Pensez le Futur.

Aziz Daouda

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Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .
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Il faut sauver les Jeux africains... 4

Qu'il soit vite noté que le titre n'est pas de moi mais bien celui que David Ojong, secrétaire Général du Comité Olympique et Sportif du Cameroun, a choisit de donner à un livre qu'il vient de publier et qui est disponible sur Amazone. David Ojong, un ami précieux, m'a fait l'honneur de lui écrire la Postface du livre qu'il vient donc de présenter tout récemment dans une fête solennelle à Yaoundé. Avec David et bien d'autres, on partage la conviction que les Jeux Africains, événement phare du continent, sont en péril. Confrontés à des défis structurels, institutionnels et culturels profonds, ils peinent à remplir leur vocation originelle : unir l'Afrique autour des valeurs olympiques enrichies d'une identité propre. Dans son ouvrage l'auteur plaide pour une rénovation des Jeux Africains en posant clairement la question de quel rôle pour l’ACNOA dans le leadership sportif continental ?*. Aujourd'hui les jeux sont tiraillés entre l'Union Africaine épaulé par une organisation sans envergure ni compétence qu'est l'UCSA (Union des Confédérations Sportives Africaines) et l'ACNOA (l'Association des Comités Olympiques d'Afrique), elle même manifestant une faiblesse chronique. Dans ce environnement particulier au continent, David Ojong dresse un état des lieux lucide et propose des pistes concrètes pour un renouveau. Cette contribution majeure interpelle tous les acteurs du mouvement sportif africain, de l'Union Africaine à l'Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique (ACNOA) dans un contexte de tensions institutionnelles qui fragilisent dangereusement l'événement. Il met en lumière les frictions latentes entre les parties prenantes. L'ACNOA, censée jouer un rôle pivot, souffre d'une gouvernance défaillante qui mine la régularité et la qualité des Jeux. Les éditions passées ont révélé des problèmes récurrents : retards organisationnels, manque de financement stable et concurrence mal gérée avec d'autres instances continentales. L'auteur analyse ces dysfonctionnements à travers une grille méthodologique rigoureuse à la fois juridique, sociopolitique et comparative, pour démontrer que sans restructuration profonde, les Jeux risquent de perdre leur éclat et disparaitre carrément. Au cœur de ces enjeux : le leadership. L'ACNOA doit se repositionner stratégiquement, en assumant un rôle de coordination forte. Ojong plaide pour une intégration des sports traditionnels africains, afin de réconcilier l'événement avec ses racines culturelles et de booster son attractivité. Cette approche n'est pas gadget ; elle vise à transformer les Jeux en une plateforme de *soft power*, promouvant l'unité africaine sur la scène internationale avec notamment une proposition innovante : créer l'AOSA **Face à ces défis, l'auteur avance ainsi une idée audacieuse à savoir la création d'une Association Olympique et Sportive Africaine (AOSA). Cette nouvelle entité rassemblerait toutes les forces vives : Comités Olympiques, Confédérations Africaines par le biais de CASOL (Association des Confédérations Africaines des Sports Olympiques, récemment crée sous la présidence de Hamad Kalkaba Malboum président de la Confédération Africaine d'Athlétisme) , États et partenaires internationaux, dans une vision inclusive et prospective. L'AOSA permettrait une gouvernance unifiée, libérée des querelles de chapelle, et ouvrirait la voie à une préparation optimale des athlètes avec des délais connus et fixes pour les jeux. L'ACNOA dans se contexte se doit de venir en aide aux sportifs africains dans leur préparation en perspective d'une participation africaine davantage plus percutante et efficace aux Jeux Olympiques.** La vision s'aligne sur des initiatives pragmatiques et peu coûteuses ayant fait leur preuve. Comme je l'ai défendu dans la postface de l'ouvrage, l'ACNOA devrait investir dans des groupes d'entraînement spécialisés, installés dans des centres sportifs africains. Financés par la Solidarité Olympique, ces programmes combleraient le vide laissé par les clubs, universités et fédérations démunies, particulièrement dans les pays les moins favorisés du continent. Résultat ? Des performances renforcées aux Jeux Olympiques et une présence quotidienne de l'ACNOA auprès de la jeunesse africaine, favorisant un développement durable du sport et par le sport. Le livre est en fait un plaidoyer pour l'avenir du sport africain. Au-delà du technique, David Ojong fait est un appel passionné à toutes les forces vives du continent pour davantage de vision et de sérieux. Les Jeux Africains ne sont pas qu'une compétition ; ils incarnent une construction identitaire, un levier économique et social. Dans un monde où les spécificités régionales gagnent en reconnaissance, l'Afrique doit forger un leadership sportif innovant. Ojong pose les bonnes questions : comment transformer les tensions en synergies ? Comment mobiliser les fonds olympiques pour l'excellence continentale ? Cet ouvrage n'est pas une fin en soi, mais un point de départ. Il invite décideurs, dirigeants, chercheurs et athlètes à un dialogue constructif. David Ojong, par sa rigueur et sa passion, trace une route claire. À la communauté sportive africaine de la suivre, pour que les Jeux redeviennent le miroir rayonnant de notre dynamisme et de notre unité. Le renouveau des Jeux Africains est un impératif stratégique pour l'Afrique : l'appel de David Ojong à un leadership unifié, représentatif et efficace tombe à pic face à leur état lamentable actuel.

