sociale marquée par une séparation nette entre gouvernants et gouvernés, sans véritable intégration politique des populations. Ce modèle ottoman, plus fondé sur la coercition que sur l’allégeance, contrastait profondément avec le modèle marocain, où le pouvoir central reposait sur la **bay‘a**, la légitimité religieuse, et une continuité dynastique autochtone. Sans “dénaturer” profondément les populations au sens biologique du terme, cette longue période ottomane a **modifié les rapports à l’État, à l’autorité et à la souveraineté**, et a contribué à éloigner progressivement, sur le plan culturel et politique, les sociétés de l’Ouest algérien et du Maroc. Vint alors la colonisation française et la séparation institutionnalisée. La colonisation française de l’Algérie (1830–1962) introduit une rupture bien plus profonde encore. Paris travaille méthodiquement à **arracher l’Algérie à son environnement maghrébin naturel**, la transformant en colonie de peuplement, puis en départements français. Les frontières sont redessinées unilatéralement bien au détriment du Maroc, et une identité algérienne est progressivement construite **en opposition à son voisin de l’Ouest**, présenté comme archaïque. Il s’agit là d’un héritage direct du logiciel colonial français. Pourtant, malgré cette entreprise de séparation, la fraternité entre les peuples résiste. Le Maroc accueille, soutient et arme les combattants du FLN; des milliers de Marocains participent à la guerre de libération; Feu SM Mohammed V engage le prestige et les ressources du royaume au service de l’indépendance algérienne. À ce moment précis, la fraternité n’est ni un mythe ni un discours: elle est **un fait historique concret**. A l’indépendance algérienne une rupture politique inattendue est assumée. C’est donc paradoxalement **après 1962**, une fois l’Algérie indépendante, que la fracture devient durable. Le pouvoir issu de l’armée des frontières revient sur les accords conclus avec le GPRA concernant les frontières héritées de la colonisation. La **guerre des Sables de 1963**, déclenchée contre un Maroc affaibli mais solidaire quelques mois plus tôt, constitue un traumatisme fondateur. Dès lors, l’hostilité devient structurelle: * Soutien directe à des opposants et putschistes marocains; * Appui politique, diplomatique, militaire et financier aux séparatistes du Polisario; * Campagnes médiatiques acharnées contre le Maroc et sa monarchie; * Ingérences répétées dans les choix souverains marocains, y compris ses alliances internationales, notamment avec Israël; * Accusations lourdes, souvent évoquées dans le débat public algérien, * Opérations de déstabilisation, dont l’attentat de l’hôtel Asni à Marrakech en 1994 ; * instrumentalisation de l’enseignement scolaire algérien, où le Maroc est présenté comme un État « colonialiste »; * Déportation brutale de 45 mille marocains hors d'Algérie; * Sabotage des tentatives de rapprochement, y compris sous la présidence de Mohamed Boudiaf, dont l’assassinat, alors qu’il amorçait un dialogue avec Rabat, demeure entouré de zones d’ombre. Plus récemment, l’affaire **Boualem Sansal**, emprisonné pour avoir exprimé des vérités historiques dérangeantes pour la narration officielle, illustre l’incapacité du régime algérien à accepter une lecture libre et apaisée de l’histoire maghrébine. Voilà donc deux trajectoires nationales irréconciliées. À cette hostilité politique s’ajoute une divergence profonde des trajectoires nationales. Le Maroc, sans être exempt de critiques, a engagé une transformation progressive: réformes institutionnelles, pluralisme, grands chantiers d’infrastructures, intégration africaine, diversification économique et diplomatique. À l’inverse, l’Algérie demeure enfermée dans un **système militaro-sécuritaire hérité à la fois de la logique ottomane et de la guerre de libération**, centralisé, méfiant envers la société, dépendant de la rente énergétique et structurellement hostile à toute réussite régionale perçue comme concurrente. Cette asymétrie nourrit frustration et ressentiment, où le Maroc devient un **adversaire idéologique utile, l'ennemi classique** Alors, frères ou non ? La réponse est nuancée, mais sans ambiguïté. **Marocains et Algériens sont des frères par l’histoire longue, la culture profonde, la géographie et les liens humains.** Ils l’ont été pendant des siècles, avant la domination ottomane, avant la colonisation française, et le restent peut être au niveau des peuples. Mais **ils ne le sont plus au niveau des États**, du fait d’un choix politique délibéré du régime algérien depuis l’indépendance: construire sa légitimité sur l’hostilité extérieure, en particulier envers le Maroc. La fraternité n’a pas disparu; elle a été **progressivement altérée, puis confisquée** par l’histoire impériale, coloniale et postcoloniale. Elle subsiste dans la mémoire populaire, dans les familles séparées, dans le silence douloureux des frontières fermées. L’histoire, elle, tranche sans passion ni idéologie, la 35ème CAN y contribue: **les peuples sont frères; le régime algérien en a décidé autrement**.

Le style Moulay El Hassan : élégance, humilité et souveraineté du geste... 630

Il arrive parfois qu’un instant dépasse l’événement qui l’a rendu possible. La cérémonie d’ouverture de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations, organisée au Maroc, restera sans doute dans les mémoires non seulement pour sa technologie, sa beauté, la pertinence de sa thématique et sa qualité inédite en Afrique ; non par son importance sportive et diplomatique, mais surtout pour la prestation silencieuse, presque chorégraphique, du Prince Héritier **Moulay El Hassan**. Sous une pluie battante, dans un stade plein et sous les regards croisés du public marocain et international, le Prince a surpris les non avertis. Non par l’ostentation, mais par la sobriété. Non par la distance, mais par la proximité. Ce soir-là, le Maroc a offert à l’Afrique et au monde bien plus qu’un tournoi de football : une leçon de style, de comportement et d’hospitalité par l’élégance du geste et la noblesse de l’attitude. Sans parapluie, avançant calmement sur la pelouse détrempée du **Stade Moulay Abdellah**, le Prince Héritier s’arrête, salue chaleureusement un public charmé, enthousiaste, fervent, et se dirige vers les arbitres et les joueurs avec un naturel désarmant. Les images parlent d’elles-mêmes : des sourires, des échanges simples, un ton amical et profondément humain. Aucun protocole pesant, aucune rigidité. Juste l’évidence d’un homme à l’aise dans sa mission, avec prestance et classe. Lorsqu’il demande à l’arbitre de quel côté botter le ballon pour donner le coup d’envoi symbolique, le geste devient presque métaphorique. Celui d’un héritier du trône qui sait que l’autorité véritable n’a pas besoin d’être imposée, mais s’exerce dans le respect, l’affection et l’écoute. Le ballon est frappé avec élégance, sans emphase. Le message, lui, est limpide. La joie est manifeste. Le Maroc est hôte et maison commune de tout un continent en devenir. Le Prince en donne la preuve. En bon Marocain, le Prince Héritier maîtrise cet art ancestral: celui de recevoir et de mettre à l’aise ses invités. Les pays présents à la CAN sont les invités du Maroc. Et, à un niveau plus profond encore, ils sont les invités de tous les Marocains, à leur tête Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, comme se plaisent à le répéter le président de la FIFA **Gianni Infantino** et celui de la CAF **Patrice Motsepe**, Sud-Africain, faut-il le rappeler. En présidant cette cérémonie, en représentant son auguste père, le Prince Moulay El Hassan n’incarnat pas seulement la continuité institutionnelle. Il incarnait une culture : celle d’un Royaume où l’hospitalité est une valeur cardinale, et où la souveraineté s’exprime aussi par la courtoisie. Installé dans la Tribune Royale aux côtés du président des Comores, de **Gianni Infantino**, de **Patrice Motsepe** et du président de la FRMF **Fouzi Lekjaa**, le Prince a suivi la rencontre avec une attention visible, réagissant aux temps forts comme n’importe quel passionné de football, exprimant une joie sincère, une émotion partagée. Lorsque **Ayoub El Kaabi** inscrit son splendide retourné acrobatique à la 74ᵉ minute, la joie du Prince est spontanée, sincère, presque contagieuse. Ce n’est pas une joie calculée, mais celle d’un jeune homme fier de son équipe, de son pays, et du moment historique que vit le Royaume et l'Afrique. À cet instant même, il se retourne et salue respectueusement son invité : le Président des Comores. Les relations et la coopération avec ces Îles sont particulières. La quasi-totalité des hauts responsables de ce pays frères, pourtant lointain, dont le président lui-même, ont été formés dans les grandes écoles et universités du Maroc. Cette capacité de Son Altesse Royale à passer, sans rupture, du protocole à l’émotion est peut-être l’un des traits les plus marquants de cette prestation. Elle humanise la fonction sans jamais l’affaiblir. Elle rappelle la sollicitude royale à l’hôpital de Marrakech : Sa Majesté se penchant sur un lit d’hôpital et faisant l’accolade à un blessé subsaharien qui le remercie de tout cœur et semble avoir oublié son malheur. Là, à Rabat, en cette soirée du 21 décembre, la pluie est un symbole : entre gratitude et destin. Il y avait, ce soir-là, une autre dimension, plus subtile, presque spirituelle. Après sept années consécutives de sécheresse, cette pluie abondante tombant sur Rabat, à ce moment précis, prenait une résonance particulière. Le geste princier, accompli sans protection alors qu’il pleuvait des cordes, est apparu à beaucoup comme une forme de gratitude silencieuse, un remerciement à la miséricorde divine. Vivement la pluie et les neiges abondantes sur les cimes de l'Atlas. Dans une monarchie où le temps long, le symbole et le sacré comptent autant que l’instant médiatique, cette image a marqué les esprits. Elle a rappelé que le pouvoir, au Maroc, s’inscrit dans une continuité historique et spirituelle, celle de la plus ancienne dynastie régnante au monde. Celle du commandeur des coryants. Feu Hassan II n’avait-il pas remercié Dieu, traversant Khémisset debout les bras en l’air, par une pluie battante qui avait tardé ? Le Prince est un homme d’exception en devenir, brillant étudiant, doctorant perspicace, marocain résolu, musulman convaincu, africain décidé, humaniste érudit. La victoire finale des Lions de l’Atlas (2-0) n’a fait que parachever une soirée déjà chargée de sens. Mais au-delà du score, c’est le comportement du Prince Héritier qui restera comme l’un des moments forts de cette ouverture de la CAN. Par son humilité, son élégance et sa maîtrise des codes, **Moulay El Hassan** a montré qu’il n’était pas seulement un héritier de sang royal, mais un héritier de valeurs pérennes. Et c’est peut-être là que réside le respect, l'amour et l’admiration du public marocain et la surprise de celui international : avoir vu, sous la pluie, se dessiner le portrait d’un futur grand leader qui comprend que la grandeur commence souvent par la simplicité du geste.

Le paradoxe marocain : entre progrès tangible et désenchantement social... 711

Les indicateurs macroéconomiques et sociaux dressent le portrait d’un Maroc en profonde transformation. le Maroc d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui des premières décennies post-indépendance. L’espérance de vie, qui stagnait autour d’un demi-siècle dans les années 1960, dépasse désormais les trois quarts de siècle. Les politiques d’électrification, d’adduction d’eau potable, de scolarisation et de couverture sanitaire ont produit des résultats visibles, même si des zones de fragilité subsistent. Le pays a gagné près de trente années d’espérance de vie, réduit significativement la pauvreté. Les modes de consommation se sont diversifiés, le tourisme interne s’est développé, les pratiques de loisirs se sont diffusées. Les comportements sociaux se rapprochent progressivement de ceux observés dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, sinon plus. Pourtant, cette situation globalement positive, cohabite avec un sentiment diffus de malaise. Le pessimisme semble persistant, couplé avec une défiance croissante envers les institutions politiques et s'exprime sous forme de désenchantement civique. Comment comprendre ce décalage entre des progrès mesurables, palpables et un ressenti collectif marqué parfois l’auto-dévalorisation ? Sur le plan économique, malgré les chocs exogènes, pandémie, sécheresses à répétition, tensions géopolitiques, inflation importée, la trajectoire demeure globalement ascendante. L’essor des infrastructures, le développement d’industries exportatrices: automobile, aéronautique, phosphate et dérivés, la montée en puissance des services et l’intégration progressive aux chaînes de valeur mondiales sont régulièrement salués par les institutions internationales qui sont unanime quant à la résilience et les avancées du pays en matière de développement humain. L'aménagement et l'embellissement des villes est juste surprenant. Si l’on s’en tient aux données, il fait indiscutablement «mieux vivre» au Maroc aujourd'hui qu’il y a vingt, trente ou cinquante ans. Pourtant, cette amélioration objective ne se traduit pas mécaniquement par un sentiment de mieux-être. Le bien-être ne se mesure jamais en termes absolus. Il se construit par comparaison: avec hier, avec les autres, avec ce que l’on perçoit comme possible ou légitime. À mesure que la société progresse, les attentes s’élèvent, se diversifient et deviennent plus exigeantes. Le citoyen ne se satisfait plus de l’accès aux services de base ; il aspire à la qualité, à la reconnaissance et à la dignité. La généralisation de l’accès à l’information et aux réseaux sociaux a démultiplié ce jeu de miroirs. Les standards de vie occidentaux, les modes de consommation globalisés et les styles de vie d’élites locales ou internationales sont constamment exposés. Le référentiel de comparaison ne se limite plus au village voisin ou à la génération précédente, mais s’étend à des sociétés beaucoup plus riches ou à des minorités privilégiées. Cet écart imaginaire entre ce qui est et ce qui est vu, parfois fantasmé, alimente une frustration qui peut coexister avec une amélioration réelle des conditions matérielles. Ainsi, le sentiment de déclassement exprime moins un retour en arrière objectif qu’un décalage entre des aspirations en expansion rapide et des capacités de réponse économique, sociale et institutionnelle qui progressent à un rythme jugé insuffisant. Le progrès ne masque pas des fractures persistantes. Les écarts entre monde urbain et rural, entre régions côtières et arrière-pays, entre catégories socioprofessionnelles s'amenuisent mais demeurent marqués au plan de la perception et du ressenti. La classe moyenne a le sentiment d'évoluer dans une zone d’incertitude. Elle dispose d’un niveau de vie supérieur à celui de la génération précédente, mais se sent vulnérable. Même avec des indicateurs macroéconomiques positifs, la difficulté pour de nombreux ménages à se projeter sereinement à moyen terme, planifier un projet, anticiper une mobilité sociale, sécuriser une retraite, nourrit une angoisse diffuse. L’incertitude, plus que la pauvreté au sens strict, devient un facteur central du malaise. L'inquiétude ne se limite pas au champ économique ou social. Elle trouve un puissant amplificateur dans la crise de confiance envers les acteurs politiques. Les enquêtes d’opinion attestent d’une défiance croissante vis-à-vis des partis, des élus, des institutions de médiation. Les progrès réalisés ne sont pas suffisamment expliqués, ni incarnés par des responsables crédibles et beaucoup de citoyens ont le sentiment d'iniquité, faisant endosser aux politiques leur ressenti. La politique est perçue, souvent, comme un espace fermé, dominé par des logiques de carrière et de clientélisme. Les attentes placées dans les alternances électorales sont régulièrement déçues, d’où un transfert de frustration vers l’ensemble du champ politique. Les hommes et femmes politiques deviennent les réceptacles symboliques d’un malaise qui déborde largement leur action réelle. Ce phénomène est renforcé par la temporalité des politiques publiques. Beaucoup de réformes, éducatives, sociales, territoriales, produisent des effets à long terme, alors que les citoyens exigent des résultats rapides et lisibles dans leur quotidien. Faute de pédagogie, de transparence et de narration collective, les politiques publiques demeurent abstraites et leurs bénéfices, invisibles ou attribués à d’autres facteurs. Le pessimisme marocain ne prend pas nécessairement la forme d’une contestation radicale. Il s’exprime souvent par un «nihilisme doux» : abstention électorale, désengagement associatif, repli sur la sphère privée, montée de l’ironie et du cynisme dans le débat public, discours dévalorisants sur le pays lui-même. Ce climat entame la confiance dans la capacité collective à transformer la réalité. Ce nihilisme est ambivalent. Il coexiste avec de fortes aspirations à la réussite individuelle, à la reconnaissance internationale du pays. Il ne traduit pas un rejet du progrès, mais plutôt un doute sur la capacité du système à offrir des perspectives à tous, et pas toujours aux mêmes. Le défi pour le Maroc dépasse donc la seule dimension économique ou sociale. Il est aussi symbolique et politique. Comment faire en sorte que les progrès tangibles se traduisent en sentiment partagé d’avancement collectif ? Comment reconnecter les trajectoires individuelles avec une vision d’avenir lisible et crédible ? En l’absence de récit partagé, les chiffres, même positifs, peinent à convaincre. Le paradoxe marocain n’est pas celui d’un pays immobile mais celui d’une société en mouvement, traversée par une tension permanente entre progrès réel et espoirs. C’est dans la capacité à transformer cette tension en énergie de réforme que se joue, en grande partie, l’avenir. La CAN, avec les vidéos qui circulent traduisant le satisfecit et l'étonnement des étrangers des progrès du Maroc peut être ce point d'inflexion espéré. Il fait bon vivre au Maroc.