L'Europe a finalement choisit Rabat pour l'avenir... 19

L'Union européenne (UE) a adopté fin janvier 2026 une position commune sur la question du Sahara Marocain, par laquelle elle soutient explicitement le plan marocain d'autonomie sous sa souveraineté de ces provinces. L'Union reconnait formellement que la solution marocaine est réaliste et définitive au différend artificiel du Sahara anciennement occupé par l'Espagne, au dépens de l'Empire Chérifien. *Ce ne fut point une surprise au vu de la position déjà actée des grandes puissances européennes. Cependant, ce consensus unanime des 27 États membres marque une avancée diplomatique majeure pour le Royaume Chérifien, impulsée par la dynamique internationale, couronné par la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU en octobre 2025, qui invite explicitement à des négociations exclusivement sur la base du plan d'autonomie avancé par le Maroc.* Cette position, alignée donc sur celles de nombreux pays européens, manifestées séparément, comme la France, l'Espagne et l'Allemagne, renforce la légitimité internationale du plan marocain. Elle ouvre des perspectives de partenariat stratégique renforcé avec l'Union, notamment en matière économique, via des accords commerciaux accrus, et sécuritaire, dans un contexte de gestion des flux migratoires et de lutte contre le terrorisme menaçant dans la région du Sahel. Pour Rabat, cette reconnaissance consolide l'intégration effective du Sahara au Royaume, actée de facto depuis 1976. Elle accélérera inéluctablement les investissements dans les provinces du Sud du pays, favorisant un développement inclusif inédit dans la région : infrastructures routières, ports de Dakhla Atlantique, énergie renouvelable avec plus de 1 000 MW et des universités modernes. Le Maroc, confiant dans son droit historique et géographique, consolidé par une unanimité nationale à toute épreuve, n'a pas attendu ce soutien pour agir. Depuis près de 20 ans, une stratégie de développement rigoureuse, incluant le Nouveau Modèle de Développement (NMD) a transformé les régions en question, rendant toute autre solution que la souveraineté marocaine obsolète. Chaque jour, l'argumentaire du Royaume a gagné en écho et en crédibilité, sa proposition se révélant juste et logique. L'Europe, à seulement 14 km des côtes marocaines nord, y gagne en cohérence diplomatique et profite de la stabilité nord-africaine incarné par le Royaume Chérifien. La nouvelle résolution facilite ainsi d'importants accords commerciaux tel l'accord de pêche UE-Maroc, prolongé en 2024 malgré des recours loufoques. Le Maroc étant par ailleurs le pivot fiable ayant stoppé plus de 45 000 traversées non réglementaires en 2024, selon Frontex, contrairement aux autres pays de la région. Des opérations extrêmement couteuses pour le Royaume. Les gains européens et la dynamique régionale sont donc ici consolidés. Au-delà, la nouvelle résolution impulse une intégration économique nord-africaine inclusive, à condition que l'Algérie revienne au pragmatisme tant espéré et se mette dans le sens de l'histoire. Rien n'est moins sur pour le moment seulement. Le contexte est que le Maroc émerge comme hub régional performant. Il est aujourd'hui relié à l'Afrique de l'Ouest et au Sahel via son réseau autoroutier et la voix expresse Tiznit Dakhla, le port de Tanger Med, premier d'Afrique et celui de Dakhla de grande profondeur, en phase quasi finale. Ses échanges sont croissants avec la région notamment avec des exportations vers l'Afrique subsaharienne en hausse exponentielle. L'unanimité arabe en faveur de la marocanité des provinces du Sud et l'alignement africain qui tend à se généraliser, sauf quelques exceptions pour des raisons idéologiques ou sous influence à coup de millions de dollars, accélèrent cette dynamique continentale. À l'opposé, l'Algérie s'isole de plus en plus, moquée par un consensus mondial rejetant ses thèses farfelues. Héritière d'un régime militaro-politique d'un autre âge, Alger se nourrit de conflits à basse intensité pour légitimer l'omnipotence d'une armée contestée par un peuple opprimé, étouffé par la répression, comme en attestent les manifestations du Hirak réprimées depuis 2019. Toute velléité au changement est réprimée et étouffé dans l'œuf. L'art d'exporter les crises y a atteint son pic et est désormais à bout de souffle. Les pays du Sahel: Mali, Niger, Burkina Faso critiquent de plus en plus ouvertement les agissements de l'Algérie, perçus comme déstabilisateurs via le soutien au Polisario notamment. Il est prouvé que celui ci entretient plus que des relations avec les organisations terroristes qui pillent dans la région. C'est dans cet environnement que s'inscrit l'intensification de la pression américaine pour un dialogue direct Maroc-Algérie, toujours prôné sans complexe par Rabat. Alger semble peiner à digérer cette débâcle européenne, cumulée à la résolution onusienne et au fait que le Maroc ait été invité par le Président Trump à adhérer au nouveau Conseil de la Paix comme membre fondateur. Les médias algériens, habituellement loquaces et venimeux, gardent un silence assourdissant sinon un communiqué attribué à une organisation sahraoui, sans doute sans existence réelle, qui appelle l'Europe à se conformer à une décision de la Cour Européenne, faute de marge de manœuvre. La neutralité russo-chinoise croissante, le recul de l'Iran dont les gardiens de la révolution et les proxies sont classés organisations terroristes par les États-Unis et maintenant par cette même Europe, affaiblissement drastiquement les thèses algériennes et réduisent ses marges de manœuvre. *Le Polisario, proxy saharien maintenu artificiellement par Alger et soutenu en douce par l'Iran, risque à terme l'effondrement moral et logistique. Ses représentants qui se sont rendu aux USA récemment, pensant être des négociateurs, ont été relégués au rang de "malfrats" pour y avoir subi un interrogatoire musclé notamment sur leur relation avec les gardiens de la révolution d'Iran. Les bérets d'Alger, perdant influence et confrontés à des tensions internes, n'ont en conséquence plus rien à espérer sans alignement sur la communauté internationale.* Fournir gaz et pétrole ne suffit plus pour peser ou s'imposer. Les fluctuations des prix, la très large diversification des fournisseurs et les embargos envisagés contre les récalcitrants, en font une vulnérabilité plutôt qu'un atout. **Alger va devoir le comprendre et vite.** La position européenne sur le Sahara marocain est le dernier clou dans le cercueil du cheval de Troie algérien pour qui sait lire les lignes de force géopolitiques.