Puissance africaine naissante ou occasion perdue : Lomé 2025 entre pivot historique et naufrage stratégique... 884

À Lomé, du 8 au 12 décembre 2025, le 9ᵉ Congrès panafricain a transcendé les rituels commémoratifs habituels pour devenir un QG stratégique. Du moins il l'aura tenté. Gouvernements, intellectuels, patrons d’entreprises, diasporas et activistes ont martelé un diagnostic impitoyable: dans un monde fracturé par les guerres hybrides, les chaînes d’approvisionnement rompus et les empires en déclin ou en quête de repositionnement, l’Afrique ne peut plus se contenter de survivre. Elle doit imposer une doctrine de puissance collective, ou périr comme terrain de jeu des géants. Fini le panafricanisme de discours lyriques et les joutes idéologiques. On est passé du symbole au glaive avec un panafricanisme en arme géopolitique. À Lomé, Faure Gnassingbé, président togolais et hôte, a d'emblée planté le décor: l’unité africaine n’est plus une utopie morale, mais un bouclier contre les prédateurs. Face à la Chine qui verrouille les mines de cobalt, la Russie et les problèmes sahéliennes, les États-Unis qui dictent des normes plutôt floues, l’Afrique choisit la rupture. Gnassingbé l’a dit cash : sans coordination, le continent reste une proie ; avec elle, il devient un pivot. Les débats ont disséqué la fragmentation se penchant sur les crises au Sahel, les tensions au Soudan, la piraterie en Somalie. L’alternative est binaire: vassalisation ou souveraineté collective. Lomé pose donc les bases d’une alliance défensive, inspirée possiblement des BRICS, pour contrer les ingérences gourmandes. On ne s'est point gêné de statuer que le multilatéralisme s'effritait en lambeaux. l’Afrique, du moins dans le discours, part ainsi à l’assaut des forteresses. Les ministres ont sonné l’alarme: l’ONU, le FMI, l’OMC sous-représentent l’Afrique, véritable bastion démographique qui pèsera 2,5 milliards d’habitants en 2050 et sanctuaire énergétique incontournable avec son soleil, son lithium et son hydrogène vert. Le continent se pose la question fondamentale du pourquoi céder les rênes à des institutions figées dans l’après-1945 ? Ainsi à Lomé le Congrès s'est forcé à tracer une feuille de route offensive avec des idées on ne peut plus claires: - ** Une coordination diplomatique** et un front uni à l’ONU pour bloquer les résolutions biaisées. - **La nécessité de réformes institutionnelles** en exigeant deux sièges permanents au Conseil de sécurité et un droit de véto. - ** Une parole souveraine** par l'alignement des votes régionaux notamment à l'UA et à la CEDEAO, sur des intérêts communs et pas sur des caprices nationaux ou des visées idéologiques d'un autre temps. L’enjeu est donc de redéfinir les règles du jeu. L'Afrique ne se contente plus de strapontins. Elle veut peser sur le commerce mondial, les sanctions et les normes climatiques, où elle paie l’addition sans en tirer profit. **La diasporas arme secrète d’une géopolitique afro-globale**, de Bogotá à São Paulo, a volé la vedette à Lomé. Francia Márquez, vice-présidente colombienne, a rappelé les 200 millions d’Afro-descendants en Amérique : une profondeur stratégique ignorée. L'alliances Sud-Sud, les réparations comme arme diplomatique vis à vis de l’Europe post-coloniale, les flux de capitaux via la diaspora US sont autant d'atout et de pistes pour un changement radical de posture. Lomé élargit ainsi le panafricanisme à la diaspora comme lobby à Washington et Bruxelles, vecteur de tech (IA, fintech) et de soft power culturel. Face à la Belt and Road chinoise, c’est un contre-réseau transnational africain qui se dessine. Les précongrès régionaux avaient déjà proposé un plan d'action clair et concret : - **Indépendance technologique** : Maîtriser l'intelligence artificielle (IA) et l'informatique quantique pour mettre fin à la domination des pays occidentaux. - **Élites panafricaines** en réformer l'éducation pour former des leaders et des stratèges africains, et non des personnes qui fuient le continent. - **Migration contrôlée** : en mettant en place une politique commune à tout le continent pour transformer les mouvements de population en atout démographique, au lieu de subir les barrières imposées par l'Europe. - **Mémoire active** : en reliant l'esclavage et le colonialisme à des demandes économiques concrètes, comme l'annulation des dettes injustes et le paiement de redevances sur les ressources minières. - En fait des **Axes de puissance pour 2030 fondés sur la technologie, l'éducation, et la migration** L'Afrique passe de la réaction à la projection et anticipe un monde multipolaire où l’Afrique rivalise avec l’Inde ou l’ASEAN. Mais comme à chaque fois en Afrique, il reste légitime de se poser la question fondamentale: **Lomé, pivot ou mirage ?** L'espoir est que ce congrès ne soit pas un feu de paille mais plutôt une esquisse, une doctrine pour une puissance par l’unité, par l'influence et par la coordination. Le diable est dans l’exécution. Les rivalités internes et régionales, les tentations bellicistes continueront elles à diviser? Le Grand Maghreb pour ce qui nous concerne en connait un chapitre depuis 50 ans. Lomé 2025 impose un ultimatum : stratégie partagée ou irrelevance éternelle ?L’Afrique, pôle émergent ou pion sacrifié ? La réponse se joue maintenant et concerne davantage les générations africaines en devenir... Elles ne pardonneront jamais nos erreurs actuelles et nos divisions imbéciles...

Réveils dans le noir : pour des horaires scolaires adaptés à l’enfant du XXIᵉ siècle au Maroc... 817

Ce qui m'a inspiré ces lignes est une lettre publiée par un papa sur les réseaux sociaux et qui dit en substance:*Je vous écris en tant que parent inquiet, mais aussi en tant que citoyen épuisé par un choix gouvernemental qui, année après année, ignore le bon sens : celui de maintenir un horaire où nos enfants se réveillent alors qu’il fait encore nuit noire pour aller à l’école.* *Chaque matin, c’est le même scénario absurde : réveil à l’aube, enfants arrachés au sommeil, yeux encore fermés, corps fatigués, obligés de sortir dans l’obscurité, parfois dans le froid, pour rejoindre leur établissement scolaire.* *Des élèves somnolents en classe, une concentration affaiblie, une irritabilité croissante. Comment parler de qualité d’apprentissage dans ces conditions ?* *Au-delà de la fatigue, il y a le danger.**De nombreux parents n’ont pas les moyens d’accompagner leurs enfants.**Ces derniers marchent seuls dans des rues encore plongées dans la pénombre, exposés aux risques d’accidents de la circulation, d’agressions ou d’incivilités.* *Ce simple fait devrait suffire à interroger la pertinence de cet horaire.**Le gouvernement persiste pourtant à défendre ce choix au nom d’arguments économiques ou énergétiques, sans jamais mettre en balance le bien-être, la santé et la sécurité de nos enfants.* *Nous ne demandons pas l’impossible, seulement un retour à un rythme humain, adapté à la réalité de notre société.* *Par ce courrier, je souhaite que ce débat soit enfin ouvert sérieusement.* *Nos enfants ne sont pas des variables d’ajustement.* *Ils méritent un réveil normal, à la lumière du jour, et une école qui respecte leurs besoins fondamentaux.* *Elle met sur la table le calvaire vécu par enfants et parents et remet en cause le rythme scolaire imposé à nos enfants.* En fait, les rythmes scolaires actuels reposent sur une organisation largement héritée du début du XXᵉ siècle, conçue pour une société aux temporalités plus stables, pas du tout connectée et moins exposée à la stimulation permanente. Or, depuis quelques temps déjà, les travaux scientifiques convergent vers un même constat: il existe un décalage croissant entre ces cadres institutionnels et les besoins biologiques, cognitifs et psychosociaux de l’enfant contemporain. Mieux encore, L’enfant du XXIᵉ siècle évolue dans un environnement marqué par l’omniprésence des écrans, la multiplication des interactions numériques et la porosité entre temps scolaire, temps familial et temps de loisirs. Les recherches en chronobiologie établissent clairement que l’exposition à la lumière artificielle, en particulier celle bleue émise par les écrans, retarde la sécrétion de mélatonine, hormone clé de l’endormissement. Cette exposition tard dans la nuit perturbe durablement les cycles veille-sommeil chez l’enfant et l’adolescent, rendant le coucher précoce biologiquement difficile, indépendamment des règles éducatives posées par les familles. Dans ce contexte, maintenir des horaires scolaires très matinaux revient à instaurer une dette chronique de sommeil chez l'enfant. Or, le rôle du sommeil dans les apprentissages est aujourd’hui solidement documenté. Les neurosciences montrent que le sommeil est indispensable à la consolidation de la mémoire, à la régulation émotionnelle et au bon fonctionnement des fonctions exécutives d'attention, de planification et de contrôle cognitif. Le manque de sommeil régulier est associé à une diminution des performances scolaires, à une augmentation de l’irritabilité et à des troubles de l’attention pouvant aggraver des difficultés d’apprentissage. Des études nord-américaines apportent un éclairage particulièrement instructif: le report du début des cours associé à une amélioration du temps de sommeil induit des résultats scolaires meilleurs, de l’assiduité et de la santé mentale, ainsi qu’une baisse des accidents de la route impliquant des adolescents. L’American Academy of Pediatrics recommande elle explicitement des horaires scolaires plus tardifs pour les adolescents, en cohérence avec leur rythme circadien naturellement décalé. Faute d'études précises au Maroc, regardons ce qui se dit ailleurs. Les recherches montrent que, durant l’adolescence, l’horloge biologique se décale physiologiquement vers un endormissement plus tardif. Forcer un réveil très matinal revient donc à entrer en conflit direct avec un processus biologique normal. Ignorer cette donnée, largement établie, revient à fragiliser les conditions mêmes de l’apprentissage et du bien-être. À la fatigue cognitive s’ajoutent des enjeux de sécurité et d’inégalités sociales. Les horaires précoces toujours imposés au Maroc, exposent de nombreux enfants à des déplacements dans l’obscurité, augmentant les risques routiers et urbains. Les travaux de l’OCDE par exemple, soulignent que les conditions d’apprentissage ne se limitent pas à la salle de classe: le temps de transport, la fatigue accumulée et le contexte familial influencent fortement les trajectoires scolaires. Les familles les plus modestes disposent de moins de marges d’adaptation en accompagnement, en transport sécurisé et compensation éducative, ce qui transforme les rythmes scolaires en facteur indirect mais réel d’inégalités. Les impératifs économiques, organisationnels ou énergétiques ne peuvent justifier le statuquo. Plusieurs analyses internationales montrent les coûts exorbitants à long terme du manque de sommeil: en terme de décrochage scolaire, de troubles anxieux, de baisse de productivité, de problèmes de santé. Ces coûts cumulés dépassent largement les ajustements nécessaires à une réforme des rythmes. L’OCDE insiste régulièrement sur l’importance d’investir dans le bien-être des élèves comme condition de l’efficacité des systèmes éducatifs. Repenser les horaires scolaires ne relève donc ni du confort ni du laxisme ni d'un caprice. Il s’agit d’une démarche rationnelle, fondée sur des données scientifiques robustes. L’efficacité pédagogique ne se mesure pas au nombre d’heures passées à l’école ni à la précocité du réveil, mais à la qualité de l’attention, à la disponibilité cognitive des enfants et à l’engagement des élèves et des enseignants. Cette réflexion doit s’inscrire dans une approche globale. Les experts soulignent la nécessité d’articuler horaires scolaires, gestion du temps d’écran, charge de travail, équilibre entre vie familiale et vie éducative, et santé mentale. Un système éducatif performant est un système capable d’intégrer les apports de la science et d’évoluer avec la société qu’il sert. À l’ère de la connexion permanente, persister dans des schémas rigides revient à institutionnaliser la fatigue dès l’enfance. Tenir compte des besoins de l’enfant et non des contraintes du monde adulte, n’est pas une utopie pédagogique. C’est une exigence scientifique, sociale et en définitive, politique. Le Maroc dispose de tous les moyens pour engager une véritable réflexion sur la question et devrait l'entamer comme base d'une véritable réforme de l'enseignement.

Mustapha Hadji, Ballon d’Or africain : du silence des pâturages à la voix des stades 835

Le palmarès de Mustapha Hadji tient en quelques lignes, mais chacune d’elles pèse lourd dans l’histoire du football africain, de la jeunesse marocaine et surtout pour Mustapha lui-même. Ballon d’Or africain en 1998, artisan majeur de l’épopée marocaine à la Coupe du monde en France, international respecté, passeur de jeu élégant, ambassadeur discret du football et de la jeunesse du centre prédésertique marocain. Des titres, des distinctions, des chiffres. Et pourtant, réduire Hadji à son palmarès serait passer à côté de l’essentiel : une trajectoire humaine rare, presque cinématographique, qui commence loin des projecteurs. Car avant les pelouses européennes, avant les hymnes et les trophées, il y a un douar près de Guelmim. Une région austère, rude, où l’enfance s’écrit au rythme du soleil et des troupeaux. le vent est sec et fort. L'horizon est sans limite. Les enfants y contemplent à chaque instant l'Atlas et la majesté de ses simes. le sol est dure et rocailleux. Comme beaucoup d’enfants de son âge, Mustapha est berger dès qu’il a pu marcher, dès qu’il a pu être autonome. Il est vite érigé en responsable de ce que la famille et le douar ont de plus précieux: des chèvres et des moutons. Il apprend très tôt la patience, la solitude, l’observation. Des qualités qui, plus tard, feront de lui un joueur à part, capable de lire le jeu avant les autres, de sentir le ballon, d'ajuster le mouvement. Le tournant se produit avec le regroupement familial. Direction la France. Le choc est immense. Changement de langue, de climat, de codes sociaux. À l’école, Mustapha peine à s’intégrer. Il ne comprend pas tout, parle peu, se replie souvent sur lui-même. Mais là où les mots manquent, le ballon devient langage. C’est sur les terrains de quartier que son talent commence à se révéler. Un football instinctif, fluide, presque poétique. Il n’y a pas de calcul, seulement le plaisir de jouer, de s’exprimer enfin, de montrer ce dont il est capable. Autour de lui, des regards bienveillants s’attardent. Des éducateurs, des entraîneurs, des figures humanistes qui voient au-delà des difficultés scolaires ou linguistiques. Et surtout, il y a père lève tôt qui travaille et une mère qui veille. Une présence constante, exigeante et protectrice. Elle encadre, encourage, rappelle l’importance du travail et de la discipline. Elle a cela dans les gènes. Elle sait d’où elle vient. Rien n’est laissé au hasard. À partir de là, l’ascension devient irréversible. Club après club, Mustapha Hadji affine son jeu. Il n’est pas le plus puissant, ni le plus rapide, mais il comprend le football. Le ballon l’adopte et l’aime. Il joue entre les lignes, fait jouer les autres, sublime le collectif. Son style tranche dans une époque dominée par l’impact physique. Il impose une autre grammaire : celle de l’intelligence et de la créativité. L’année 1998 marque l’apogée. La Coupe du monde en France révèle Hadji au grand public. Le Maroc séduit, impressionne, frôle l’exploit. Hadji en est l’âme technique. Quelques mois plus tard, le Ballon d’Or africain vient consacrer cette trajectoire singulière. Une reconnaissance continentale, mais aussi un symbole puissant : celui d’un enfant de Guelmim devenu référence du football africain. Sans jamais renier ses racines, il les sublime dans son récit. Il ne manque jamais de les évoquer avec nostalgie et reconnaissance. Après les sommets, Mustapha Hadji ne se transforme pas en icône tapageuse. Il reste fidèle à une certaine sobriété. Celle du Maure descendant de l’homme de Jbel Ighoud. Il incarne, comme ses 40 millions de concitoyens, 350 mille ans d’histoire, pas de scandales, peu de déclarations tonitruantes. Une élégance rare, sur et en dehors du terrain. Plus tard, il transmettra, accompagnera, conseillera, toujours avec la même discrétion. L’histoire de Mustapha Hadji mérite mieux qu’un simple hommage ponctuel. Elle appelle une série, un récit au long cours. Parce qu’elle parle d’exil et d’intégration, de transmission et de mérite, de talent brut façonné par l’effort et l’encadrement humain. Elle rappelle surtout que derrière chaque trophée se cache un enfant, souvent silencieux, qui a appris à transformer ses fragilités en force. Dans un football moderne parfois amnésique, l’itinéraire de Mustapha Hadji demeure une leçon. Une leçon de jeu, mais surtout une leçon de vie. Lors de la 4e édition des Journées Africaines de l’Investissement et de l’Emploi, consacrée au football comme vecteur d’inclusion socio-économique, tenue à la Faculté des Sciences Juridiques et Sociales - Souissi, à Rabat, Mustapha est invité à l’estrade par l’icône du journalisme sportif qu’est devenue Dounia Siraj, un autre exemple de réussite d’une jeunesse innovante, engagée, sûre d’elle. Elle a dirigé de main de maître une cérémonie où elle devait, entre autres, donner la parole à Fouzi Lakjaa et à Midaoui. Elle le fut sans sourciller, la voix posée et la posture digne. Mustapha prend la parole et raconte son histoire. Les mots sont forts, précis et juste. La posture est digne. L’audience est émue. Les jeunes étudiants, très nombreux, écoutent ébahis. Ils vivent là un moment inédit. Une inspiration rare. Mustapha, sourire aux lèvres, raconte. Les mots fusent dans un récit à couper le souffle. C’est alors que je prends la parole pour interpeller le cinéma marocain. Cette histoire unique, mais semblable à bien d’autres, ne mérite-t-elle pas d’être racontée dans un film, dans une série ? Les mots et la mimique de Mustapha sont si forts qu’ils pourraient, traduits en images, montrer à toute la jeunesse en construction quelles sont les valeurs du travail, du sérieux, de la confiance en soi et de l’engagement. Le festival de Marrakech venait d’être clos la veille. Pendant que Mustapha parlait, j’ai nourri le rêve de voir un film sur Mustapha Hadji remporter l’Étoile d’Or...à une prochaine édition. Le cinéma marocain devrait jouer ce rôle-là aussi. Celui de perpétuer les réussites de la jeunesse du Royaume. Le cinéma se doit de nous raconter, et surtout à la jeunesse, ces grandes histoires de réussite dans moult domaines et Dieu sait qu’il y en a. L’histoire de Nezha Bidouane, celle de Hicham El Guerrouj, de Said Aouita, de Salah Hissou, de Moulay Brahim Boutayeb, d’Abdelmajid Dolmy, de Si Mohamed Timoumi ou de Achik, de Nawal El Moutwakel, ne méritent-elles pas d’être racontées dans des livres, dans des films ? Celles de Jilali Gharbaoui, de Mohamed Choukri, d’Abdelouhab Doukkali, d’Abdelhadi Belkhayat, de Tayeb Seddiki, de Tayeb Laalj, de Fatna Bent Lhoucine, de Fadoul, de Miloud Chaabi de Haj Omar Tissir (Nesblssa) et j’en passe, ne méritent-elles pas d’être portées à l’écran ? Merci, Si Mustapha, d’avoir été un grand joueur, une fierté nationale et surtout de continuer à faire ce que tu fais avec brio : motiver et inspirer notre jeunesse, aiguiser notre fierté nationale par ce genre d’éducation rénovée, pilier d’un Maroc souverain qui élève sa jeunesse vers un avenir prospère et éclairé.