Afrique des récits : le silence médiatique qui handicape Rabat... 91

La presse n’est jamais neutre et ne le sera jamais. Elle ne se contente pas de rapporter les faits : elle les hiérarchise, les amplifie ou les étouffe. En Afrique, où le combat d’influence se joue autant dans les salles de rédaction que dans les chancelleries, la puissance médiatique est un indicateur central du leadership réel. À ce jeu-là, la comparaison entre le Maroc et le Sénégal, à l’aune des faits enregistrés lors de la finale de la CAN, est cruelle. C'est un cas d'école. Elle met en lumière une vérité dérangeante : le Maroc agit massivement sur le continent, mais parle peu ou se fait peu entendre, tandis que le Sénégal, avec des moyens plus limités, impose sa voix. Le Sénégal dispose d’un capital médiatique ancien, forgé par l’histoire, la culture du débat et une presse qui n’a jamais totalement renoncé à sa fonction critique. Dakar reste un centre névralgique de la parole africaine francophone. Ses médias transforment un fait national en sujet continental, une controverse locale en débat panafricain. Ils maîtrisent l’art du récit : donner du sens, créer de l’émotion, orienter l’opinion. Une simple consultation de *Le Soleil*, journal d’État historique et leader en diffusion, ou de *Walfadjri*, groupe puissant, conservateur et critique, suffit à en mesurer la portée. Le Maroc offre un paradoxe saisissant. Le pays investit, finance, construit, forme et avance à pas de géant. Il prône le partenariat gagnant-gagnant, se positionne comme un acteur majeur du développement africain et revendique une profondeur stratégique continentale. Pourtant, cette ambition se heurte à une faiblesse flagrante : l’absence d’une presse marocaine audible et influente à l’échelle africaine. Les médias marocains pullulent, sont parfois performants techniquement, mais restent confinés à un dialogue interne. L’Afrique y apparaît souvent comme un décor diplomatique, rarement comme un espace de débat vivant. Cette carence a un coût politique lourd. Faute de relais puissants, le récit marocain quand il existe, peine à s’imposer. Ses succès passent inaperçus, ses positions sont mal comprises, ses silences interprétés comme des aveux de faiblesse ou comme un manque d'humilité. *Pendant que d’autres occupent l’espace, le Maroc laisse filer la bataille des perceptions.* En Afrique, celui qui ne raconte pas son histoire accepte que d’autres la racontent à sa place, avec leurs biais et leurs mensonges quand la mauvaise foi s’en mêle. L’affaire du Sahara l’a démontré des décennies durant, avec des résidus persistants : le narratif du voisin s’est ancré dans bien des esprits, colportant bobards, déformations historiques, allant même jusqu'aux distorsions géographiques. Cette absence de voix se reflète aussi dans le mutisme des élites. Les ministres marocains sont discrets, pour ne pas dire absents des plateaux africains. Les ambassadeurs sont peu enclins aux grands débats continentaux. Les experts marocains sont invisibles dans les médias panafricains: le Maroc est présent physiquement et matériellement, mais absent narrativement. À l’inverse, les responsables sénégalais: politiques, diplomatiques ou intellectuels, investissent l’espace médiatique régional. Ils expliquent, justifient, contestent, conscients que l’influence se construit par la parole publique. Le football, trop souvent réduit à un spectacle par des décideurs malavisés, révèle ces déséquilibres avec brutalité. Une lourde défaite peut rester un fait divers ou devenir un événement politique et symbolique. Quand un fait sportif circule en Afrique, ce n’est pas le score qui frappe, mais la manière dont il est raconté, commenté, débattu. Sur le terrain, les choses peuvent bien se passer ; ce qui compte, c’est le récit médiatique. Les sanctions de la Confédération africaine de football (CAF) confirment cette réalité. Leur impact dépasse le cadre sportif : elles deviennent objets de débat, instruments de pression, leviers d’influence. Là où certains médias amplifient, contextualisent et politisent l’événement, d’autres le subissent, pleurnichent sans convaincre. Le Maroc adopte trop souvent cette posture défensive, faute d’une presse capable d’imposer sa lecture des faits et un narratif solide. Aujourd’hui, l’impression règne que le continent s’est ligué contre le Royaume, perçu comme corrupteur des rouages et maître absolu de la CAF. Dans la réalité, nous en sommes loin, très loin. Pourtant, essayez de convaincre un jeune Africain du contraire : certains voient même les sanctions contre le Sénégal comme injustes. Le problème n’est pas quantitatif, mais stratégique. Le Maroc ne manque pas de médias ; il manque d’une vision africaine. Peu de correspondants sur le continent, faible présence multilingue, absence de plateformes panafricaines : autant de handicaps dans une Afrique ultra-connectée. S’y ajoute une prudence éditoriale qui étouffe le débat, alors que l’influence naît de la confrontation des idées. Le constat est irréfutable. Le Maroc ne pourra prétendre durablement à un rôle central en Afrique sans investir le champ médiatique. Il lui faut des médias offensifs, crédibles, capables de parler *à* l’Afrique et *avec* l’Afrique ; des voix visibles, assumées, présentes dans les controverses et débats de fond. La puissance moderne ne se mesure plus seulement en kilomètres d’autoroutes, banques ou accords signés, mais à la capacité d’imposer un récit. Le Maroc ne doit jamais oublier la guerre tous azimuts qui lui est menée, y compris médiatiquement. Il doit l’intégrer comme composante primordiale de sa politique africaine. **Tant qu’il laissera ce terrain à d’autres, ceux qui, jaloux et complexés, misent sur la désinformation, la calomnie et le mensonge, ses ambitions resteront à chaque fois fragilisées pour ne pas dire fragiles.** La bonne foi ne l’emporte jamais seule : elle avance parallèlement à la mauvaise. **C’est le plus rapide, le plus serein, le plus persuasif, celui qui rend coup pour coup, qui triomphe à la fin.**