La loi 30-09 relative à l’éducation physique et aux sports au Maroc : un frein obsolète au développement sportif 887

Promulguée en 2010, la loi 30-09 visait à moderniser la gouvernance sportive marocaine, à encadrer le mouvement associatif et à ouvrir la voie à la professionnalisation. Quatorze ans plus tard, son bilan est contrasté: si elle a instauré une architecture formelle, on a toujours dit qu’elle ne répondait pas aux exigences du sport moderne, ni n’était incitative et encourageante. Elle est aujourd’hui accusée d’être un **frein structurel** au sport marocain, en raison d’un cadre rigide, inadapté et partiellement inconstitutionnel. Pire encore, engagée bien avant la lettre royale aux assises du sport de 2008, le projet n’avait en fait subi aucun ajustement pour se conformer aux directives royales. Les auteurs avaient probablement estimé que le projet répondait suffisamment aux contenus de la lettre et n’avaient pas jugé utile de le retirer. La remise en question, déjà vive depuis sa promulgation, s’intensifiera à la lumière de la Constitution de 2011, qui érige l’activité physique en droit citoyen et impose à l’État de promouvoir le sport de haut niveau tout en favorisant la participation associative. L’approche de la Coupe du Monde 2030, de surcroît, exige une adaptation législative sans tarder. Lors de la 4e édition des Journées africaines de l’investissement et de l’emploi, dédiée au football comme vecteur d’inclusion socio-économique et organisée par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Souissi à Rabat, le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Fouzi Lekjaa, a déclaré sans ambages que la loi 30-09 avait fait son temps et qu’une nouvelle mouture était nécessaire pour accompagner le développement sportif du pays. Les principales problématiques consistent d’abord en une **discordance avec la Constitution de 2011**. Conçue avant cette révision fondamentale, la loi 30-09 ne garantit pas explicitement le droit au sport comme droit citoyen. Elle limite la liberté associative par un régime d’agrément discrétionnaire, contredisant le principe constitutionnel de liberté d’association garanti par le Code des libertés publiques de 1958, toujours en vigueur. De même, elle assigne à l’État un rôle flou en matière de régulation et de financement, fragilisant l’autonomie des fédérations et exposant celles-ci à des paralysies administratives. Force est de constater aussi une **ambiguïté du statut des sportifs professionnels**. Malgré la reconnaissance constitutionnelle du droit au travail et à la protection sociale, la loi ne définit ni un contrat sportif clair ni une protection spécifique. Ce vide juridique alimente des conflits récurrents entre clubs, joueurs et fédérations. On relèvera également un **décalage avec le sport moderne**. Attachée à une vision bureaucratique et centralisée, la loi ignore les standards internationaux et les mécanismes de gouvernance par performance ou objectifs. La professionnalisation reste inachevée: les clubs manquent de structures juridiques stables, les modèles économiques sont précaires, et les investisseurs privés sont découragés. Le rôle des collectivités territoriales demeure flou, malgré la régionalisation avancée, rendant les investissements sportifs tributaires de volontés locales plutôt que d’un cadre national cohérent. **La rigidité de la loi entrave la contractualisation rapide, la flexibilité pour les infrastructures et l’indépendance des fédérations.** Elle génère des lenteurs administratives pour les partenariats public-privé, l’absence de statut pour les sociétés sportives et des difficultés à intégrer les normes internationales, bloquant ainsi l’attractivité pour le capital privé. On peut ainsi soupçonner son **incompatibilité avec les exigences FIFA et le Mondial 2030**. La critique peut s’étendre au domaine de l’éducation avec une certaine **inadéquation avec la réforme éducative**. Alors que le Maroc investit dans le sport scolaire et universitaire, la loi omet toute intégration systémique entre écoles, universités, clubs et fédérations, ainsi que des passerelles entre sport de masse et d’élite. La loi mélange indûment sport amateur et professionnel, sans distinguer la gestion associative de l’activité commerciale des clubs. Son autre faiblesse se situe au niveau de la définition des concepts et donc de la désignation claire des responsabilités induites. Elle soumet le tissu associatif, pilier du mouvement sportif, à une tutelle excessive, créant insécurité juridique et contournements permanents. Enfin, elle conçoit le sport comme activité éducative ou culturelle, ignorant son potentiel économique : métiers du sport, sponsoring, droits audiovisuels, fiscalité spécifique et création d’emplois. Conçue dans un contexte pré-constitutionnel, la loi 30-09 est aujourd’hui **obsolète, rigide et partiellement inconstitutionnelle**. Elle freine la gouvernance, la professionnalisation et l’économie du sport, au moment où le Maroc se projette vers des échéances mondiales majeures. La situation conduit donc à la nécessité de s’orienter vers une nouvelle loi, moderne, alignée sur la Constitution, sur le propos de la lettre royale de 2008, sur les exigences d’un sport moderne en concordance avec les instances internationales, et répondant aux impératifs à mettre en place en vue de la Coupe du Monde 2030, tout en inventant un mode nouveau de gestion et d’administration éloigné du temps politique. Une administration de mission est largement souhaitée. La nouvelle loi doit s’aligner sur le cadre constitutionnel en définissant clairement les concepts, en consacrant le sport comme droit citoyen, en protégeant la liberté associative et en clarifiant le rôle de l’État (encadrement, financement, audits, contrats-objectifs). Elle devrait distinguer entre sport amateur et professionnel, entre club et association, et instaurer une professionnalisation complète: statut du sportif professionnel, sociétés sportives obligatoires pour les clubs, régulation des investissements privés. Elle doit permettre l’intégration du sport à l’économie nationale via un cadre fiscal dédié, un code d’investissement spécifique, une reconnaissance sectorielle et une modernisation du sponsoring et des droits TV. Elle devra s'harmoniser aux exigences FIFA 2030 par plus de flexibilité, réglementer les infrastructures et sécuriser les grands projets. La nouvelle loi devrait fixer les responsabilités de l’État en matière de formation des cadres et des niveaux exigés, faisant de la formation académique la base d’un système national à même de répondre aux exigences de la pratique et aux véritables besoins de la société. Elle devra en outre spécifier le rôle et définir la responsabilité des régions et des collectivités locales en matière de sport pour tous, de création d’infrastructures de proximité et d’encadrement. Une sorte de municipalisation des activités physiques de masse. Cette loi nouvelle attendue est **urgente, stratégique et incontournable** pour aligner le sport marocain sur les standards internationaux et les ambitions nationales.

Classement du Maroc au GTCI 2025 : une alerte et une occasion de réveiller le potentiel... 959

Le GTCI, ou Global Talent Competitiveness Index, est un indice international qui mesure chaque année la capacité des pays à attirer, développer et retenir les talents. C’est aujourd’hui l’un des baromètres les plus utilisés pour évaluer la compétitivité des nations dans l’économie du savoir. L'indice repose sur 77 indicateurs, couvre 135 pays à aujourd'hui et vise à mesurer la capacité à attirer, développer et retenir les talents à travers un modèle « input–output » articulé autour de six grands piliers, incluant notamment les compétences techniques et générales. En 2025, le Maroc apparaît à la 98ᵉ place sur les 135 pays. Il ferme le top 10 africain, derrière Maurice, les Seychelles, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert, le Botswana, la Tunisie, la Namibie, l’Égypte et l’Algérie. Surprenant. Il se situe clairement dans le groupe des pays à potentiel mais encore en décrochage en termes d’écosystème global des talents. Les progrès sont réels mais pas suffisants. Des fragilités structurelles persistent. Le gouvernement est ici expressément interpellé car directement responsable. L'amélioration du score est une affaire de politique publique. Pris isolément, le rang 98 constitue une photographie utile, qui agrège des progrès ponctuels et des défaillances structurelles. Le fait que de petits États insulaires comme Maurice et les Seychelles devancent largement le Maroc montre que quelques variables décisives: gouvernance, stabilité réglementaire, capacité à attirer des talents étrangers, qualité de l’offre éducative, suffisent à créer un différentiel de compétitivité significatif dans un même continent. La progression du Maroc dans d’autres indices comme l’Innovation confirme une dynamique positive, mais elle coexiste avec des faiblesses endémiques en *R&D, financement des start-up et densité de chercheurs*, qui viennent limiter la conversion de ces progrès en gains de compétences à forte valeur ajoutée. Le talon d’Achille le plus souvent souligné par les analyses du GTCI concerne la formation professionnelle et technique, où le Maroc affiche des performances particulièrement, voire étonnement faibles. Concrètement, il s'agit d'inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins des secteurs en croissance: industrie avancée, numérique, IA, services à forte intensité de savoir, fuite accélérée des profils qualifiés vers des marchés plus attractifs, coût économique direct lié à une main-d’œuvre insuffisamment opérationnelle. Tant que la formation professionnelle et technique ne sera pas pensée comme un pilier stratégique, avec des référentiels co-construits avec les entreprises, des dispositifs d’apprentissage robustes et une évaluation systématique de l’insertion, le Maroc restera en retrait dans les piliers «Vocational and Technical Skills » du GTCI. Il faut noter par exemple que cela marche très bien en ce qui concerne l'industrie de l'aéronautique et de l'automobile où le Maroc a su bien faire. L’attractivité et la rétention des talents renvoient, elles, à une problématique à la fois économique, réglementaire et sociétale. Le classement met en évidence une performance médiocre sur la capacité à attirer des talents étrangers et à retenir les profils marocains hautement qualifiés, ce qui renvoie à la combinaison d’éléments comme la qualité de vie, la mobilité: visas et résidence, la fiscalité, la liberté académique ou encore la profondeur de l’écosystème d’innovation. Si le Maroc a multiplié les signaux favorables avec des zones industrielles et technologiques, une politiques d’attractivité de l’investissement, une montée en gamme de certains secteurs, l’absence d’un «pack» cohérent pour les talents internationaux et d’un environnement pleinement compétitif pour les chercheurs, ingénieurs ou entrepreneurs limite l’impact de ces initiatives. Les discours officiels tendent parfois à insister sur les progrès réalisés dans les classements internationaux, sans toujours intégrer la dimension de rendement réel des politiques publiques. Mettre en avant des réformes, plans sectoriels ou stratégies ne suffit pas si leur traduction en compétences opérationnelles, en emplois qualifiés et en projets innovants mesurables, reste limitée; ce que rappelle implicitement le rang 98. De même, une politique de l’offre fondée sur la multiplication des filières de formation, sans alignement fin et rapide avec les besoins de l’économie, accentue le décalage entre diplômes et emplois, phénomène que captent aussi bien le GTCI que d’autres indicateurs de capital humain. Les cités des métiers et des compétences ont été pensées pour cet impératif mais sont elles alignées correctement avec l'objectif. Face à ce diagnostic, plusieurs orientations apparaissent prioritaires. La première consiste à transformer en profondeur la formation professionnelle selon une logique de « filières-marché » : co-financement de programmes d’apprentissage en entreprise, certifications modulaires co-signées par les branches professionnelles, suivi systématique d'un ajustement en temps réel des contenus. La deuxième est la mise en place de tableaux de bord nationaux des compétences, publiés régulièrement, rassemblant données sur l’insertion, qualité des emplois, mobilité internationale et évolution des besoins, afin de rendre visibles les impacts des réformes et de renforcer la redevabilité publique. Vient ensuite la question d’un véritable «pack d’attractivité» pour les profils hautement qualifiés, nationaux et étrangers. Celui-ci pourrait articuler procédures de visas simplifiées et rapides, incitations fiscales ciblées et limitées dans le temps, facilités d’installation: scolarité internationale, logement, accompagnement familial, le tout conditionné à des engagements concrets d’emploi, de transfert de compétences ou d’investissement. Enfin, la création d’un accélérateur «entreprises–universités», associant fonds compétitifs pour projets conjoints, stages obligatoires et chaires sur les compétences émergentes: IA, cybersécurité, biotech, permettrait de rapprocher durablement le système éducatif du tissu productif, sans oublier l'intéressement des encadrants et chercheurs dans le capital des compagnies crées. Il faut aussi en permanence auditer l’efficacité des dispositifs de formation et d’insertion. La démarche limiterait le biais d’autosatisfaction et alignerait davantage le storytelling national sur la réalité des résultats. Ce ci renforcerait fortement la crédibilité du pays auprès des investisseurs et partenaires. Le signal envoyé par le classement du Maroc au GTCI 2025 est donc d’abord une alerte stratégique. Sans refonte ambitieuse de la formation professionnelle, sans politique structurée d’attractivité et sans pilotage par les résultats, le Maroc risque de rester durablement dans la seconde moitié du classement. Avec des ajustements intelligemment adaptés, ce rang pourrait, à court terme, devenir le point de départ d’une trajectoire ascendante en phase avec les ambitions affichées par le Royaume.

La CAN 2025 face à la FIFA : l’Afrique doit-elle toujours se contenter du rôle secondaire ? 965

À quelques jours seulement du coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc, une décision de la FIFA ravive un vieux débat : celui de la considération réelle accordée aux compétitions africaines dans l’architecture du football mondial. En réduisant **à cinq jours seulement** le délai obligatoire de mise à disposition des joueurs africains par les clubs européens, l’instance dirigeante du football mondial semble encore une fois pencher en faveur de ces mêmes clubs… au détriment des équipes nationales africaines. Cette mesure, à première vue technique, en dit long sur la hiérarchisation implicite du football mondial et sur la place que la FIFA continue de réserver en vrai au continent africain. Comment préparer sérieusement une compétition comme la CAN dans un délai dérisoire, une compétition majeure, un événement phare du football africain, suivie par des centaines de millions de téléspectateurs, moteur économique, social et politique majeur dans la région avec seulement **cinq jours de rassemblement** ? Aucune équipe au monde, dans aucun continent, ne peut construire une cohésion tactique, assimiler des schémas de jeu, soigner des automatismes ou même récupérer physiquement dans un laps de temps aussi réduit. Il est alors légitime de s’interroger : * Est-ce une mesure rationnelle ? * Ou une décision qui banalise la CAN, comme si cette compétition ne méritait ni respect ni conditions optimales ? * Ou encre, s'agirait il d'une discrimination structurelle envers l’Afrique ? Mais la question fondamentale reste la même. Elle n’est pas nouvelle : **le football mondial est-il véritablement égalitaire ?** La décision concernant la mise à disposition des joueurs n’est que la partie visible d’un système plus vaste, où les **compétitions et les équipes africaines sont structurellement désavantagées**. Prenons l’exemple des classements FIFA, qui déterminent la composition des chapeaux lors des tirages au sort des grandes compétitions. Le calcul des points dépend du niveau des adversaires rencontrés. Or une équipe qui joue principalement en Afrique affrontera mécaniquement des équipes moins bien classées, donc récoltera **moins de points**, même en cas de victoire. À l’inverse, une sélection européenne, avec des adversaires mieux classés, engrange davantage de points, même avec des résultats similaires. Ainsi, ce système entretient un **cercle fermé** : les mieux classés restent mieux classés, les moins bien classés restent condamnés au bas du tableau. Où est alors la méritocratie annoncée ? Le classement dicte donc ouvertement le parcours d’une Coupe du monde**. La récente décision de garantir que les **quatre meilleures équipes mondiales** ne se rencontrent pas avant les demi-finales de la Coupe du monde 2026 est un tournant majeur. Cela signifie que le classement, déjà biaisé, joue désormais un rôle déterminant dans la structure même de la compétition. On a même vu le maitre de cérémonie du tirage au sort, sans doute relié par oreillette à un décideur, décider de placer des équipes dans des groupes sans même expliquer le pourquoi de la chose... On protège donc ouvertement les géants et on enferme les autres dans un destin calculé. C'est une logique de préservation des puissants, typique d’un système où le sport, en apparence universel, se plie aux impératifs économiques et médiatiques des grands marchés. Se pose alors la question de savoir si **FIFA est une institution financée… par ceux qu’elle marginalise** car un paradoxe saute ici aux yeux : * **Les États**, surtout dans les pays en développement, sont les premiers investisseurs du football : infrastructures, académies, stades, subventions, compétitions. La CAN est une affaire de ces Etats. * **Le football de sélection**, notamment la Coupe du monde entre nations, est le produit le plus lucratif de la FIFA. * L’émotion, l’histoire, le prestige du football viennent très largement des **nations**, non des clubs. Et pourtant, ce sont les **clubs européens, entités privées ou associations** qui semblent dicter les conditions. Les fédérations africaines, pourtant contributrices essentielles du vivier mondial: en joueurs, en talents, en audiences et en marchés émergents, voient leur marge de manœuvre bien réduite. **L’Afrique est très appréciée en fournisseur de talents, mais pas comme acteur décisionnaire ?** Cette situation rappelle un schéma bien connu du continent : Produire la matière première, mais laisser la valeur ajoutée ailleurs. Dans le football comme dans l’économie mondiale, l’Afrique forme, fournit, alimente, mais se retrouve souvent spectatrice quand il s’agit de gouvernance, de recettes, d'intérêts ou d’influence. La CAN, au lieu d’être considérée comme un pilier stratégique du calendrier mondial, est traitée comme une complication logistique alors même qu'**Une compétition continentale ne peut progresser si elle est constamment reléguée au second plan.** Le football ne peut progresser dans certaines contrées que grâce aux compétitions régionales et continentales. Celles ci constituent des objectifs pour la majorité des équipes et sont l'unique possibilité de visibilité pour certaines nations. C'est encore une fois l'occasion de se demander si **Le football mondial est vraiment démocratisé ?** La FIFA se présente comme une maison commune, garante de l’équité, de la solidarité et du développement. En théorie, oui. En pratique, la balance est lourde d’un côté. Les décisions récentes montrent une organisation soucieuse de préserver les intérêts immédiats des puissances économiques du football, principalement situées en Europe, au détriment de l’équité sportive. Alors, faut-il continuer à faire semblant ? L’Afrique doit-elle se contenter d’applaudir, de se taire, et de fournir ses joueurs, comme on fournit un produit au marché global ? Le moment n'est il pas venu pour **une affirmation africaine** La CAN 2025, organisée au Maroc, avec tous les efforts déployés et les moyens mis en place peut devenir un moment charnière. Les peines que s'est données le Maroc mérite respect. Il démontre que le continent a les moyens en infrastructures modernes, en audiences massives et en talents reconnus mondialement, il ne lui manque ni passion ni compétences mais plutôt de la **reconnaissance** et du**poids dans les décisions**. Il est temps que FIFA traite les compétitions africaines avec le respect qu’elles méritent. Non par charité ou par discours, mais par justice, par cohérence et parce que le football mondial ne peut continuer à ignorer un continent qui en est l’un des principaux moteurs humains et culturels. L'Afrique est sans doute fière de faire partie de FIFA mais le strapontin ne lui sied plus. Les africains eux ne supportent plus le mépris.

Mondial 2026 : risque d’un tournoi réservé aux plus riches ? Une inflation sans précédent. 1027

La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, s’annonce comme un événement hors normes : un format élargi à 48 équipes, 104 matchs, des installations de pointe et une couverture médiatique estimée comme la plus massive de l’histoire du sport. Mais à mesure que les premières informations sur la billetterie et les coûts logistiques se dévoilent, une inquiétude grandit parmi les passionnés : **le Mondial nord-américain pourrait devenir la Coupe du monde la plus chère jamais organisée**, au point de remettre en cause l’accessibilité même de l’événement. Au cœur de cette inquiétude figure le modèle américain du *dynamic pricing*, un système où les prix ne sont jamais fixes. Ils évoluent en fonction de la demande, du volume de requêtes en ligne, de la réputation de l'affiche, et même de paramètres algorithmiques sur lesquels le consommateur n’a aucune prise. Ainsi, une chambre d'hôtel vendue normalement à environ 200 USD ne sera pas proposée à moins de 500, voire 600 USD, et probablement davantage pour les retardataires. Ce mécanisme, courant dans le sport professionnel américain, pourrait transformer l’achat de billets pour le Mondial en une course effrénée, voire injuste. Certains tickets pour la finale sont déjà annoncés entre 5 000 et 20 000 dollars, un niveau totalement inédit. Les billets des matchs de poules pourraient connaître des fluctuations quotidiennes, rendant quasi impossible toute projection financière pour les fans étrangers. Les supporters américains, déjà habitués à des prix très élevés en NBA, NFL ou MLB, semblent mieux armés pour naviguer dans ce système. En revanche, pour le fan marocain, brésilien, sénégalais, égyptien ou indonésien, ce modèle représente un obstacle presque infranchissable. À ce tableau déjà ombragé s’ajoute la question de la plateforme officielle de revente.**FIFA Official Ticket Resale Platform**. Dans l’idéal, elle permet d’éviter le marché noir et de sécuriser les transactions. Mais dans un marché dominé par la logique spéculative, elle pourrait devenir le nouveau terrain de jeu d’acteurs cherchant à maximiser leurs profits, d'autant plus que FIFA prend une commission au passage. FIFA n’a pas encore communiqué sur les garde-fous qu’elle compte mettre en place. Sans régulation stricte, la revente pourrait amplifier la volatilité des prix, surtout pour les matchs les plus prisés : phases finales, rencontres impliquant des équipes à forte diaspora, ainsi que le match d’ouverture et la finale. L’un des éléments les plus déconcertants de ce Mondial est la vente anticipée de billets sans affectation précise. Aux USA, sur les **6 millions de billets prévus**, près de **2 millions ont déjà trouvé preneur**, alors que leurs détenteurs ne savent pas encore pour quels matchs ils ont payé. Cela reflète plusieurs dynamiques : - Une confiance totale du public américain dans l’organisation de l’événement ; - Le pouvoir d’achat élevé d’un public prêt à investir massivement dans des expériences sportives ; - Une asymétrie structurelle entre supporters américains et fans internationaux, ces derniers étant contraints d’attendre les affectations pour planifier voyages et budgets. Cette situation alimente la crainte que les stades soient massivement occupés par des spectateurs locaux, au détriment des supporters venant soutenir leurs équipes depuis l’étranger. Les USA comptent parmi les marchés hôteliers les plus chers du monde, et les villes retenues ne dérogent pas à la règle : **New York, Los Angeles, Miami, Seattle, Dallas** ou encore **San Francisco** figurent régulièrement en tête des classements des destinations les plus coûteuses. Une véritable inflation est attendue dans tout le secteur hôtelier. Lors d’événements sportifs d’envergure, les prix des chambres peuvent doubler ou tripler. Pour une Coupe du monde étalée sur plus d’un mois, les projections sont encore plus alarmantes : certains opérateurs évoquent déjà des tarifs « jamais vus ». Les fans devront anticiper : - des hausses massives des prix des hôtels ; - une saturation prévisible des logements alternatifs ; - des coûts de transport interne très élevés, puisque les distances entre villes hôtes exigent souvent le recours à l’avion. L’ensemble de ces paramètres pose une question centrale : **à qui s’adressera réellement la Coupe du monde 2026 ?** Les 250 millions de licenciés du football dans le monde se sentiront quelque peu frustrés. Leur sport leur échappe. Le modèle nord-américain, dominé par les logiques commerciales et les mécanismes spéculatifs, semble incompatible avec la tradition du football en tant que sport populaire. On pourrait assister à l’émergence d’un Mondial à deux vitesses : - **Une Coupe du monde premium**, largement fréquentée par le public nord-américain et les supporters les plus aisés ; - **Une Coupe du monde à distance** pour des millions de fans internationaux qui devront se contenter des retransmissions télévisées, faute de moyens suffisants pour se rendre sur place. Pour les supporters venant de pays où le revenu médian est largement inférieur à celui des États-Unis, qu’il s’agisse de nations africaines, latino-américaines, asiatiques ou même européennes, l’expérience pourrait devenir inaccessible. La FIFA est visiblement face à un dilemme stratégique. Elle devra tôt ou tard répondre à cette problématique. Certes, le choix des États-Unis garantit des infrastructures de haut niveau, des recettes record, un marché publicitaire colossal et une organisation logistique d’une fiabilité rare. Mais cette logique financière pourrait entrer en contradiction directe avec la mission sociale et symbolique du football : **rassembler, fédérer, inclure**. Si le Mondial 2026 se transforme en événement élitiste, il risque de laisser une trace négative durable dans l’opinion publique. Le football moderne, déjà critiqué pour sa dérive commerciale, pourrait faire face à une contestation accrue venant des fans, ces mêmes fans qui font vivre ce sport, d'autant plus que les revenus de la FIFA vont passer de 7,5 à 13 milliards USD. Le Mondial est ainsi sous tension. En 2026, il sera sans doute spectaculaire sur le plan sportif et organisationnel. Mais il pourrait aussi devenir un tournant dans l'histoire de la Coupe du monde : celui où l’événement cesse d’être un rendez-vous populaire et accessible pour se transformer en produit premium destiné à un public privilégié. Entre inflation des billets, explosion des prix hôteliers, distances logistiques et modèle économique américain, **le risque est réel de voir cette édition entrer dans l’histoire comme la plus exclusive, la plus chère et la moins accessible**. La FIFA, les organisateurs et les villes hôtes devront trouver les moyens d’atténuer cette dynamique pour ne pas sacrifier l’essence même du football : un sport universel, qui appartient à tous. La proximité de Gianni Infantino avec Donald Trump, voire l'amitié qui lie les deux hommes, pourra-t-elle aider en quelque chose ?

CAN 2025 au Maroc : reflet d’une transformation migratoire et sociale majeure probable... 1087

À trois semaines de la Coupe d'Afrique des Nations au Maroc, il me semble opportun de revenir sur quelques enseignements du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2024 (RGPH 2024). Cet événement aura sans doute un impact puissant sur la perception du pays, par les images positives qu'il commence déjà à diffuser et partant sur quelques données démographiques futures Le recensement montre que, sur 36,8 millions d’habitants recensés, 148 152 personnes sont de nationalité étrangère, soit près de 0,4% de la population totale, en hausse de plus de 76% par rapport à 2014. Derrière ce poids relatif modeste se dessine une transformation structurelle : montée en puissance des migrants d’Afrique subsaharienne, féminisation partielle des flux, forte concentration urbaine et profils de plus en plus qualifiés. La situation géographique et l'évolution économique du Maroc l'ont fait passer, en relativement peu de temps, de pays d’émigration à un espace d’installation et de transit pour des migrants aux profils variés. La Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA), adoptée en 2013, ainsi que les campagnes de régularisation de 2014 et 2017, ont installé au Maroc une approche plus inclusive et une meilleure connaissance statistique des populations concernées. Les ressortissants d’Afrique subsaharienne représentent désormais près de 60% des migrants, contre environ 27% en 2014. La part des Européens recule à un peu plus de 20%. Celle des ressortissants de la région MENA n’est que de 7%. L’ancrage continental du Maroc est ainsi confirmé. Au niveau des nationalités, le Sénégal et la Côte d’Ivoire totalisent plus d’un tiers des étrangers, devant la France, qui demeure la principale nationalité européenne avec près de 14% des résidents étrangers. D’autres pays comme la Guinée, le Mali, le Congo-Brazzaville, le Cameroun ou la Syrie complètent ce panorama. Les résidents étrangers au Maroc sont, pour l’essentiel, des arrivants récents : plus de la moitié déclarent être arrivés depuis 2021, et plus d’un tiers entre 2011 et 2020, ce qui témoigne d’une accélération très récente des arrivées. Une majorité de cette population ira garnir les tribunes lors de la CAN. Les motifs économiques dominent largement : plus de 53% des migrants évoquent le travail comme raison principale, confirmant le rôle du Maroc comme pôle d’attraction régional dans les secteurs du bâtiment, des services, de l’agriculture et de l’économie informelle. Viennent ensuite les raisons familiales (un peu plus de 20%), traduisant le poids croissant du regroupement familial et des projets d’installation à moyen ou long terme, puis les études et la fin d’études (environ 14%), signe de l’attractivité académique du pays auprès des étudiants subsahariens. Les motifs humanitaires, fuite de conflits, insécurité, racisme ou effets des changements climatiques, restent numériquement minoritaires. Le Maroc apparaît ainsi comme un espace hybride où coexistent migrations de travail, mobilités étudiantes, regroupements familiaux et besoins de protection internationale. L’immense majorité des résidents étrangers vit en ville : près de 95% sont installés en milieu urbain, ce qui confirme le rôle des grandes agglomérations comme portes d’entrée et espaces d’intégration. Deux régions dominent nettement : Casablanca–Settat, qui accueille plus de 43% des étrangers, et Rabat–Salé–Kénitra avec un peu plus de 19%, même si cette dernière voit sa part reculer par rapport à 2014 au profit de Casablanca. Près de 56% de cette population sont des hommes, mais la féminisation progresse, notamment chez certaines nationalités comme les Ivoiriennes et les Philippins, très présentes dans les services à la personne et le travail domestique. Plus de 80% des résidents étrangers ont entre 15 et 64 ans, ce qui en fait un groupe essentiellement en âge d’activité, avec une présence non négligeable d’enfants et une minorité de personnes âgées. Près de la moitié des personnes de 15 ans et plus sont célibataires, tandis qu’un peu plus de 45% sont mariées, ce qui montre la coexistence de trajectoires individuelles de mobilité et de projets familiaux stabilisés. Le niveau d’instruction apparaît globalement élevé : près de 39% disposent d’un diplôme supérieur et 28% ont atteint le secondaire. Les actifs occupés sont majoritairement salariés du secteur privé, tandis qu’une minorité exerce comme indépendants, employeurs ou salariés du secteur public, ce qui souligne la diversité des modes d’insertion professionnelle. La part relativement limitée des chômeurs peut masquer des formes de sous-emploi ou de précarité dans l’informel. En 2024, plus de 71 000 ménages comptent au moins un résident étranger. Environ 31% sont exclusivement composés d’étrangers, tandis qu’environ 69% sont des ménages mixtes associant Marocains et étrangers, une proportion en forte hausse par rapport à 2014. Cette montée des ménages mixtes traduit un approfondissement de l’intégration résidentielle et sociale, via les mariages mixtes, l’accueil de proches ou des cohabitations partagées liées au travail et aux études. Sur le plan résidentiel, la majorité des ménages étrangers vit en appartement, suivie par les maisons marocaines modernes, ce qui reflète une intégration dans le tissu urbain ordinaire plutôt que dans des formes d’habitat ségrégué. Les ménages exclusivement étrangers sont massivement locataires, alors que les ménages mixtes sont plus souvent propriétaires ou copropriétaires, ce qui met en évidence des trajectoires d’installation différenciées selon la composition du ménage. Les résultats du RGPH 2024 confirment que la présence étrangère au Maroc, bien que numériquement limitée, constitue désormais un fait structurel et durable de la société. La jeunesse, la forte proportion d’actifs, la montée des ménages familiaux et mixtes ainsi que la diversification des profils scolaires appellent à une articulation plus poussée entre politiques migratoires, politiques urbaines, sociales et éducatives. Les enjeux majeurs concernent la valorisation du potentiel économique et démographique de cette population, l’accès à l'éducation, la santé, le logement et un travail décent et la lutte contre les discriminations dans un contexte de pluralisation culturelle. Les dispositifs de la SNIA pour répondre aux engagements régionaux et internationaux du Maroc en matière de gouvernance des migrations doivent aussi évoluer. Cependant, ces chiffres et données vont probablement connaître une véritable évolution dans les années à venir : le focus médiatique africain sur la CAN, puis plus tard sur la Coupe du monde au Maroc, va faire découvrir les atouts du pays et augmenter son attractivité. Ces deux événements, par leur poids médiatique conjugué aux impressions rapportées par les milliers de spectateurs attendus, devraient jouer un rôle de promotion pour le pays. L’Afrique profonde va découvrir le Maroc et les multiples opportunités qu'il offre, tant sur le plan économique que pour les études.

Guterres snobe Attaf à Luanda : l’ONU rompt avec l’impolitesse algérienne sur le Sahara 1148

Lors du sommet Afrique-Europe tenu à Luanda, un incident filmé et diffusé, avec en scène, António Guterres, Secrétaire Général de l’ONU, et Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères, a mis en lumière de manière spectaculaire une tension diplomatique profonde. Une vidéo montrant ce moment est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, suscitant un vif débat et plein de moqueries. Le geste brusque de Guterres, qui a adressé un salut formel et froid avant de tourner précipitamment le dos à Attaf, alors que ce dernier tentait désespérément d’échanger avec lui, dépasse la simple maladresse protocolaire. Le geste est parfaitement volontaire. Il symbolise de façon frappante une relation conflictuelle, chargée d'agacement entre l’ONU et l’Algérie, le Secrétaire Général affichant ainsi une posture claire de l’institution; on ne peut plus officielle. À un niveau diplomatique aussi élevé, les gestes ne sont jamais anodins ni improvisés. Guterres, en fin de mandat, n’a plus de temps ni de patience pour tolérer certains comportements, y compris ceux d’un ministre des Affaires étrangères d'un pays à l'insistance harcelante, éreintante, assommante. Politiquement, ce refus de l’échange public ne peut s’interpréter comme un simple accident ou hasard. Il s’agit d’une manifestation explicite d’exaspération face à la posture adoptée par l’Algérie. Il montre aussi que le Ministre n'a sans doute pas réussi à avoir une entrevue avec le Secrétaire Général. Le contexte est lourd : la question du Sahara marocain anime une dynamique tendue par une Algérie poursuivant une stratégie offensive et systématique de contestation des rapports et résolutions onusiens, accusant l’ONU de partialité. Alger adopte un discours de soi-disant neutralité, qui masque maladroitement la réalité. C'est elle qui entretient le conflit et l'alimente depuis qu'elle l'a engendré avec la Libye de Kadhafi voilà un demi-siècle déjà. Et ça tout le monde le sait... Le pouvoir algérien ne cesse de critiquer l’ONU dans ses médias officiels, usant fréquemment d’invectives parfois surprenantes en diplomatie. Aucun des pays, ayant reconnu la marocanité du Sahara ex espagnol, ni leurs dirigeants, de Donald Trump à Pedro Sánchez, en passant par Emmanuel Macron jusqu’au Cheikh Mohammed ben Zayed, n’a échappé à ces attaques acerbes et aux insultes des médias officiels et acolytes d'Alger. Israël et le sionisme aussi y sont mêlés, comme par magie. Tout est bon pour faire bomber le torse au vaillant peuple algérien, auquel on fait croire à son rôle de gardien du temple de la liberté et de la démocratie, en attendant qu'arrivent sur les étals: huile, semoule, lentilles et haricots. Une telle débauche d’impolitesse politique est inédite au niveau international. Le discours de Amar Bendjama, représentant de l'Algérie, après le vote de la résolution 2797 était dans ce texte, particulièrement révélateur, mêlant mimique dédaigneuse et propos irrespectueux envers le Conseil de Sécurité de l’ONU. Ce climat de tensions répétitives a engendré un véritable blocage diplomatique pour Alger, cherchant désespérément à influencer les mécanismes des Nations Unies par des pressions publiques répétées, en rupture avec les usages traditionnels de la diplomatie. Alger s'est faite avoir à son propre jeu. Le geste de Guterres peut être lu comme un signal politique fort, un rejet tacite d’une posture jugée déstabilisante et contre-productive, d'Alger. Par ce geste, le Secrétaire Général envoie un message clair au ministre algérien : « ça suffit ». Gageons qu'il n'en tiendra pas compte. L'entêtement est génétique en Algérie. Mais jusqu'à quand peut on se questionner. Cet épisode s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large, où les divisions autour de questions clés affaiblissent la capacité de l’ONU à jouer son rôle d’arbitre crédible. Pour une fois que le Conseil de Sécurité arrive à voter à la quasi unanimité un texte sur un conflit qui n'a que trop durer, il est difficile d'accepter encore les tribulations d'un pays dont les agissements coutent cher à toute une région depuis trop longtemps. L’Algérie, quasi-exclusive défenseure internationale de ce qu’elle appelle « le peuple sahraoui », entité contestée hors de son propre lexique, se retrouve de plus en plus isolée sur la scène mondiale. L’image d’un ministre algérien ignoré dans un sommet d’une telle envergure illustre bien l’affaiblissement du poids politique d’Alger dans ces enceintes multilatérales. Pendant ce temps, le Maroc renforce son influence diplomatique à la fois régionale et globale. Enfin, ce geste dépasse la seule dimension individuelle : il traduit une rupture symbolique dans les relations entre Alger et l’ONU, exacerbée par la récente résolution onusienne mentionnant clairement les quatre parties au différend du Sahara marocain. Après un effort d’Alger pour minimiser et déformer cette résolution, sa réaction souvent véhémente ainsi que ses critiques publiques ont fini par irriter certains hauts responsables onusiens, ce qui explique en partie la brusquerie de Guterres. Alger n'a plus aucun choix sinon que celui de s'assoir à la table des négociations. Son nom est explicitement cité aux cotés de son rejeton le polisario, de la Mauritanie et du Maroc. A l'ordre du jour une seule solution, celle de l'autonomie sous souveraineté marocaine. Difficile à digérer pour Alger qui même à l'occasion du sommet du G20, n'est point arrivé à piper mot sur le Sahara Marocain. Pourtant le sommet se tenait en Afrique du Sud, véritable soutien d'Alger pour encore quelques temps. Au-delà de ce seul incident, cet épisode rappelle les limites de la diplomatie informelle dans les grands forums internationaux, où l’insistance hors protocole d’un acteur jugé agressif se heurte à la nécessité d’équilibre et de rigueur des interactions. Par ce geste, Guterres lance non seulement un avertissement diplomatique, mais également un rejet politique clair, témoignant de l’irritation croissante autour du dossier du Sahara Marocain, d’autant plus que les grandes puissances ont décidé publiquement de mettre fin à ce qu’elles considèrent comme un caprice algérien. Pendant longtemps elles ont tolérés les agissements hors sol des gouvernants algériens sans doute dans l'attente d'une prise de conscience de ces derniers, de leur bêtise. Ils se sont montrés incapables de raison malgré les appels répétés à la réconciliation du Souverain Marocain. Les enjeux géopolitiques en Méditerranée et en Afrique sont trop importants pour que la communauté internationale continue à tolérer les agissements d’un pays qui a fait de la déstabilisation régionale sa doctrine. L'Algérie n’aura réussi, au final, qu’une terminologie nouvelle: celle de «Sahara occidental». C’est justement, aujourd'hui, ce qui a ravivé la question du «Sahara oriental». De plus en plus, les jeunes puisent dans l’histoire et publient les preuves de la marocanité de ces territoires rattachés par la France à sa colonie d’alors...

Le Maroc face à son défi sportif : du loisir à la locomotive nationale... 1072

Longtemps cantonné à un simple divertissement populaire ou utilisé comme un outil de communication politique, ou encore comme une occupation socialement jugée inutile, le sport marocain s’annonce désormais comme un moteur économique, social et sanitaire incontournable. Sous les projecteurs de la CAN 2025 et du Mondial 2030, le Royaume Chérifien doit embrasser pleinement ce potentiel. Plus de place pour la demi-mesure, le secteur qui pèse déjà lourd. Le sport génère aujourd’hui 1,56% du PIB national, soit plus de 21 milliards de dirhams. Et ce n’est que le début : en franchissant la barre symbolique de 3%, potentiel estimé par la Banque Mondiale, le sport pourrait à terme rivaliser avec des poids lourds économiques comme l’agroalimentaire ou le tourisme auquel il sert déjà de booster. Le secteur est en pleine effervescence. Le commerce d’articles sportifs bondit à 3,77 milliards de dirhams, tandis que clubs et salles de fitness affichent un chiffre d’affaires en hausse de 25%, atteignant 604 millions. Le football professionnel, qui capte 12% des emplois sportifs, pèse lui 879 millions de dirhams. **Le sport marocain n’est plus un loisir, c’est une économie émergente à part entière**. Sur la scène mondiale, le football est une locomotive de taille : estimé à 59 milliards de dollars en 2025, la FIFA prévoit pour elle des revenus records de 11 milliards pour le cycle 2023–2026. Le Maroc a tout intérêt à s’accrocher à cette dynamique globale et il le fait très bien. Les grands chantiers, du béton à l’emploi participe à cette nouvelle manne. La CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030 ne sont pas que des compétitions sportives. Elles incarnent un formidable levier d’investissement et de transformation. Les trois pays hôtes: Maroc, Espagne, Portugal, mobiliseront entre 15 et 20 milliards de dollars, dont 50 à 60 milliards de dirhams pour le seul Maroc qui ne fait pas que rattraper son retard mais est entrain de doubler ses partenaires. Stades rénovés, routes, infrastructures hôtelières et transports : ces chantiers devrait créer entre 70 000 et 120 000 emplois, directs comme indirects. À cela s’ajoute le tourisme sportif, moteur déjà puissant avec 2 milliards de dirhams générés par des événements mythiques comme, les tournoi de Golf, le Marathon des Sables, ou les trails de l’Atlas. Mais L'activité physique et le sport ne sont pas que cela ce sont des investissements qui soignent. Au-delà de l’économie, l’investissement dans l'activité physique est le sport est un enjeu crucial pour la santé publique. Selon l’OMS, chaque dollar investi dans l’activité physique génère trois dollars d’économies en frais médicaux. L'Europe estime que pour 10 % de pratiquants de plus on économise 0,6 % de PIB en coûts médicaux . Au Maroc, où 59% des habitants sont en surpoids et 24% souffrant d'obésité, 48,9 % des Marocains sont touchés au moins une fois dans leur vie par un trouble mental, l'activité physique pourrait inverser la tendance sanitaire. Elle diminue la mortalité prématurée de 30%, le diabète de type 2 de 40%, la dépression de 30%, tout en augmentant la productivité de 6 à 9%. **L'activité physique et le sport, sont le meilleur médicament gratuit. Il guérit avant même que la maladie n’apparaisse**, Le sport n’est donc pas qu’un plaisir : il est un puissant levier de santé publique durable. Quoi de mieux pour canaliser l'Energie débordante de La Jeunesse . Le sport est aussi l’école de la vie et de la citoyenneté. Les études montrent que les élèves sportifs obtiennent en moyenne 0,4 point de plus, gagnent 13% en concentration et perdent 20% de stress. Pourtant, seuls 22% des jeunes Marocains pratiquent une activité physique régulière, alors que le potentiel dépasse 6 millions. Les enfants ont tendance à remplacer le ballon par l’écran. Et le risque est très important: sans une politique forte, on prépare une génération fragile. Le Royaume investi déjà pas mal dans les activités sportives pour tous notamment par la mise à disposition des jeunes d'infrastructures gratuites de plein air, il lui reste encore beaucoup à faire. Voici une version corrigée et améliorée de votre texte : Le cadre législatif est manifestement en décalage avec les ambitions. La loi 30-09, qui régit le sport au Maroc, est critiquée pour sa centralisation excessive, ses lourdeurs administratives et le manque d’autonomie des clubs et des fédérations. Elle ne définit pas clairement les concepts et a créé un véritable flou juridique. Plus que jamais, il serait judicieux de s’orienter vers une nouvelle loi, qui mette en œuvre et respecte les dispositions de la constitution de 2011 ; une loi plus incitative, qui définisse clairement les concepts et, par conséquent, les responsabilités ; qui corrige l’ensemble des défauts de la précédente, et ils sont nombreux. Il serait également urgent de sortir le sport du temps politique et de le confier à une administration de mission dont les tâches, les stratégies et le rythme s’adapteraient au temps sportif, beaucoup plus long, et seraient en harmonie avec les temps sportifs à l’échelle internationale. L'ensemble des Fédérations Royales Marocaines Sportives ne captent pas plus 350 000 licenciés pour un potentiel de 6 à 7 millions. Les clubs peinent à se professionnaliser, les investisseurs privés ne sont pas très chauds, et la pratique de masse est encore proportionnellement négligée. Pour accélérer la croissance, il faudra probablement alléger la fiscalité avec une TVA réduite sur les équipements et abonnements, alléger les charges pour les start-ups du sport, et reconnaître officiellement le sport comme activité d’utilité publique. Le Projet de Loi de Finances 2026 prévoit justement des ajustements afin de favoriser les partenariats public-privé et booster l’investissement privé. La prochaine décennie peut marquer un tournant historique dans le développement du pays. Le Maroc à l’horizon 2030 a choisi le sport comme pilier national. Avec des compétitions internationales prestigieuses, des infrastructures modernes et une jeunesse pleine d’énergie, le Maroc a toutes les cartes en main pour faire du sport un pilier du développement durable. Mais tout cela nécessite un changement de paradigme : le sport n’est pas seulement un spectacle ni un outil d’image, c’est une filière économique, une culture à promouvoir, et une politique publique à construire. Le Maroc a désormais la possibilité de faire du sport un vecteur majeur de prospérité, de santé, d’emploi et de cohésion sociale. C'est le choix qui a été fait sortir le sport du cadre du loisir et l’inscrire pleinement dans une stratégie nationale. **Le sport, ce n’est pas un luxe. C’est un investissement collectif dans la santé, l’emploi et l’unité nationale.** Le message est clair : en 2030, le Maroc ne devra pas seulement briller par ses équipes, mais aussi par sa vision ambitieuse du sport comme levier de développement humain et économique.