Basta, Monsieur Motsepe... 160

Lettre à Monsieur Patrice Mosepe Président de la Confédération Africaine de Football, en réponse à sa déclaration suite au rendu de la commission de discipline de votre instance. Non, Monsieur le Président, vous ne pouvez pas faire porter à un pays hôte, en l’occurrence le Maroc, le poids des faiblesses chroniques de la CAF et de la gouvernance hésitante de ses instances disciplinaires. En entérinant des sanctions perçues comme sévères pour le Maroc, tout en ménageant ceux qui ont gâché une finale censée être l’apothéose de la CAN 2025, votre discours sur « l’intégrité » et « l’image du football africain » apparaît moins comme un sursaut moral que comme un renversement commode des responsabilités. Ce n’est pas le Maroc qui a fragilisé la crédibilité de la CAF : ce sont les décisions, les non dits, les contradictions juridiques et la communication décalée qui entourent ce dossier. Le Maroc n’est pas un justiciable ordinaire de la CAF, c’est l’un de ses principaux piliers. Quand d’autres reculent devant les exigences organisationnelles, logistiques et sécuritaires, c’est le Royaume qui accepte d’ouvrir ses stades, ses aéroports, ses hôtels et ses villes à des compétitions dont beaucoup ne voulaient pas assumer le risque. La CAN 2025 a mobilisé des infrastructures mises à niveau à marche forcée, neuf stades aux standards internationaux, une logistique fluide et une sécurité saluée, pour offrir au continent un tournoi que personne ne conteste sur le plan de l’organisation. Dire aujourd’hui à ce même pays qu’il doit, en plus, absorber la facture symbolique et sportive des incohérences réglementaires de la CAF revient à punir l’acteur qui a le plus contribué à la réussite de l’événement. Lorsqu’on sanctionne le Maroc, ce ne sont pas seulement des dirigeants fédéraux qui sont visés, ce sont des millions de Marocains qui se sentent atteints. Ils ont rempli les stades, mis en avant l’hospitalité du pays, fait de cette CAN une vitrine du continent, avant de voir leur sélection, déjà distinguée par un prix du fair-play, se retrouver au centre d’un verdict jugé « incompréhensible » jusque dans la presse internationale. Comment expliquer à ces citoyens qu’un pays hôte exemplaire sur le plan organisationnel soit traité avec une telle dureté quand, dans le même temps, la qualification juridique du retrait momentané de l’équipe sénégalaise ou d’autres comportements ayant perturbé la finale semble avoir été traitée avec une indulgence calculée ? La question qui se pose est celle de la cohérence et de la proportionnalité. De nombreux observateurs, y compris des juristes et d’anciens responsables de la CAF, soulignent les incohérences d’une décision où la sévérité affichée à l’égard du Maroc ne s’accompagne pas d’un traitement aussi ferme et transparent de tous les protagonistes. Les suspensions de joueurs marocains et les amendes infligées à la FRMF s’ajoutent au rejet de la réclamation fondée sur les articles 82 et 84, là où la gestion du comportement de l’adversaire et des incidents ayant conduit à l’interruption du match, aux blessures de vaillants stadiers et aux équipements saccagés, laisse un goût d’inachevé. Ce déséquilibre alimente le sentiment que la CAF a cherché un « équilibre politique » plutôt qu’une justice sportive lisible. Vos déclarations, Monsieur le Président, annoncent certes une réforme du Code disciplinaire, des sanctions plus « appropriées et dissuasives » et la volonté de protéger l’intégrité du football africain. Vos propos confirment donc que ce qui a été constaté lors de la finale doit être lourdement réprimandé. La défense de l’intégrité du football africain devait logiquement commencer là au vu des faits que le monde entier a qualifié de scandaleux sauf votre commission de discipline qui encourage ouvertement ainsi l’indiscipline. Aux yeux de millions de Marocains, qui ont investi des milliards de dirhams dans leurs infrastructures et engagé leur image internationale à quelques années d’une Coupe du monde 2030 co organisée, cette soudaine lucidité arrive trop tard et ressemble à une opération de rattrapage. On ne reconstruit pas la confiance avec des promesses abstraites, mais avec des décisions qui donnent le sentiment d’une égalité de traitement, d’une lecture rigoureuse des textes et d’un respect pour les sacrifices consentis par les pays hôtes. En réalité, ce qui se joue dépasse largement un simple contentieux disciplinaire : c’est le contrat moral entre la CAF et ses membres les plus engagés qui est en cause. Quand un pays qui prend des risques pour accueillir vos compétitions a le sentiment d’être transformé en bouc émissaire pour masquer vos propres défaillances, la relation devient toxique. Et si le Maroc vous disait aujourd’hui : basta. Il ne peut pas, il ne doit pas, payer pour les ambiguïtés juridiques, les hésitations politiques et la gouvernance vacillante d’une confédération qui se retranche derrière l’« indépendance » de ses instances, tout en refusant d’assumer pleinement la portée de ses choix. La CAF en votre nom vient de franchir un autre pas vers la perfidie à l’encontre des bons élèves comme si les bons élèves qui travaillent pour le développement du football africain dérangeaient quelqu’un quelque part… Ne sommes-nous pas là en plein dans le syndrome du coquelicot qui dépasse les autres dans un champ. Oui nous y sommes Monsieur le président. Ceux qui n’aiment pas le succès des autres parce qu’incapables de faire de même chez eux ont triomphé. Ils ont menacé. Ils ont été écoutés. Le Maroc dérange par son développement, ses réalisations hors pair, ses victoires diplomatiques, son succès dans l’organisation et la qualité de ce qu’il a offert à votre confédération. Il en paie le prix. Le prix de la naïveté dont il a fait preuve.

Sanctions de la CAF : une justice disciplinaire à géométrie variable ? 135

Les décisions de la Commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF) concernant les incidents ayant émaillé la rencontre finale de la CAN entre le Sénégal et le Maroc sont désormais connues. Elles étaient attendues, scrutées, parfois redoutées. Mais au-delà de leur simple annonce, c’est leur **cohérence, leur proportionnalité et leur équité** qui interrogent aujourd’hui. À première vue, la CAF a voulu frapper fort, donnant le sentiment de sanctionner les deux parties afin de préserver une posture d’équilibre. La CAF a simplement oublié qu'à la base le conflit était bel et bien entre le Sénégal et l'arbitre et point avec l'équipe du Maroc et donc le conflit opposait in fine le Sénégal à cette même CAF responsable de l'organisation et de l'arbitrage. Le Sénégal et le Maroc ont ainsi, selon la logique de la commission qui rappelons le est présidée par un sénégalais, été sanctionnés à des degrés divers. Pourtant, une lecture attentive des faits, confrontée au contenu même des décisions rendues, révèle une **asymétrie difficilement justifiable** entre la gravité des actes constatés et le poids des sanctions prononcées. Le ridicule n'est pas loin. Le problème central c'est à dire l’arbitrage a été évacué simplement. L’élément le plus troublant réside sans doute dans l’**absence totale de référence à l’arbitre** dans le rendu de la Commission. Comme si celui-ci n’avait jamais existé. Or, les images et les témoignages concordent : l’arbitre a fait preuve, en fin de rencontre, d’une **irresponsabilité manifeste**. Comment justifier la reprise du jeu alors que les conditions minimales de sécurité n’étaient clairement pas réunies ? Le stade avait été envahi par des supporters officiels sénégalais, des équipements avaient été saccagés, et la tension était à son comble. En pareilles circonstances, les règlements sont clairs : la priorité absolue doit être donnée à la sécurité des joueurs, des officiels et du public. En ignorant cette dimension, la Commission de discipline passe à côté d’un **maillon essentiel de la chaîne des responsabilités**. Elles sont pourtant bien identifiées. Il ne s’agit pas ici d’exonérer totalement la partie marocaine. Des comportements répréhensibles ont existé, et certaines réactions, à chaud, pouvaient être évitées. Mais la nature et la gravité de ces actes restent **sans commune mesure** avec ceux imputables à la délégation sénégalaise et à son environnement immédiat. L’exemple le plus frappant demeure la sanction infligée à Achraf Hakimi. Lui reprocher d’avoir tenté de retirer une serviette appartenant au gardien sénégalais, objet qui, soit dit au passage, n’avait rien à faire sur l’aire de jeu, relève davantage de la **recherche d’un équilibre artificiel** que d’une application rigoureuse de l’esprit disciplinaire. La commission a sanctionné là le joueur que la CAF avait désigné : Joueur fairplay du tournoi. Quel paradoxe!!! Peut-on sérieusement placer ce geste au même niveau que des débordements impliquant envahissement de terrain et dégradations d’infrastructures ? Préjudice à l'image du football mondial au delà de celui africain. L'opportunité d'un tel amalgame dans le dossier et la proportionnalité des sanctions sont manifestement discutables. C’est précisément sur ce terrain de la proportionnalité que la décision de la CAF vacille. Les sanctions infligées au camp marocain apparaissent **relativement lourdes** au regard des faits qui lui sont reprochés, surtout lorsqu’on les compare à celles concernant la partie sénégalaise, pourtant associée à des incidents structurellement beaucoup plus graves. Cette disproportion affaiblit le discours de ceux qui, au Sénégal et ailleurs, dénonçaient une supposée « mainmise » du Maroc sur les instances de la CAF. Si une telle influence existait réellement, comment expliquer que le Maroc se retrouve, lui aussi, lourdement sanctionné ? Où est cette prétendue protection institutionnelle quand les décisions disciplinaires semblent, au contraire, s’exercer avec une rigueur particulière à son encontre ? Alors on peut regretter l'occasion manquée pour la CAF de montrer un nouveau visage de puissance et de justice. La Commission de discipline de la CAF a manqué une occasion précieuse : celle de **clarifier les responsabilités**, de réaffirmer le rôle central de l’arbitrage et de poser des jalons crédibles pour la gestion des crises dans les compétitions africaines. En choisissant une forme de symétrie punitive plutôt qu’une analyse fine des faits, elle entretient le malaise, alimente les suspicions et laisse les acteurs du jeu: joueurs, dirigeants et supporters dans une zone grise où l’injustice perçue devient plus dommageable que la sanction elle-même. Le football africain mérite mieux qu’une justice disciplinaire à géométrie variable. Il mérite une autorité capable d’assumer ses choix, de nommer les responsabilités là où elles se trouvent réellement, et de protéger l’essentiel : l’intégrité du jeu et la sécurité de ceux qui le font vivre. Aujourd'hui certains rigolent sous cape parce qu'ayant échappé à de vraies sanctions proportionnelles à leurs méfaits, d'autres sont estomaqués, d'autres encore concluent à la non maturité de cette instance africaine, comme d'autres instances continentales d'ailleurs. Une piètre image d'un continent où la jeunesse aspire au développement et à un avenir radieux et pour qui le football et les footballeurs sont les modèles. Le football africain a t il raté l'occasion de servir d'exemple? La CAF s'est elle trompée de communiqué ou de match? En tous cas il y a bien une partie gagnante qui passe sous les radars tranquillement; la partie ayant été à l'origine de tous cela. Tel un fuyard, la commission a publié son communiqué à une heure impossible...Rigolo non? A se demander s'il faut garder espoir et aller plus loin dans la procédure ou bien se résigner à admettre qu'il n' y a pas d'espoir pour une instance footballistique africaine juste et crédible.