Un visa « talents d’avenir » pour accélérer la transformation industrielle du Maroc? 1161

Alors que le président Donald Trump a récemment instauré une taxe de 100 000 dollars sur les nouvelles demandes de visa H-1B pour travailleurs qualifiés aux États-Unis, la Chine, confrontée à une pénurie importante de main-d’œuvre spécialisée dans ses secteurs stratégiques, a fait le choix inverse en créant un visa dédié aux talents étrangers dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM). Ce mécanisme, conçu pour être simple et flexible, vise à combler un déficit de près de 30 millions de personnes qualifiées, en facilitant l’arrivée rapide des experts étrangers par une simplification des procédures. C'est donc une approche toute nouvelle qui s'amorce en Chine et qui pourrait rapidement faire tache d'huile. On peut imaginer que demain les véritables ressources convoitées ne vont plus être ni les sources d'Energie ni les terres rares. Tous le monde va se mettre à la chasse des têtes pleines et novatrices. Face à ces dynamiques mondiales qui s'amorcent, le Maroc pourrait envisager une démarche similaire au plus vite, afin de soutenir ses filières industrielles clés telles que l’automobile, l’aéronautique, le spatial ou encore les semiconducteurs. Imaginons un dispositif de visa ciblé permettant d’attirer des profils d’excellence issus des institutions universitaires et centres de recherche internationaux reconnus. Ce visa innovant pourrait s’appuyer sur plusieurs piliers essentiels : - **Allégement des formalités administratives** : Un tel visa marocain offrirait la possibilité d’entrer sur le territoire sans contrat de travail préalable, à l’image du modèle chinois, apportant ainsi une souplesse précieuse tant pour les candidats que pour les incubateurs d’innovation locaux. - **Conditions de séjour assouplies** : Il offrirait aussi des séjours prolongés, des entrées multiples et une procédure accélérée, pour faciliter l’intégration dans les pôles industriels et technologiques marocains. - **Mise en valeur des compétences pointues** : En ciblant les diplômés des meilleures écoles et instituts de recherche, le royaume pourrait renforcer ses partenariats académiques et maximiser les retombées en matière de recherche appliquée. - **Soutien aux secteurs stratégiques** : L’expansion de l’automobile bénéficierait d’ingénieurs spécialisés en robotique et intelligence artificielle, l’aéronautique d’experts en conception de matériaux avancés, le spatial d’ingénieurs en systèmes satellitaires, et les semiconducteurs d’ingénieurs en nanotechnologie. - ** Soutenir le recrutement pas nos universités de doctorants dans les domaines pointus et les inciter à s'installer au Maroc par des aides au logements, des abattements fiscaux etc. Au-delà de l’attractivité, ce programme aurait le potentiel de créer un cercle vertueux d’innovation, où talents étrangers et nationaux contribueraient ensemble au développement d’un écosystème industriel de pointe, porteur de valeur ajoutée pour l’économie marocaine. Si un tel modèle est encore inédit dans les pays en développement, il soulève des questions légitimes, notamment en matière d’intégration culturelle, de compétitivité locale ou d’impacts sociaux. Cependant, face à la nécessité urgente de combler les lacunes techniques pour préserver la compétitivité internationale, cette solution pourrait représenter une occasion majeure d’accélérer la transformation industrielle du Maroc. La Maroc est confronté à un défi démographique de taille comme chacun le sait. Sa population, traditionnellement jeune, s’oriente progressivement vers un vieillissement structurel qui risque d’affecter à moyen et long terme la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée. Anticiper cette évolution en accueillant des jeunes talents étrangers permettrait de maintenir la vitalité économique et sociale du pays. Les bénéfices d’une telle orientation seraient multiples : - **Compensation du recul de la main-d’œuvre locale** : Le recrutement ciblé d’experts étrangers contribuerait à compenser la baisse attendue de la population active jeune, évitant ainsi une pénurie critique de compétences dans les secteurs industriels majeurs. - **Immigration sélective orientée vers l’efficacité économique** : Cette stratégie viserait à enrichir directement le tissu industriel en favorisant l’innovation, la productivité, ainsi que la création d’emplois qualifiés, plutôt qu’une ouverture large à des profils moins spécialisés. - **Construction d’un environnement attractif et durable** : Attirer ces profils d’excellence dès aujourd’hui offrirait au Maroc le temps de développer un écosystème favorable, incluant formation, recherche, infrastructures et intégration sociale, pour encourager une installation durable et la transmission de savoir-faire. - **Stratégie proactive face aux enjeux démographiques** : Plutôt que de subir passivement le vieillissement, le pays se positionnerait comme un acteur anticipatif en s’appuyant sur une politique migratoire ciblée comme levier de son développement. Inspiré par l’approche chinoise, mais adapté aux spécificités marocaines, un visa « talents d’avenir » pourrait ainsi devenir un levier clé pour attirer les jeunes diplômés étrangers et renforcer durablement les filières industrielles stratégiques du royaume. Ce positionnement permettrait de préparer l’économie nationale aux défis d’une économie mondialisée où l’accès à une main-d’œuvre hautement qualifiée devient un enjeu central. Pour que cette stratégie soit pleinement efficace, elle devra être accompagnée de politiques d’accueil intégrées, combinant formation adaptée, coexistence culturelle et inclusion sociale, afin de créer des synergies entre talents étrangers et forces vives nationales. Un tel pari sur l’humain traduirait une volonté ferme de faire du Maroc un hub régional de haute technologie et d’innovation. Cette stratégie ici proposée est structurée pour renforcer la fluidité de l'arrivée d'immigrés de grandes qualifications et permettre une certaine cohérence avec la politique démographique du pays, en dynamisant l'approche d'intégration et de production du savoir, tout en mettant en avant des arguments adaptés au contexte marocain. Elle propose une réflexion stratégique visant à positionner le Maroc dans la compétition globale des talents et des industries innovantes, un enjeu majeur à l’aube des défis démographiques et économiques du pays.

L’étrange médiation d’Ahmed Attaf : entre déni diplomatique et manœuvre politique... 1063

La dernière déclaration d’Ahmed Attaf, vaillant ministre algérien des Affaires étrangères, a surpris jusqu’aux plus fins connaisseurs du dossier saharoui. En affirmant que l’Algérie serait «disposée à jouer l’intermédiaire entre le Maroc et le Polisario», Attaf semble s’aventurer dans une posture diplomatique qui confine à l’absurde, tant elle contredit la réalité, les textes internationaux et même les propres choix stratégiques d’Alger. Car, derrière le ton placide qu’affectionne le chef de la diplomatie algérienne, cette sortie révèle un mélange d’amnésie politique, de calcul interne et d’enfumage externe. Il a même omis d’expliquer pourquoi cette proposition revient maintenant. La première anomalie réside dans l’ignorance feinte de l'essentiel de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Celle ci précise explicitement que l’Algérie **est partie prenante du conflit**, et qu’à ce titre elle est appelée à **prendre part aux négociations**, sous la conduite de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, mais **aux États-Unis**. Autrement dit, l’Algérie ne peut en aucun cas se présenter comme un acteur extérieur, neutre ou impartial. Elle **est dans le dossier**, et n’en sortira pas par un simple effet de langage. Deuxième amnésie, plus criante encore : Attaf fait comme si **aucune main tendue** n’avait été adressée par le Maroc à l’Algérie. Or Sa Majesté le Roi Mohammed VI a, à maintes reprises, invité expressément le président Tebboune à un **dialogue franc, direct, sans conditions**, pour traiter l’ensemble des questions bilatérales, y compris les causes profondes des tensions. Il n’a jamais répondu. Pire, il a maintenu la fuite en avant diplomatique : rupture unilatérale des relations, fermeture de l’espace aérien, discours hostiles parfois dépassant l'entendement et soutien renforcé au Polisario. Dans ce contexte, la prétention d’Alger à vouloir « rapprocher » Rabat et le Polisario relève plus du théâtre diplomatique que d’un geste sincère. En présentant le conflit comme un simple malentendu entre « deux parties » que l’Algérie pourrait aider à dépasser, Attaf adopte un ton presque ingénu. Un ton naïf qui frôle le ridicule. Comme si le rôle central d’Alger dans la genèse, l’entretien et la militarisation du conflit n’était pas un fait établi, reconnu et documenté. Comment prétendre jouer le médiateur quand : * le Polisario est **hébergé à Tindouf**, sur le sol algérien, * ses dirigeants circulent avec des passeports diplomatiques algériens, * son *Président* est transporté par avion présidentiel algérien, * son armement provient en grande partie d’Alger, * sa diplomatie dépend du MAE algérien qui en dicte le contenu et la démarche. La prétention à la neutralité devient alors non seulement **anachronique**, mais **indécente** au regard de l’histoire du dossier. Cette proposition improbable pourrait, en réalité, révéler le désarroi d’Alger face à son **isolement régional et international croissant**. L’Algérie cherche peut-être à se repositionner en acteur de «paix» et de «concorde», dans un contexte où sa diplomatie est perçue comme rigide, agressive et prisonnière d’un narratif dépassé. Elle est directement accusé de favoriser le terrorisme dans la région du Sahel. Le Mali, au perchoir de l'ONU, a tenu un discours on ne peut plus direct, dans ce sens. Il s’agit aussi et en même temps, peut-être, d’une manière détournée de **réamorcer un contact** avec Rabat, sans assumer publiquement le revirement, alors que toutes les crises entre les deux pays, y compris la rupture actuelle, sont issues de décisions unilatérales algériennes. Le Royaume a toujours été l'ennemi idéal pour expliquer l'emprise de l'armée sur tous les rouages de l'état. Alger sait maintenant , finalement, que cette tension permanente lui coûtera très cher tôt ou tard, tant sur le plan stratégique qu’intérieur. La manœuvre vise sûrement à briser l’isolement et possiblement à renouer indirectement avec Rabat. Who knows? En tout cas, la déclaration est un enfumage pour masquer une cabriole spectaculaire sur la question de Sansal et de la Palestine. Sansal a quitté la prison et a été reçu à l'Elysée; puis de **peur**, voter la résolution sponsorisée par les USA qui prévoit le désarmement du Hamas est une pirouette, un reniement de la doctrine fondatrice du régime algérien. C'est alors qu'il faut convoquer la situation interne en Algérie. Le contexte domestique joue un rôle central dans les derniers revirements. La population fait face à : * des pénuries persistantes, * une situation socio-économique fragile, * la dégringolade de la valeur du dinar, * une incompréhension grandissante face aux contradictions du pouvoir. Le choc a été immense quand l’Algérie, qui se proclamait « plus palestinienne que les Palestiniens » et « plus Hamas que le Hamas », a voté **en faveur d’une résolution américaine** qui prévoit le **désarmement du Hamas** et l’installation d’une **force internationale à Gaza**. Le commun des mortels en Algérie n'est pas prêt de comprendre ce changement brutal de posture. Le vote a profondément dérouté une opinion algérienne habituée à un discours enflammé contre Washington l'impérialiste et Israël la sioniste. Le discours officiel a toujours été inconditionnellement pro-Hamas. Dans cette atmosphère tendue, la sortie d’Ahmed Attaf ressemble fort à un **contre-feu médiatique**, destiné à détourner l’attention du volte face algérien sur le dossier palestinien et sur Sansal. Finalement, la proposition d’Attaf n’est ni sérieuse, ni crédible, ni neutre. Elle révèle, en revanche : * une **crise de narration** au sein de la diplomatie algérienne, * un **isolement international** de plus en plus pesant, * une **réalité intérieure fragile** que le pouvoir tente de masquer par des artifices diplomatiques, * et une difficulté persistante à assumer la vérité du conflit : **l’Algérie est, depuis le premier jour, partie prenante**. L’ambiguïté n’est jamais loin dans les propos de M. Attaf. Ici encore, il affirme vouloir se porter médiateur, en respectant l’ensemble des résolutions du Conseil de sécurité relatives à la question. Bien évidemment, il ne manque pas de remettre sur la table la condition référendaire. Il est sans doute le seul à ignorer que cela n’est plus à l’ordre du jour de l’ONU depuis 2007. La proposition d’Attaf n’est acceptable ni sur la forme, ni sur le fond, et n’apporte rien de positif. Il faut savoir que la conférence de presse était montée et non réalisée en direct. Le langage corporel ne trompe pas : l’homme est sous le contrôle de la junte, et s’exprime donc comme la simple voix de l’armée, véritable pouvoir en Algérie. *Interpréter la résolution 2797 à la sauce algérienne et l'accepter tout en la rejetant est ridicule*. Plutôt que de jouer au médiateur imaginaire, Alger serait mieux inspirée de répondre à la main tendue du Maroc et d’assumer sa place à la table des négociations, conformément au droit international et à la réalité des faits.

Mondial 2026 : l’Afrique s’impose, le Maghreb rivalise, le Maroc confirme... 1093

La Coupe du Monde 2026, organisée conjointement par les **États-Unis, le Canada et le Mexique**, marque un tournant historique avec 48 équipes, un format inédit, des qualifications étalées sur plusieurs mois, dans un monde du football en pleine mutation. Au-delà des nouveautés techniques, c’est une véritable **recomposition géopolitique** qui s’opère. Le football devient, plus que jamais, un espace où s’affirment ambitions nationales, stratégies régionales et rivalités symboliques. Dans ce nouvel échiquier, l’Afrique, et plus particulièrement le **Maghreb**, occupe une place centrale. Avec 9 nations qualifiées, l’Afrique montre qu’elle s’organise, tandis que le Maghreb s’affirme comme le pôle majeur du football africain et l'un des prétendants sérieux, par le biais du Maroc, au niveau mondial. La liste des qualifiés: Maroc, Tunisie, Égypte, Algérie, Ghana, Cap-Vert, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire et Sénégal, ne réserve que peu de surprises, si ce n’est l’absence notable du Cameroun et du Nigéria. **Le Maroc** demeure la vitrine stratégique d’un soft power national et africain assumé. Qualifié sans difficulté, le Royaume confirme une dynamique enclenchée depuis plus d’une décennie : infrastructures de haut niveau, planification, politique soutenue par une gouvernance stable, projection diplomatique via le football et valorisation réussie de la diaspora comme force technique et stratégique. Le Maroc est aujourd’hui un **pivot continental**, doté d’une stratégie globale et durable : CAN 2025, candidature pour 2030, Coupe du Monde des U17 féminines, présence accrue dans les instances du football. Sa qualification pour le Mondial 2026 n’est pas un événement isolé, mais l’aboutissement d’une politique d’influence cohérente et assumée. De son côté **L’Algérie** savoure son retour, tout en ressentant douloureusement les succès répétitifs du voisin marocain. Les médias algériens, souvent maladroits, multiplient des explications contestables pour justifier leurs échecs, allant jusqu’à évoquer le complot, une domination marocaine supposée sur la CAF ou d’autres causes plus fantaisistes les unes que les autres. Après avoir manqué le Mondial 2022 dans des circonstances cruelles, l’Algérie aborde ce cycle avec urgence et fierté, cherchant à restaurer sa visibilité internationale et à sortir de l’isolement. Se qualifier représente un vrai **marqueur de crédibilité régionale**, à l’heure où la région connaît de profondes recompositions politiques. Ici, le football favorise autant la cohésion nationale, aujourd'hui fragilisée par les crises récurrentes d'approvisionnement et le déficit en crédibilité à l'international, que la compétition symbolique entre voisins. Pour ce qui est de **La Tunisie**, en proie à des difficultés politiques, elle cherche la stabilité par le football, misant sur la constance comme stratégie. Formation structurée, diaspora compétitive, gestion technique efficace ; la qualification tunisienne s’inscrit dans une logique de continuité. Le pays n’a pas la projection géopolitique du Maroc ou la dimension de l’Algérie, mais possède ce bien précieux : la **durabilité**. **L’Égypte**, quant à elle, géant démographique et historique, fait son grand retour après plusieurs absences frustrantes. Pour Le Caire, cette qualification est bien plus qu’un exploit sportif : c’est un **prestige stratégique**, crucial à l’heure où le pays cherche à restaurer son image internationale et à stabiliser sa scène interne. Forte de son poids démographique et de sa culture footballistique, l’Égypte retrouve la visibilité mondiale qu’elle considère naturelle. La présence conjointe du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Égypte signale un **réalignement régional**. Ce bloc, fort de près de **200 millions d’habitants**, partage des réalités géopolitiques sans former pour autant un ensemble complémentaire : il s’agit plutôt d’une bataille d’influence intra-régionale. Chaque pays projette son image à travers le football : - Le Maroc à travers sa politique, ses infrastructures, son organisation, sa planification et sa diplomatie sportive puissante. - L’Algérie cultivant le prestige national et la symbolique populaire. - L’Égypte avec son poids démographique et son influence culturelle sur le monde dit arabe. - La Tunisie par sa régularité et ses compétences techniques. Tous se disputent en fait le leadership africain, le football devenant le miroir de leurs ambitions politiques : - Qui représente l’Afrique à la FIFA ? - Qui guide la transformation du football continental ? - Qui définit les standards en formation et en infrastructures ? Le Maroc semble prendre une longueur d’avance incontestable, mais l’Algérie et l’Égypte restent compétitrices dans cette lutte symbolique. Les modèles nationaux diffèrent nettement : - Maroc : centralisé, planifié, vision long terme. - Algérie : émotionnel, populaire, volatil mais puissant. - Égypte : massif, institutionnel, historique. - Tunisie : discret, stable, technique. Ensemble, ils forment désormais une **zone footballistique cohérente**, dont l’importance sur la scène mondiale est inédite. Reste à jeter un œil sur les barrages de mars, véritables théâtres d’incertitude et d’enjeux continentaux. Ils offriront les derniers billets. Leur portée dépasse le football : chaque ticket ouvre un espace de narration nationale où le sport devient miroir identitaire. Le Mondial 2026 est résolument géopolitique et le **Maghreb y pèse lourd**. Pour la première fois, la région apparaît à la fois comme bloc concret et espace de rivalités internes. Quatre nations qualifiées dans un contexte où : - l’Afrique gagne en importance. - la FIFA s’adapte au monde multipolaire dans un contexte mondial en redéfinition. - les États utilisent le football comme instrument diplomatique. - le Maghreb, dans sa diversité et sa division devient l’une des régions les plus dynamiques du ballon rond. Ce tournoi nord-américain mettra en scène bien plus que des équipes : il exposera visions, récits nationaux, rivalités historiques et stratégies régionales. Un véritable champs de bataille géopolitique. Dans ce contexte global, le **Royaume du Maroc** n’est plus un figurant : il s'impose comme un acteur central, suscitant jalousies et rivalités acerbes...