Najib Salmi, une conscience qui s’éteint, un héritage qui demeure 167

Najib Salmi s’en est allé, et avec lui se referme l’une des plus belles pages du journalisme sportif marocain. Mais, au-delà de l’hommage collectif, c’est aussi une page intime de ma propre vie de chroniqueur, de confrère et d’ami qui se tourne. Il laisse derrière lui un héritage professionnel immense et, surtout, une empreinte humaine indélébile. Il a été sans doute la plus grande plume du sport marocain pendant des décennies. Pendant plus de quarante ans, Najib Salmi a incarné une certaine idée du journalisme sportif, exigeante et responsable. Il a, en fait, initié une école de journalisme sportif, lui qui est tombé dedans un peu par hasard et s’y était plu. Figure centrale du quotidien L’Opinion, dont il a dirigé la page sportive, il a marqué des générations de lecteurs, notamment à travers sa chronique devenue culte, « Les points sur les i », espace rare où la liberté de ton se conjuguait avec la rigueur intellectuelle et le sens de l’intérêt général. Il était à lui seul une institution. Il appartenait à cette génération pour laquelle le journalisme sportif n’était ni divertissement creux ni caisse de résonance des passions aveugles, mais un acte de service public. À une époque où le sport marocain entrait dans l’ère de la professionnalisation, de l’argent et de la médiatisation excessive, sa plume savait dénoncer les dérives, pointer les responsabilités et saluer, avec la même honnêteté, les avancées et les réussites lorsqu’elles étaient réelles. Najib Salmi ne fut pas seulement un grand chroniqueur, il fut aussi un bâtisseur. À la tête de l’Association marocaine de la presse sportive, de 1993 à 2009, il s’est battu pour la reconnaissance du métier, la défense de son éthique et la dignité de ceux qui l’exercent. Il a contribué à inscrire le journalisme sportif marocain dans les instances régionales et internationales, avec une crédibilité forgée sur le sérieux et la constance. N'est ce pas dans un congrès qu'il organisa à Marrakech que notre ami Gianni Merlo fut élu président de l'AIPS. N'est ce pas lui seul qui titra sur Said Aouita jeune prodige alors. Il venait d'établir un nouveau record national des 1500m...Il dira de lui sans se tromper qu'il ira très loin. Il aura été le soutien de générations de grands athlètes. Il était présent à tous les championnats du monde et au jeux olympiques. Il me soutenait ainsi avec force et détermination. Homme de principes, discret mais inflexible sur l’essentiel, il considérait que le respect du lecteur et la véracité de l’information n’étaient pas négociables. Cette rectitude morale, rare dans un environnement souvent soumis aux pressions et aux intérêts, lui a valu d’être reconnu par ses pairs comme une véritable école du journalisme sportif. Abdellatif Semlali, ministre légendaire de la Jeunesse et des Sports, son ami, se plaisait à l’appeler « Monsieur à côté ». Il l’était effectivement. Jamais il n’a été dans le moule de qui que ce soit, même quand, un laps de temps, il avait rejoint Le Matin du Sahara, alors dirigé de main de maître par Moulay Ahmed Alaoui. Pour moi, Najib Salmi n’était pas seulement une référence professionnelle, il était un ami, un