Réinventer l’école marocaine : de la transmission à l’accompagnement... 1058

Les Marocains, et particulièrement les jeunes, expriment aujourd’hui un profond malaise vis-à-vis de leur système scolaire. Ils viennent de le manifester avec éclat. Cette réalité, désormais publique, se retrouve tant dans les discussions familiales que dans les diagnostics institutionnels et les débats sociétaux. Pour pallier les insuffisances d’un enseignement public jugé à bout de souffle, de plus en plus de familles, averties ou aisées, inscrivent leurs enfants dans des institutions privées, parfois étrangères. La classe moyenne, elle aussi, fait de nombreux sacrifices pour suivre ce mouvement. Ce phénomène reflète une crise de confiance et creuse la fracture sociale : l’école, promue comme moteur d’égalité, se transforme en marqueur d’inégalités. Cette dérive était déjà pressentie : dès le 1er novembre 1960, le doyen Charles André Julien alertait M. Bennani, directeur du Protocole royal, sur les risques d’une réforme mal conçue qui produirait de nouveaux problèmes. Malgré des investissements considérables, les réformes successives se sont souvent limitées à des aspects accessoires : infrastructures, uniformes, approches pédagogiques superficielles, organisation des vacances. Trop souvent, elles sont le fruit d’un mimétisme mal inspiré, confiées à des bureaux d’études peu rigoureux et à des fonctionnaires insuffisamment qualifiés. Les réformes diverses et variées n'ont pas abouti et engendre un mécontentement croissant. La déperdition scolaire et les différents classements sont là pour illustrer cette situation angoissante. Si réforme il doit y avoir, et l’urgence est réelle, elle ne doit pas concerner les bâtiments ni la tenue des élèves, ou encore le rythme des vacances, mais s’intéresser au cœur du cursus, à la philosophie éducative, et à la manière d’envisager les rôles de l’élève et de l’enseignant. L’avenir appartient à un monde dans lequel les jeunes créent leurs propres métiers ; cette tendance devient universelle. Nous vivons une période inédite de l’histoire humaine, où la jeunesse façonne ses trajectoires professionnelles et personnelles : les jeunes inventent leurs métiers, construisent leurs propres voies, imaginent de nouveaux modèles sociaux. Aujourd’hui, un adolescent marocain, diplôme ou non, peut concevoir une application, lancer un commerce, bâtir une communauté, influencer des marchés et créer de la valeur inimaginable pour les cadres traditionnels. Le modèle 1337 en est la parfaite illustration. Désormais, les jeunes n’ont plus de frontières ni de limites mentales. Ils expriment une énergie faite d’ambition, d’intuition technologique, d’ouverture culturelle et de rêves. Pendant ce temps, le système scolaire reste enfermé dans un schéma du XXᵉ siècle. Le rôle de l’école doit évoluer : il ne s’agit plus de transmettre, mais d’accompagner. L’école marocaine doit cesser d’être un lieu de récitation de connaissances désormais disponibles en ligne. L’information est à portée de main, même pour un enfant de dix ans. Ce n’est pas cela qu’ils attendent : parfois, ils somnolent en classe et retrouvent la nuit l’espace de liberté où ils imaginent le monde qu’ils veulent vivre et construisent eux-mêmes. Sur le plan technologique et dans l’apprentissage des langues, nombre d’entre eux devancent les décideurs et les enseignants. Les jeunes maitrisent l'anglais davantage que ce qui leur est proposé à l'école et disposent d'équipements technologiques que l'école est loin de pouvoir leur offrir. Les parents se saignent pour cela. Les jeunes préfèrent une connexion à un repas. Les jeunes n'aiment plus l'école telle qu'elle se présente à eux. Ils attendent avant tout  d'y trouver: - quelqu’un qui les écoute ; - quelqu’un qui croit en leur potentiel ; - quelqu’un qui les incite à rêver plus grand, à oser davantage, à créer ; - quelqu’un qui leur accorde sa confiance. L’école doit donc devenir un espace d’accompagnement, d’éveil et de construction de projets de vie ; elle doit former des citoyens capables d’imaginer, d’innover, de collaborer, de prendre des risques et pas seulement de mémoriser. Pour cela, le défi majeur de l’État est la formation de formateurs capables de s’adapter aux nouvelles réalités. Il est indispensable de passer de professeurs transmetteurs à des mentors accompagnateurs. La réforme véritable commence donc avec les enseignants. Ceux d’hier doivent adopter le rôle de mentor, de guide, de catalyseur de talents : un mentor qui pose des questions au lieu d’imposer des réponses, un accompagnant qui aide l’élève à se découvrir, un éducateur qui ouvre des portes plutôt que de dresser des murs. Former les formateurs suppose une nouvelle philosophie : intégrer la psychologie positive, le coaching éducatif, les pédagogies actives, la construction de projets, la culture numérique et la créativité. Enseigner n’est plus un métier de transmission, mais d’accompagnement, avec l’autonomie pour moteur d’avenir. Aujourd’hui, les jeunes n’ont pas besoin de capital financier pour commencer, mais de confiance, d’idées et de compétences. Une bonne connexion fait leur bonheur. Leur atout majeur est leur esprit. Leur frein reste souvent un manque d’encouragement, l’angoisse d’un système trop rigide, trop vertical, trop éloigné de leur vécu. Ils sont capables de tout, sauf de croire seuls en eux-mêmes. C’est là que l’école doit intervenir, en devenant ce cocon où émergent idées et projets innovants. Mais pour réussir, il faut avoir le courage politique de mener la grande réforme attendue par la jeunesse. Le Maroc a l’occasion historique de réinventer son système éducatif, non par la rénovation matérielle, mais par une transformation intellectuelle et spirituelle. L’école doit devenir le lieu de construction des rêves, d’accompagnement des ambitions, de préparation à la vie par l’innovation et la création. Elle doit former des individus capables non seulement de s’adapter à un monde en mutation, mais de le transformer, un monde qui avance plus vite que les générations précédentes ne pouvaient l'imaginer. La vraie réforme est celle de l’étincelle, pas du béton. Elle ne s’incarne pas dans les murs, mais dans les esprits. Elle se construit non dans le passé, mais dans l’avenir que nos jeunes aspirent à inventer, soutenus par notre confiance, rien de plus.

Dakhla Atlantique : quand le Maroc fait renaître le désert et ouvre les portes d’une Afrique ambitieuse... 1159

Il existe des projets qui dépassent la simple infrastructure. Des projets qui deviennent des symboles, des messages adressés à l’Histoire et au monde. Le port de **Dakhla Atlantique** appartient à cette catégorie rare : celle des réalisations qui réécrivent le destin d’une nation, et parfois même d’un continent. Une catégorie incarnant l'ambition d'un souverain résolument africain, philosophiquement mondialiste, génétiquement marocain, fondamentalement humaniste. Dans l’extrême sud du Royaume de Mohammed VI, là où les cartes anciennes ne montraient qu’une bande désertique battue par les vents, autrefois occupée par une Espagne n’y voyait qu’un symbole de sa puissance coloniale, le Maroc a choisi de bâtir l’avenir en retrouvant ses racines et son ADN profond. Là où l’imaginaire colonial parlait d’un espace vide, d’une « terre sans âme », les Marocains, inspirés par leur souverain adulé, ont vu une opportunité, un horizon, un futur. Le Sahara marocain n’est pas une marge : il est une matrice. Une source d’inspiration, comme il le fut pour **Saint-Exupéry**, ce poète-pilote qui y trouva la naissance du *Petit Prince*. Aujourd’hui, ce Petit Prince a grandi. Il est devenu marocain et le revendique. Il prend vie sous les traits d’un Maroc moderne, audacieux, innovant. Il construit, il relie, il soigne. Il plante dans le sable les graines d’un futur durable. Il lui a donné un nom et un symbole : **Dakhla Atlantique, l’ambition portée par l’océan qui caresse la côte et embrasse tout un peuple toujours debout: le peuple marocain drapé de fierté et d'honneur **. En édifiant le port de Dakhla Atlantique, avec un savoir faire nationale et les bras de sa jeunesse, le Maroc affirme que son Sahara n’est pas une périphérie, mais un carrefour. Un point d’ancrage stratégique entre : - **l’Afrique de l’Ouest en pleine mutation**, - **les Amériques, du Nord au Sud**, - **et l’Europe voisine**, partenaire historique et commercial incontournable. Le Royaume ne regarde pas seulement vers le large : il tend la main vers l’intérieur du continent. Le port devient alors un outil **de désenclavement du Sahel**, un corridor logistique essentiel pour des peuples et des pays enclavés comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso ou même le Tchad. Il leur ouvre un accès à l’Atlantique, donc au monde, offrant de nouvelles voies pour l’agriculture, les mines, l'industrie, la technologie, les échanges et l’intégration économique africaine. Ce que le Maroc construit est une **grande porte continentale largement ouverte vers l'humanité**. Le Maroc s’est résolument et irrévocablement mis au service du continent, fidèle à ses racines et à sa vocation africaine ancestrale. Sous l’impulsion visionnaire de SM le Roi Mohammed VI, le Royaume ne fait pas dans la propagande. Il a fait et concrétise un choix stratégique : être un **acteur de développement africain**, pas seulement un partenaire. Dakhla Atlantique en est la traduction concrète. Le Maroc s’y positionne comme un **pays-pont**, un vecteur de stabilité et de prospérité pour toute l’Afrique de l’Ouest et au-delà. À l’heure où de nombreuses nations peinent à trouver une boussole, le Maroc offre un modèle : celui d’une diplomatie apaisée, d’un développement assumé, et d’une ambition qui ne s’excuse pas et s'impose dans la paix. Mais l’ambition chérifienne ne s’arrête pas à la géopolitique. Elle touche aussi la science, l’innovation, et l’écologie. **Green Morocco : faire du désert un laboratoire du futur**. Dans ce Sahara longtemps décrit comme nu, hostile, minéral, inutile, le Maroc fait éclore un des plus grands laboratoires naturels de la planète : - **énergies solaires parmi les plus puissantes au monde**, - **énergies éoliennes ininterrompues**, - **hydrogène vert**, - **énergies bleues**, - **technologies marines**, - **gestion durable des ressources halieutiques**, - **nouveaux modèles d’agriculture du désert**. Le Maroc dit haut et fort que le Sahara n’est plus un vide. C’est une ressource. Un trésor d’avenir. Une réponse aux défis du monde. Avec ce port, le Maroc prouve qu’il est possible de respecter son environnement, de magnifier ses forces naturelles, et de bâtir un développement qui n’écrase pas, mais qui libère. C’est alors que le combat, depuis un demi-siècle, pour **le Sahara marocain** prend tout son sens et beaucoup d'amplitude. C’est une renaissance, pas une reconquête. Ce projet n’est pas un simple acte d’ingénierie. Il est un acte d’amour. Un acte de foi. Un acte de justice historique. Le Sahara marocain n’est pas un décor : il est **le cœur battant d’un Maroc qui avance**, d’un peuple qui croit, d’une nation qui rêve grand, d'une jeunesse qui exprime son talent et exulte. Le Maroc ne cherche pas à “gagner” son Sahara. Il y est pour l'éternité et l'adore. Il le fait vivre. Il le respecte. Il le valorise. Il l’honore. Et ce faisant, il libère son potentiel, mais aussi celui de millions d’Africains qui trouveront dans Dakhla Atlantique un horizon inédit. **Le Royaume du Maroc est ici l'architecte d’un futur continental**. Le port de Dakhla Atlantique n’est pas seulement un chantier titanesque. C’est un manifeste d’un Maroc qui regarde le monde droit dans les yeux. D’un Maroc qui ne s’excuse pas d’être ambitieux. D’un Maroc qui transforme le désert en avenir, l’isolement en connexion, et les rêves en infrastructures. Là où Saint-Exupéry imaginait un Petit Prince, le Maroc a fait naître un géant. Un géant pacifique, visionnaire, africain. Avec l'ambition Royale de Sa Majesté Mohammed VI : Le Sahara vit. Le Maroc avance. Et l’Afrique respire un vent nouveau. Qu'il me soit permis ici de remercier MD Sahara (Maroc Diplomatique) de m'avoir donné la chance de vivre un moment qui m'a rendu encore plus fier de ce que je suis: *un simple citoyen marocain heureux de vivre ce règne exceptionnel. * C’est ce qui a inspiré ce modeste texte que je veux comme une transcription d'une émotion forte et marquante, tel un tatouage pérenne, un témoignage d'admirations aux amitiés renouées ou nouvelles sur "les berges" du chantier colossal du port.

Libération stratégique de Boualem Sansal: sauver la face d'Alger... 1269

L’écrivain algérien Boualem Sansal, également français, âgé de 81 ans, avait été arrêté à l’aéroport d’Alger le 16 novembre 2024 suite à une interview dans laquelle il évoquait quelques vérités historiques qui, selon les autorités algériennes, constituent une menace à l'intégrité du pays. Saluant la décision du Président Macron de reconnaitre la marocanité du Sahara, il avait notamment parlé du fait que la France avait mutilé le Maroc, rattachant des territoires très importants à l'Algérie. C'est un sujet très irritant pour le pouvoir à Alger. En mars 2025, un tribunal avait donc condamné Sansal à cinq ans de prison pour «atteinte à l’unité nationale », accusation très lourde. À la surprise générale, ou presque, le 12 novembre, le président Abdelmadjid Tebboune a accordé son pardon à Sansal, suite à une demande expresse du président allemand Frank-Walter Steinmeier. Sansal est transféré en Allemagne où il a été immédiatement hospitalisé. L'homme atteint d'un cancer à vu sa santé beaucoup se détériorer durant l'incarcération. L'évolution rapide du dossier fait donc suite à la médiation allemande, alors que les appels répétés de la France pour la libération de Sansal étaient restés sans effet. Le pardon est officiellement présenté comme un "acte humanitaire, généreux". Cependant, cette libération ne peut être envisagée hors de tout enjeu géopolitique et constitue de toute évidence en filigrane, une manœuvre pour désamorcer la crise franco-algérienne, accentuée depuis quelques mois déjà. La médiation allemande s’inscrit, chacun le sait, dans un contexte tendu entre Alger et Paris. En octobre 2024, la France a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara Marocain, provoquant une colère rouge à Alger et un refroidissement immédiat et notable des relations bilatérales. L’arrestation de Sansal, figure algérienne contestataire, a été perçue comme un levier de pression sur la France dont il porte la nationalité. Rien n'y a fait : en janvier, le Parlement européen avait condamné cette arrestation et exigé la libération de l’auteur, mais l'Algérie était restée sourde. Qu’est-ce qui expliquerait ce rôle surprise de l’Allemagne, alors que d'autres pays auraient, paraît-il, essayé en vain de faire plier Alger ? L’Allemagne entretient en fait des relations plus neutres avec l’Algérie que la France et offre ainsi une issue diplomatique acceptable pour Alger, qui évite une perte majeure de prestige. Boualem Sansal était devenu une véritable patate chaude dont il fallait se débarrasser au plus vite. Il est même dit, ça et là à Alger, que son arrestation avait été une erreur. Le fait que le président Tebboune ait été soigné en Allemagne renforce ces liens avec l'Allemagne. Par ce canal, Alger améliore son image internationale sans céder directement à la France, ce qui atténue la perception d’une capitulation. Il faut aussi rappeler que Boualem Sansal est très apprécié et lu en Allemagne où il avait obtenu la plus prestigieuse des distinctions littéraires du pays. Cela couvre un peu cette médiation surprise. La libération semble s’inscrire dans une stratégie algérienne de gestion des pressions internationales sans compromis direct avec Paris, préservant ainsi la face du régime. L’Allemagne, en tant qu’intermédiaire, permet d’apaiser les tensions tout en maintenant la stabilité politique intérieure algérienne. Comme à leur habitude, les médias algériens, n'ont pas tardé à organiser des débats chantant l'humanisme et la grande sagesse du président Tebboune. Ils n'ont pas arrêté de chanter victoire. On ne sait pas sur qui, mais victoire quand même. Des débats où, comme à chaque fois, sont cités pêle-mêle : sionisme, makhzen, ennemi français, défense du pays, etc. Sansal est gracié mais reste le traitre exécrable de la nation. La vérité est que le contexte économique et stratégique que connaît l'Algérie ne lui permet plus de bomber le torse. Face à un isolement diplomatique grandissant, une dépendance aux hydrocarbures et un ralentissement économique avec dévaluation historique du dinar, le régime algérien utilise la libération de Sansal comme acte symbolique destiné à redorer son image car même ses partenaires historiques que sont les Russes et les Chinois, lui ont tourné le dos en faveur du Maroc. On peut également faire une autre lecture et convoquer l'hypothèse des intérêts croisés. L’Allemagne a vraisemblablement servi d’intermédiaire utile, répondant indirectement aux intérêts de la France et de l’Algérie. Pour Paris, transférer la médiation à Berlin préserve une posture humanitaire crédible sans confrontation directe avec Alger. Pour Alger, répondre à une demande allemande permet d’éviter un recul symbolique face à l’ancien colonisateur. Les perspectives et les implications sont alors plus claires. Le régime algérien conserve son cadre autoritaire ; la libération de Sansal ne constitue donc pas un signe de faiblesse. Les médias algériens cherchent même à montrer que l’affaire révèle la perte d’influence de la France, qui aurait cherché à isoler Alger. Avec cette libération, la diplomatie algérienne serait devenue désormais multipolaire. En réalité, le compromis était nécessaire pour limiter l’isolement diplomatique et économique de l'Algérie. Les défis structurels du pays restent importants et profonds. Les médias algériens cherchent désespérément à montrer que la libération de Sansal par l’intermédiaire allemand témoigne d’un changement profond dans l’équilibre diplomatique régional en sa faveur. La France aurait perdu son quasi-monopole historique sur les relations, confrontée à une Algérie souveraine et puissante qui a diversifié ses alliances européennes. Selon ces médias, cette évolution aurait affaibli symboliquement Paris et renforcé la diplomatie multipolaire de l'Algérie conquérante. Au-delà de tel ou tel propos parfois ridicules dont le seul but est de calmer le front interne algérien, cette libération aura un impact positif sur les relations franco-algériennes et, au-delà, sur la diplomatie allemande dans la région. Pour l’Allemagne, ce succès diplomatique consolide son rôle géopolitique en Méditerranée et en Afrique du Nord, lui offrant de nouvelles marges de manœuvre politiques, économiques et sécuritaires. Berlin améliore sa position auprès des autorités algériennes et des pays voisins, et renforce ses partenariats stratégiques dans une région clé pour ses intérêts. L'Allemagne, rappelons-le, s'était déjà prononcée positivement sur le projet marocain d'autodétermination au Sahara marocain. La libération de Boualem Sansal dépasse donc la simple dimension humanitaire pour devenir un point de convergence diplomatique, symbolique et économique. Le choix de l’Allemagne comme médiateur a permis à l’Algérie de répondre à la pression internationale en sauvegardant en apparence son image vis-à-vis de la France, tout au moins pour sa propre population. La France a atteint son objectif: libérer Boualam Sansal. Alger en avait pourtant fait une affaire de dignité nationale.

Les régimes militaires : promesses révolutionnaires, désillusions nationales certaines... 1153

Depuis les indépendances du milieu du XXᵉ siècle, une large partie du monde en développement a été traversée par la tentation militaire. En Afrique, en Amérique latine ou en Asie, les armées, souvent les seules institutions *organisées, hiérarchisées et disciplinées*, à la suite du départ des colonisateurs, ont pris le pouvoir au nom de la stabilité, de la justice sociale ou de la révolution. Pourtant, l’histoire révèle que, derrière les slogans pompeux de « démocratique », «populaire » ou « révolutionnaire », ces régimes ont rarement laissé place à autre chose que la répression, la corruption, la stagnation et bien plus encore. Les lendemains d’indépendance ont vu certaines armées se positionner en sauveuses autoproclamées. Toutes n'ont laissé derrière elles que le KO, le sous-développement et la misère. Dans les années 1960 et 1970, l’Afrique nouvellement indépendante connaît une flambée de coups d’État militaires. Entre 1958 et 1980, plus de 60 putschs militaires sont recensés sur le continent. Certains leaders charismatiques des indépendances se sont vus dépossédés du pouvoir de la pire des façons. Au Ghana, Kwame Nkrumah, pionnier du panafricanisme, est renversé en 1966 par un coup d’État militaire. En 1968, Moussa Traoré dépose Modibo Keïta au Mali, mettant fin à un projet socialiste naissant. Ould Dadda de Mauritanie ne connaitra pas un meilleur sort. Plus tôt, c'était Patrice Lumumba qui subissait les pires atrocités. Le roi Farouk est poussé à la porte de l'Égypte. Kaddafi dépose le vieux Senoussi. Benbella subissait le dictat de Boumedienne. En Amérique latine, la même mécanique se répète : l’armée prétend « sauver la nation » du chaos. Au Brésil, le coup d’État de 1964 installe une dictature pour 21 ans sous le prétexte de combattre le communisme. Au Chili, le général Augusto Pinochet renverse en 1973 le président démocratiquement élu Salvador Allende, inaugurant un régime de terreur responsable de plusieurs milliers de morts et disparus. En Asie, la Birmanie illustre une domination militaire persistante. Depuis le coup d’État de 1962 du général Ne Win jusqu’à la junte née du putsch de février 2021, l’armée contrôle le pays, étouffant toute opposition et maintenant une pauvreté structurelle. Nombre de ces régimes militaires se sont enveloppés dans un vernis idéologique. Ils se sont dits « révolutionnaires », comme le régime de Thomas Sankara au Burkina Faso (1983-1987), ou « démocratiques et populaires », à l’image des régimes du Congo-Brazzaville ou de l’Éthiopie de Mengistu Haile Mariam (1974-1991). Mais cette promesse de transformation sociale a presque toujours débouché sur la confiscation du pouvoir. Les libertés civiles furent suspendues, les opposants emprisonnés ou éliminés, tandis que les économies nationales sombrèrent dans la gabegie et la prédation. La rhétorique des régimes « populaires, démocratiques et révolutionnaires » s'avère tout aussi mensongère qu'improductive, pour ne pas dire plus. Le Nigeria, avec ses six coups d’État entre 1966 et 1999, est emblématique de cette spirale. Les régimes successifs de Yakubu Gowon, Murtala Mohammed et Sani Abacha ont dilapidé les revenus pétroliers d’un des pays les plus riches d’Afrique. À la mort d’Abacha en 1998, le pays était exsangue : corruption généralisée, dette abyssale, répression politique. Malgré l'évidence, certains pays continuent à endurer ce genre de régime, avec une recrudescence ces derniers temps en Afrique occidentale et au Sahel. Il est difficile de porter un jugement sur ces régimes naissants. Attendons. Le temps nous dira. Ils promettent tous de remettre le pouvoir aux civiles après une période de transition. Souvent ils y gouttent au plaisir de la vie et s'y plaisent... Aujourd’hui, les États encore dominés par une junte militaire sont moins nombreux qu'avant en Afrique. L’Algérie demeure tout de même un exemple notable, vestige des régimes installés dans les années soixante. L’armée reste ici le véritable centre de pouvoir depuis l’indépendance en 1962. Officiellement dirigée par des civils, la réalité est différente, notamment depuis le coup de force de janvier 1992, qui interrompit un processus électoral et plongea le pays dans une guerre civile meurtrière. Près de 200 000 personnes y perdirent la vie, selon Amnesty International. Trente ans plus tard, malgré les apparences institutionnelles, la présidence d’Abdelmadjid Tebboune (depuis 2019) reste sous étroite influence militaire. Il est toujours flanqué du général chef des armées. Le mouvement du Hirak, né en 2019, avait dénoncé ce système opaque décrit comme un « pouvoir militaire sans uniforme ». Aujourd'hui, la situation ayant conduit au Hirak ne s'est pas améliorée : l’économie, dépendante du pétrole, s’enlise, tandis que la jeunesse s'exile massivement. Les illusions sont encore une fois perdues. Le dinar dégringole alors que le pays dépend de l'importation pour ses besoins primaires. Les régimes se prétendant « du peuple » ont souvent retourné leurs armes contre ce même peuple. Des pays riches en ressources comme le Nigeria, le Congo, le Soudan, la Libye, l'Algérie ou la Birmanie, pour ne citer que quelques exemples, sont devenus des laboratoires de la désillusion. Les massacres, abus et dilapidation des richesses laissent toujours des cicatrices profondes. La tendance mondiale, marquée par la disparition des régimes militaires, n'est pas pour plaire à tout le monde, notamment aux armées dans certaines régions, quitte à plonger le pays dans le KO. Le cas du Soudan donne des signaux très alarmants. C'est alors qu'une leçon s’impose : aucune dictature en uniforme n’a réussi à bâtir durablement la prospérité ou la paix, nul part. L’histoire des régimes militaires est celle d’une promesse trahie. Derrière le discours du redressement national, de la défense des intérêts du pays, ces pouvoirs ont produit la peur, l’appauvrissement et le désenchantement. L’armée, censée protéger la nation, l’a souvent tenue en otage. Là où elle persiste encore à s'accaparer le pouvoir, elle incarne surtout les dernières résistances d’un modèle condamné par l’histoire. À bon entendeur, salut !

Sahara Marocain : la vérité irréversible face au déni... 1157

Depuis l’adoption de la résolution 2927 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, arithmétiquement, largement et logiquement favorable au Maroc, l’Algérie semble refuser d’admettre l’évidence. Malgré la clarté du texte et le large consensus international qu’il a suscité, Alger poursuit son agitation diplomatique et médiatique, multipliant les interprétations et les prises de positions contradictoires. À sa tête, le ministre Ahmed Attaf envoyé au charbon. Il mène une offensive verbale où la désinformation rivalise avec l’entêtement. Chaque mot de la résolution est disséqué, tordu, réinterprété par les officines algériennes et leurs relais médiatiques. Ici, on n'a pas peur du ridicule. On y est plein pied. Certaines déclarations internationales sont même déformées pour leur donner une coloration et un sens conforme au narratif d’Alger. Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, ou encore Massad Boulos, n’ont pas échappé à ces manipulations discursives. Seule Aljazeera prend le relais de la distorsion et ne ménage pas ses mots. Ce n'est pas étonnant: Alger y est sanctifiée pour les raisons que l'on sait. Cette stratégie, désormais habituelle, s’appuie sur l’infox et la désinformation, devenues des instruments privilégiés dans la diplomatie algérienne dès lors qu’il s’agit du dossier du Sahara. Pourtant, un fait demeure incontestable : le Maroc est bel et bien chez lui, dans son Sahara, et ne demande ni permission ni validation à quiconque pour y demeurer. Cinquante ans après le déclenchement artificiel de ce différend, l’Algérie semble n’avoir tiré aucune leçon et encre moins de prise de conscience; malgré les milliards de dollars investis qui auraient pu profiter au peuple algérien ; malgré les défaites successives militaires et diplomatiques, l'obstination reste ici maître mot. Une morbidité chronique. Depuis le cessez-le-feu de 1991, la dynamique politique et diplomatique s’est inversée de manière irréversible en faveur du Maroc. Le Royaume a réalisé une véritable *Remontada* comme se plait à le préciser Samir Bennis. L’effet de la propagande et du soutien aveugle du bloc de l'Est et de ses acolytes s’est essoufflé. Chacun est revenu à la raison, sauf quelques exceptions entretenues par des moyens d’un autre âge. La proposition marocaine d’autonomie, jugée sérieuse et crédible par la communauté internationale, est aujourd’hui l’unique base de solution reconnue par le Conseil de Sécurité. Face à cela, Alger continue de s’appuyer sur un réseau d’alliés marginaux: l’Afrique du Sud, l’Iran, qui ont tour à tour exprimé leur désarroi face à la défaite d’Alger, et le Venezuela ; tous peinent à masquer leur isolement diplomatique. Ces soutiens s’élèvent contre une résolution qui place pourtant la solution politique proposée par le Maroc au centre du processus onusien. Mais rien n’y fait : les positions américaines, françaises, britanniques, et désormais chinoises et russes, ainsi que le soutien explicite ou implicite de plus de cent trente pays, confirment que le vent de l’histoire souffle définitivement du côté du Maroc. Dans ce contexte, le Royaume affiche une posture de fermeté tranquille. Sa Majesté le Roi Mohammed VI, fidèle à sa politique de main tendue, a réaffirmé sa volonté d’un règlement « sans vainqueur ni vaincu ». Le ton calme de ses propos confirme à la fois sa bonne volonté, mais avertit aussi que la patience du Maroc a des limites. Le message est clair : le temps des concessions unilatérales est révolu: Il n'y a pas d'alternative au plan d'autodétermination mis sur la table. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a résumé cette position avec un sourire significatif sur la chaîne 2M : « La question est close ». Ce sourire sympathique, plus qu'un geste, traduit la confiance d’un pays sûr de ses droits, appuyé par la légitimité historique, juridique, politique et désormais onusienne. Qui peut en dire plus ? La décision du souverain marocain de décréter le 31 octobre, date du vote de la résolution 2927, comme nouvelle fête nationale n’est pas anodine. Elle marque un tournant symbolique : celui de la consolidation définitive du Sahara dans le giron national et de la reconnaissance internationale de cette réalité. Le message du Royaume est sans équivoque : le Maroc a trop attendu, trop concilié, pour continuer à subir le blocage stérile entretenu par son voisin belliqueux de l’Est. Désormais, l’heure est à l'accélération du développement, à la modernisation et à la valorisation socio-économique du Sud, devenu un moteur de croissance nationale et régionale. C’est ainsi qu’il faut interpréter cette déclaration : *Il y a un avant et un après 31 octobre 2025.* Une évolution de paradigme chez les voisins nous ferait à tous gagner plus de deux points de croissance annuellement, avec ce que cela implique pour les peuples de la région. Alger refuse pourtant, alors même que le pays est à la dérive et que sa population manque de l’essentiel pour vivre décemment. Mais les militaires d’Alger, derrière leurs galons de pacotille, n’en ont que faire. Droits dans leurs bottines, ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez... Sans doute n’ont-ils pas compris ce qu’ont subi la Syrie, la Libye et l’Irak, ni les cas similaires en Amérique latine. L’obstination dans la bêtise et le déni de la réalité ne peuvent être que contreproductifs. L’histoire le démontre amplement. Il faut cependant savoir lire cette histoire et en tirer les leçons. L’Algérie, hélas pour son peuple, persiste dans une stratégie du refus, oubliant que le monde a changé et que les équilibres diplomatiques se sont déplacés. Elle pense encre pouvoir gagner du temps et parier sur une nouvelle présidence américaine dans trois ans. Trois ans c'est long pour le président Trump... Tandis que le Maroc avance, bâtit et investit dans ses provinces du Sud, soutenu par le bon sens de ceux qui savent faire des affaires au profit de leurs peuples, Alger reste prisonnière d’un passé révolu et d’un narratif idéologique épuisé. Le Royaume chérifien, lui, regarde vers l’avenir, serein dans sa légitimité, solide dans son unité nationale, confiant dans son droit, et désormais porté par la reconnaissance internationale d’une vérité désormais indiscutable : le Sahara est marocain, et le restera.

Le Maroc, uni et indivisible : le 31 octobre, mémoire et vision d’un Royaume rassemblé... 1106

Il est des dates qui cessent d’être de simples repères pour devenir des symboles forts. En instituant le **31 octobre “Fête de l’Unité”**, Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a pas seulement ajouté un jour au calendrier national des fêtes : il a inscrit dans la mémoire collective une certitude, celle d’un Maroc uni, fidèle à son histoire, confiant en son destin, certain de son avenir. Ce choix, placé à la veille de l’anniversaire de la Marche Verte, n’est pas une coïncidence, mais un message. Il relie deux moments : l’un de mémoire, l’autre d’espérance, pour rappeler qu’au Maroc, l’unité n’est pas une posture, mais une philosophie collective de vie, une continuité historique, une conviction chevillée à l’âme du pays et de chacun des citoyens. **L’unité séculaire du Royaume est le fil d’or de l’histoire marocaine.** Le 6 novembre 1975, trois cent cinquante mille Marocains, le Coran dans une main et le drapeau dans l’autre, faut il le rappeler, épaulé par de très nombreux ressortissants de pays amis, y compris d'un Prince et non des moindres, ont marché vers le Sud pour retrouver ce qui n’aurait jamais dû être perdu : le Sahara, matrice du Royaume. La **Marche Verte** n’était pas une conquête ; elle fut un retour, une affirmation pacifique d’une légitimité plus ancienne que les frontières tracées à la règle sur les cartes coloniales. Ce fut aussi un serment entre le Trône et le peuple, entre le passé et l’avenir. Un serment que rien, ni les manœuvres diplomatiques, ni les campagnes hostiles, ni la propagande à coup de milliards de dollars, n’ont pu ébranler. Le marocain ne plie pas. le marocain est fidèle à ses engagements. Le marocain tient parole, le marocain est conscient de la diversité de son pays mais ne le conçoit que dans l'unité et la cohésion. En décidant de faire du 31 octobre la **Fête de l’Unité**, Sa Majesté le Roi Mohammed VI réactive ce serment et le transpose dans le temps présent : l’unité du Maroc n’est pas un souvenir glorieux, mais un horizon qui se construit chaque jour, un avenir qui se forge sur le droit et la foi, la diplomatie et la constance, le développement et la prospérité partagée. Depuis un demi-siècle, la diplomatie marocaine déroule patiemment le fil d’une stratégie claire : défendre la marocanité du Sahara sans jamais céder à la provocation, faire triompher la légitimité par la raison et non par la force. Les récentes **résolutions du Conseil de sécurité** ont confirmé la justesse de cette ligne. Elles consacrent le sérieux et la crédibilité de la proposition marocaine d’autonomie, une voie réaliste, moderne, conforme aux aspirations des populations locales et de l’ensemble du peuple marocain qui y a adhéré mesurant parfaitement le sacrifice demandé. À l’inverse, l’Algérie persiste dans une posture anachronique, arc-boutée sur son soutien à un **Polisario** qui ne représente plus qu’une ombre de lui-même. Un mouvement construit sur le mensonge, l'infox et la propagande à coup de milliards de dollars. C'est sans doute la situation la plus couteuse du genre depuis que l'humain est humain. Jamais on n’a su combien de Sahraouis ont véritablement suivi le Polisario, ni combien, avec l’aide de ses parrains, il a fait venir de Mauritaniens, de Maliens, de Nigérians de Tchadiens et d’ailleurs pour renforcer ses rangs. La générosité de Kaddafi ayant beaucoup aidé, faut il l'oublier! Aujourd’hui, l’Algérie est acculée à permettre le **recensement des populations des camps** et qui dit recensement dit, en parallèle, identification. Le discours figé des séparatistes n’a plus de prise sur le réel : pendant que les camps de Tindouf s’enlisent dans l’attente, les provinces du Sud Marocain s’éveillent à la vie, au développement, à la dignité. Le contraste est saisissant : là-bas, l’immobilisme ; ici, la construction. Là-bas, l’idéologie ; ici, la réalité. La Marche Verte n’a jamais été un épisode clos, c'est un serment devenu doctrine nationale, un récit fondateur, un mythe vivant, la croyance d’une nation: **la plus ancienne nation au monde**. Elle a forgé une conscience nationale rare, faite de loyauté et de foi dans la continuité du Royaume. Dans un monde traversé par les fragmentations et les identités blessées, le Maroc a fait de son unité une boussole, non une nostalgie. À **Laâyoune**, **Dakhla**, **Smara**, **Boujdour** ou Bir Guendouz, la ferveur des célébrations du 31 octobre dit mieux que les discours la profondeur de ce lien. Ces villes, naguère marginalisées, incarnent aujourd’hui un Maroc en marche, sûr de lui, fidèle à ses racines et tourné vers son avenir. Le Sud n’est plus un bout du Royaume : il en est le cœur battant. **Le Sahara est une promesse d’avenir, un laboratoire de développement et un pôle stratégique du Royaume.** Les investissements dans les énergies renouvelables, la pêche, les infrastructures, le tourisme ou la logistique ont transformé la région en un carrefour incontournable entre l’Afrique, l’Atlantique et l'Europe. C’est là que s’expérimente, à ciel ouvert, la vision royale d’un Maroc moderne, équilibré et inclusif, un Maroc qui ne laisse aucune région à l’écart. La **Fête de l’Unité** n’est pas seulement un hommage au passé : elle est une projection vers l’avenir. La **Fête de l'Unité**dit à la jeunesse marocaine que l’unité n’est pas un héritage qu’on contemple, mais un édifice qu’on bâtit, qu’on construit jour après jour, par le travail, la fidélité et la foi en la nation, avec un inflexible respect de la mémoire des sacrifices et une croyance ferme en la promesse de continuité. Le 31 octobre, le Maroc fait la fête, mais se souvient :des soldats tombés sur les dunes, des diplomates qui ont défendu la cause nationale sur toutes les tribunes du monde, des pionniers qui ont bâti dans le sable les fondations d’un développement exemplaire. À travers eux, c’est tout un pays qui se regarde dans le miroir de son histoire, non pour s’y complaire, mais pour y puiser la force d’aller plus loin. Car au fond, **l’unité du Maroc n’est pas un acte politique ; c’est une vérité historique, un état d’esprit, une fidélité viscérale.**Le 31 octobre vient simplement lui donner un nom, une date, un souffle renouvelé. **Il n’y a pas d’unité sans mémoire, ni de mémoire sans avenir.**Le Maroc n'a jamais célébré le passé pour le passé mais toujours comme évocation pour se projeter dans l'avenir. Jamais il n'a cru en une rente mémorielle figée. Fort de son histoire et de sa souveraineté retrouvée, il avance désormais avec la sérénité de ceux qui n’ont rien à prouver, mais seulement à poursuivre. Son ADN est particulier mais jamais pour s'isoler. Au contraire, le Royaume se voit être une partie d'un monde, ouvert à la coopération, à la liberté, à la prospérité. Dans le vent du Sud, au loin, résonne toujours le même serment : **Un seul Royaume, une seule âme, un seul destin.**

Si Ahmed Attaf et la valse à mille temps... 1151

La dernière sortie du vaillant Ahmed Attaf est étonnamment différente de celles à quoi il nous avait habituée. Toujours derrière son flegme machinal, cette fois-ci il laisse néanmoins transpirer un certain désarroi. L'homme est embarrassé. Il est à la fois jongleur, équilibriste, acrobate, valseur et pompier de service. Il cherche ses mots, et ses phrases lui coupent la respiration. Il étouffe des fois. Ses propos sont bourrés de contradictions et truffés de contorsions difficiles; l'archétype du diplomate à bout de souffle mais habile tout de même. Dans sa quête de soldat du feu, il cherche à rassurer en interne, voire à crier timidement, mais à crier tout de même, à la grande victoire. L'Algérie aurait fait plier le monde entier, USA en tête. En jongleur, il a avec une modestie trompeuse, voulu rassurer les grandes puissances que son pays ne leur en voulait pas, évitant ainsi de heurter leur sensibilité. Un exercice ô combien périlleux, puisque bientôt il sera convoqué à la table des négociations en tant que partie prenante. Là, il devra faire preuve de beaucoup d'ingéniosité pour échapper au diktat de la paix voulu par la communauté internationale et qu'il devra construire avec le Maroc. L'homme a parfaitement bien compris qu'aujourd'hui il ne peut plus naviguer qu'à visage découvert. Son pays est bien l’autre partie directement concernée. Derrière son ton mesuré et son vocabulaire feutré, sa sortie médiatique répond à une logique précise, articulée autour de trois objectifs : apaiser le front intérieur, préparer l’opinion à un retour aux négociations sur le Sahara, et préserver la ligne rouge d’Alger: pas de normalisation avec Rabat. Tel un équilibriste, il fanfaronne subtilement que la divergence avec Washington et Bruxelles est maîtrisée. Effectivement, les USA peuvent très bien comprendre la logique des deux premiers volets : apaisement interne et préparation des négociations, mais ils divergent fondamentalement d’Alger sur la question du rapprochement avec le Maroc. Pour Washington, cette normalisation est une pièce maîtresse de sa stratégie atlantique-africaine autour des métaux critiques, un enjeu clé face à la Chine. L’Union européenne partage cette vision: elle voit dans la réconciliation maroco-algérienne un préalable au redémarrage du projet euro-méditerranéen, paralysé depuis des années par la rivalité entre les deux voisins. Bruxelles comme Washington peuvent bien penser que ce désaccord stratégique reste gérable à court terme, car l’urgence commune demeure la relance des négociations sur le Sahara, perçue comme une priorité stabilisatrice pour la région. Mais tout le monde comprend que le régime militaire algérien a dépêché Attaf pour absorber le choc du *séisme de New York*. Sa première mission consistait donc à calmer les esprits après le coup dur infligé par la dernière résolution du Conseil de sécurité, qui réaffirme le plan d’autonomie marocain comme base sérieuse et crédible, et qui en fait l'aboutissement des négociations. Le succès diplomatique de Rabat a provoqué un véritable électrochoc à Alger, où le pouvoir redouterait que la défaite diplomatique ne se transforme en crise interne entre les différents cercles du régime, en particulier entre la hiérarchie militaire et la façade politique. Pour éviter une telle implosion, Attaf a tenté de réécrire la narration officielle: la résolution, a-t-il affirmé, ne serait pas un triomphe marocain mais une victoire algérienne, Alger aurait «empêché l’imposition de l’agenda marocain». Une interprétation en totale contradiction avec les déclarations du représentant algérien à l’ONU, qui avait justifié le non vote de son pays par la place centrale accordée au plan d’autonomie. Mais sur le plan médiatique, la manœuvre a porté ses fruits. Le discours d’Attaf a trouvé un écho favorable jusque dans certains cercles critiques du pouvoir. En réalité, cette opération d’apaisement arrange aussi Washington et Rabat: elle garantit la stabilité du régime algérien et maintient le calme intérieur, conditions nécessaires pour ouvrir la voie à de futures discussions sans interférences internes. Tous sont attelés à préparer le terrain des négociations. Le deuxième objectif d’Attaf était de préparer l’opinion publique, nationale et internationale, à l’idée d’un retour à la table des négociations, conformément à la pression exercée par les USA pour relancer un processus politique concret. Le ministre s’est ainsi efforcé de présenter la résolution onusienne sous un jour positif, allant jusqu’à la qualifier de «victoire pour les principes de la cause sahraouie», tout en expliquant que l’Algérie aurait voté pour, si une phrase n’avait pas mentionné «la souveraineté marocaine». Un jeu d’équilibriste ingénieux, destiné à réduire l’écart entre le discours officiel et la réalité diplomatique, et à justifier une éventuelle participation d’Alger à de nouveaux pourparlers sans apparaître en position de faiblesse. Ce repositionnement tactique reste fragile. Si la pression américaine venait à diminuer, Alger pourrait de nouveau recourir à des manœuvres dilatoires pour ralentir ou vider le processus de son contenu. Mais les américains ne sont pas dupes et ils sont pressés. Du point de vue marocain, cette évolution est loin d’être défavorable: Rabat privilégie un règlement négocié, sans vainqueur ni vaincu, tant que le principe de l’autonomie reste la finalité des discussions. Alger elle, cherche à préserver sa ligne rouge: pas de normalisation avec Rabat. Le troisième axe de la communication est qu'Attaf a cherché à éviter un danger existentiel pour le régime en place: être perçu comme cédant à une normalisation avec Rabat sous la pression de Washington. Dans un scénario de contrainte accrue, l’Algérie pourrait accepter une solution politique sur le dossier du Sahara, mais sans franchir le pas d’un rapprochement diplomatique. Pour consolider cette position, Attaf a volontairement réécrit le lexique du texte onusien. Là où la résolution parle de *parties*, de *règlement politique* et *d’autonomie*, il a préféré employer les termes de *décolonisation*, de *référendum* et de *peuple sahraoui*. Ce glissement sémantique délibéré vise à entretenir l’idée que l’Algérie reste fidèle à la logique doctrinaire, alors même que le scénario du référendum a été abandonné par les Nations unies depuis près de deux décennies. La sortie médiatique n’était donc pas une simple réaction diplomatique à une résolution onusienne, mais une opération de communication orchestrée avec soin. Elle poursuivait trois objectifs : apaiser le front intérieur, préparer l’opinion à de futures discussions et réaffirmer le refus de toute normalisation avec Rabat. Ironie du sort, ces trois axes, en cherchant à défendre la position algérienne, finissent par consolider le cadre onusien du règlement, celui-là même qui consacre le plan d’autonomie marocain comme référence principale et redessine les équilibres régionaux au bénéfice du Maroc et de ses alliés occidentaux.

Quand le plus grand match du Maroc devient son pire miroir... 1289

Le *derby casablancais*, fête suprême du football marocain, censé avoir lieu au moins deux fois par saison, s’est mué en un triste miroir de nos défaillances collectives. Ce qui devait être un hymne à la passion du football est devenu une procession vers la honte, celle de ne pas respecter l'abécédaire primaire du jeu, du civisme, du respect d'autrui et des règles de Fédération et de la FIFA. La toute dernière édition en particulier nous a démontré un scénario devenu familier et répétitif hélas : fumigènes, affrontements, jets d'éléments inflammables, dégradations de biens publics et privés et match interrompu à de nombreuses reprises. Le rectangle vert, jadis sanctuaire du jeu et de la performance sportive des joueurs, est aujourd’hui pris en otage par la pyromanie des tribunes et la *complaisance forcée* vis-à-vis de comportements plus que dérangeants. Cette fois-ci, la quantité de fumigènes était tellement impressionnante qu'elle pousse à se poser moult questions : qui les vend, qui les fait exploser et comment ils sont régulièrement introduits dans les stades ? Qui a intérêt à ce que le derby casablancais devienne un champ de ruines footballistique ? Ce n’est plus un match de football, c’est une **atmosphère de guerre**, une scène impressionnante d'effets spéciaux de film, importés vers les gradins. Au nom du drapeau du club, le bon sens est supplanté. Le *Raja* et le *Wydad*, deux monuments de notre sport, se voient instrumentalisés, dépassés, doublés, prisonniers, squattés, exploités par des foules qui confondent ferveur et fureur, et qui croient défendre des couleurs, alors qu’elles piétinent l’honneur du ballon rond. Au nom de *"l'amour supposé du club"*, on se retrouve à défendre des causes obscures très loin de la cause même des clubs s'il y en avait. Une sorte *d'ultra-nationalisme des gradins*. Certains groupes se sont érigés en milices des stades. Ils contrôlent les tribunes, dictent leurs lois, imposent leur violence. Maintenant ils dictent même le rythme des matchs. On joue quand ils le désirent et on arrête quand ils le décident. On glorifie leurs tifos sans jamais oser nommer clairement leurs dérives. Pourtant, derrière les chorégraphies des fois splendides, parfois de mauvais goût, se cachent souvent des préparatifs dignes d’un champ de bataille : objets tranchants, pierres et autres, fumigènes et explosifs importés illégalement dans les stades, codes de mobilisation et appels à la confrontation avec tout ce qui représente l'ordre. Insultes des institutions, colportage de fausses informations, infox, slogans subversifs, tout s'entremêle sans ménagement ni gêne: un cocktail de revendications sociales et de militantisme politique à peine voilé. Même la politique étrangère et les positionnements du pays n'y échappent point. Tant pis pour les intérêts communs, ceux de toute une nation. Les responsables de clubs, eux, feignent la surprise ou se terrent en attendant que passe la tempête. Comme si les bus ou voitures caillassés, les grilles tordues et les fumées toxiques étaient des accidents du hasard ou tombés du ciel. Les autorités élaborent des stratégies et prennent des dispositions mais subissent des débordements des fois dangereux. Leur comportement est plus que paternaliste: C'est qu'en face il n'y a que des gamins. Les patrons et encadrants sont toujours à l'abri, loin des scènes. Pourtant certains sont visibles et descendent même sur le terrain pour haranguer les foules déchainés et les chauffer. Quant à la Fédération, elle réagit par des amendes et des huis clos, répétant le même rituel administratif qui n’effraie plus personne. Le football est-il pris en otage ? Les conséquences sont désastreuses : matchs interrompus, sanctions financières, image ternie à l’international. Le Maroc, pourtant salué pour sa ferveur populaire, offre le spectacle d’un football malade, où la passion se confond avec la déraison. Ces violences tuent le jeu, étouffent les talents, refroidissent les familles qui osaient encore venir au stade. Dans un pays où le football est presque une religion, il est consternant de voir les temples du sport transformés en **zones de non-droit**. Les enfants qui rêvaient du derby comme d’un mythe fondateur n’y voient plus qu’un désordre ritualisé, un folklore de casse. Certains y adhèrent probablement parce qu'ils n'ont pas de palliatifs pensant que ce qui se passe est juste normal. Mais pour autant, devrions-nous baisser les bras et admettre une certaine faillite du courage ? Ce n’est pas la rivalité entre les clubs qui est coupable, mais **notre incapacité collective à la civiliser**. Ce fut encore le cas il n'y a pas si longtemps. Le problème n’est pas dans les chants, mais dans ce qu’on tolère au nom de la passion. La violence des stades est d’abord le fruit d’un silence : celui des clubs qui ne veulent pas perdre leurs tribunes, celui des médias qui préfèrent glorifier l’ambiance plutôt que de dénoncer la dérive, celui des autorités obligées de maintenir l’ordre seules face à un public qu'ils n'ont fondamentalement pas à gérer, comme c'est le cas ailleurs. À force de ne pas choisir et de ne sévir qu'après coup, nous avons laissé **le charhabe** s’installer comme une sous-culture tolérée, une norme, une identité dévoyée. Le derby ne devrait pas être une épreuve de force, mais une célébration de la ville, du talent et du dépassement de soi par les joueurs sur le terrain. Le mythe du derby doit tout de même survivre, car derrière la rage, il y a une vérité : la rivalité **Wydad–Raja** est une des plus belles histoires du football africain et peut être mondial. Elle a nourri des générations, forgé des carrières, inspiré des chants et des rêves. Cette tradition ne survivra pas malheureusement si elle continue à s’enliser dans la haine et l'absurdité. Le derby mérite mieux. Casablanca mérite mieux. Le Maroc mérite un football où la passion ne se confond pas avec la déraison, où la couleur d’un maillot n’autorise pas la brutalité et les violences. Si rien ne change, le plus grand match du royaume finira par devenir son plus grand scandale : le Derby de la fumée.

Le Maroc triomphe à l’ONU mais reste humble et ouvert... l’Algérie répond par le déni... 1214

Le vote du Conseil de Sécurité des Nations Unies, faut-il encore le rappeler, a marqué un tournant décisif pour la diplomatie marocaine et pour l'avenir de la région. « Il y a un avant et un après 31 octobre » a dit Sa Majesté le Roi. Par un soutien large et sans ambiguïté à la position du Royaume, la communauté internationale confirme, une fois de plus, la crédibilité de la démarche marocaine à travers le plan d’autonomie proposé depuis 2007 déjà. En fait, la communauté internationale salue ainsi la stabilité du Maroc en tant qu’acteur régional crédible et met en avant ses efforts incommensurables de mise en valeur des territoires du sud et leur développement spectaculaire au profit de ses citoyens et des populations de la région. Ce succès ne doit rien au hasard: il résulte d’une vision royale pertinente, constante, patiente, ferme et humble, privilégiant le dialogue et la coopération plutôt que la surenchère et la provocation. **Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a jamais cessé ses appels à la raison et à la coopération et ce depuis 26 ans.** Immédiatement après l’annonce des résultats du vote, Sa Majesté a appelé encore une fois au dialogue direct et sincère avec l’Algérie, s’adressant expressément au président Teboune. Le message s’inscrit dans une logique de paix et de responsabilité historique. Le souverain, loin d’être triomphaliste, tend une nouvelle fois la main à un voisin qui persiste à se dérober derrière des slogans dépassés et des postures archaïques. Cette main tendue contraste cruellement avec le discours de rejet, voire de haine, qui domine de l’autre côté de la frontière. Tandis que Rabat multiplie les gestes d’ouverture, Alger reste obstinément fermée à tout dialogue, préférant une posture hautaine, la confrontation stérile et contreproductive à la raison. **Un dépit chronique qui étonnement devient doctrine.** La réaction des médias algériens après le vote du Conseil de Sécurité témoigne d’un état d’esprit marqué par l'infox, la propagande, l’exécration et une animosité méchante et agressive. Certains propos tenus dans une télévision d’État ont même été jusqu’à douter de l’intégrité des États membres ayant soutenu la position du Maroc; d’autres ont évoqué, à peine quelques heures après le scrutin, la possibilité d’un *retour aux armes*, comme si la guerre pouvait pallier un échec diplomatique cuisant. Plus inquiétant encore, des insultes à l'encontre du Maroc, notamment le qualificatif de pays «à la botte des sionistes», révèlent un niveau de nervosité extrême, frisant la perte de contrôle. Le mot «makhzen», sciemment galvaudé, est jeté en pâture entre des débatteurs rivalisant dans le burlesque et la surenchère comique. Se rendent-ils compte que ce langage haineux ne fait que renforcer l’isolement d’Alger? En accusant le monde entier de complotisme, les militaires d'Alger ne savent peut être pas que la diplomatie doit être un espace de crédibilité et de confiance, et non de rancune aveugle. En même temps, le monde observe, et comprend enfin. L’Algérie ne cherche ni ne veut être un partenaire de paix et de construction. Aujourd’hui, la communauté internationale est témoin: le Maroc propose, l’Algérie bloque. Le Maroc construit, l’Algérie détruit. Le Maroc prône la coopération, l’Algérie la confrontation. De Washington à Paris, de Madrid à Dakar, de Séoul à Brasilia, De Riad à Freetown, les capitales ont saisit la différence entre une politique tournée vers l’avenir et une posture figée dans une nostalgie idéologique dépassée, risible. Le Sahara n’est plus une question de propagande régionale, mais un enjeu de stabilité globale: il touche à la sécurité du Sahel, à la lutte contre le terrorisme, et à l’équilibre de tout l’espace nord-africain. **L’obstination de l’Algérie est coûteuse**, et le monde en est lassée. En s’accrochant à un dossier dont elle se dit pourtant «non concernée», l’Algérie s’enferme dans une contradiction insoutenable, dans une attitude accablante. Jusqu’à quand cette situation insoutenable pourra-t-elle perdurer sans que la communauté internationale n'intervienne pour mettre fin à ce soutien évident à un groupe aux activités troubles? Le jour où la lassitude gagnerait un cran de plus, notamment aux États-Unis, ce qui pourrait venir rapidement, alors la tentation de qualifier le Polisario en organisation terroriste deviendrait possible et crédible. C'est tout à fait plausible compte tenu des activités militaires des séparatistes, de leurs liens régionaux avec des groupes reconnus terroriste et de leur implantation dans une zone traversée par tous les trafics aux quels ils participent copieusement. Rien ne l’empêcherait puisque déjà dans le pipe aux Congrès Américain, introduit par Joe Wilson qui cristallise énormément de soutiens. Alger se retrouverait alors dans une posture intenable, responsable d’héberger, financer et armer un groupe terroriste. Une telle dérive exposerait le régime algérien à ses propres contradictions et risques. Les insultes algériennes, responsables et presse confondus, des fois directs, des fois à peine voilées de la France, de l'Espagne, même des USA et maintenant du Conseil de Sécurité aussi et de tous ceux qui soutiennent le Royaume vont finir par faire leur effet. Pousser le Polisario à déclarer ne pas participer aux négociations est juste suicidaire pour Alger. Il ne faut jamais oublier que l’avenir appartient à ceux qui construisent, et celui qui construit, c’est le Maroc, qui a choisi la voie de l’édification d’un avenir meilleur pour lui et pour la région. Le Royaume a opté pour le partenariat et la paix. Il consolide son leadership africain, renforce ses alliances et modernise ses institutions en interne. Sa diplomatie repose sur la confiance, la cohérence et le respect mutuel, des valeurs qui, de plus en plus, distinguent Rabat sur la scène internationale. Pendant que les gouvernants algériens ressassent leurs rancunes, le Royaume trace sa route, fort de ses succès, fidèle à ses principes, ouvert au dialogue mais ferme dans la défense de ses intérêts vitaux. Le message royal est clair. le Maroc ne craint ni la confrontation, ni la désinformation, ni l'infox et préférera toujours la paix fondée sur la responsabilité plutôt que le tumulte de l’orgueil mal placé. Les manifestations joyeuses et hautement significatives des citoyens marocains, immédiatement après l’allocution royale, ont montré au monde que l’affaire du Sahara, pour les Marocains, n’est pas qu’une posture ou un jeu de puissance. Conscients de l’enjeu mondial de l’affaire, les manifestants notamment à Laayoune, Boujdour ou Dakhla comme à Tanger ou Agadir, n’ont pas omis de saluer les puissances qui ont favorisé le vote de la résolution 27-97, ce 31 octobre 2025. Loin de moquer les algériens, ils ont fêté pour eux mêmes et pour le monde libre. Ici l'affaire n'est pas passionnelle mais génétique. L'Algérie et les algériens doivent l'intégrer et sont appelés à y réfléchir. Le vent a tourné pour de bon et à jamais, ce 31 octobre.