frère et un mentor. C’est grâce à sa confiance que j’ai pu, pendant des années, écrire dans les pages sportives de L’Opinion, apprendre le métier au quotidien, ligne après ligne, sous son regard attentif et bienveillant, subissant ses sautes d’humeur et, surtout, la correction du style et de la syntaxe. Il m’a transmis bien plus que des techniques d’écriture : une conception de ce que doit être la chronique fondée sur la probité, le travail de fond et le refus de la facilité. Aujourd’hui encore, si je continue à écrire, c’est aussi parce que demeure cette voix intérieure qu’il a su faire naître, celle qui rappelle qu’on ne trahit ni le sport, ni le lecteur, ni la vérité. Najib Salmi s’est éteint à l’âge de 78 ans, après une longue lutte contre la maladie, laissant un vide immense dans les rédactions de L’Opinion et de Challenge, auxquels il a contribué avec force et assiduité. Il laisse un vide immense dans le cœur de tous ceux qui ont croisé sa route. Il reposera au cimetière des Chouhada à Rabat, là où lui-même avait accompagné tant d’autres amis et connaissances, de proches et de confrères, et beaucoup de ceux qui ont grandi à l’ombre bienveillante de sa plume. Que Dieu l’accueille en Sa miséricorde. À l’ami, au frère, au maître qui m’a montré le chemin, je ne peux dire qu’une chose : merci, Najib, pour les moments délicieux partagés, pour les mots, pour les leçons et pour l’exemple. Les lecteurs regretteront Najib Salmi, la famille, les intimes et moi enterrons Saïd Hejaj. Said Hejaj s'en va paisiblement se reposer. Najib Salmi se racontera lui dans l'histoire.

De la passion au sens : la CAN comme épreuve de vérité pour l’africanité... 235

Le communiqué du Cabinet royal, publié le 22 janvier 2026 à l’issue de la CAN 2025 organisée avec brio par le Maroc, conjugue appel au calme après l’épisode du retrait sénégalais et célébration d’un succès organisationnel salué en Afrique et au‑delà. Par un ton mesuré et prospectif, il transforme une tension sportive en démonstration de leadership continental responsable, fidèle à une vision de long terme pour une Afrique unie et prospère. **A travers le ton et le contenu du message royal, on comprend qu'une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus : la réussite marocaine est aussi une réussite africaine. ** La CAN 2025 a confirmé la capacité du Maroc à faire d’un tournoi continental un levier de développement et de rayonnement. L'Organisation fluide, les infrastructures modernisées, les afflux massifs de supporters et la dynamisation de secteurs clés tel le tourisme, les transports, le commerce et les services, ont généré des retombées de plusieurs milliards de dirhams et environ 100 000 emplois directs et indirects, avec plus de 3 000 entreprises mobilisées et quelque 500 000 supporters transportés par Royal Air Maroc. Le message royal replace cette réussite dans une trajectoire plus large : celle d’un *"grand pays africain" *qui, en vingt‑quatre mois, a gagné l’équivalent d’une décennie de développement en infrastructures et en savoir‑faire, au service de son peuple et de son continent. Sans occulter le caractère *"malheureux"* des incidents de la finale Maroc–Sénégal, le communiqué choisit la hauteur plutôt que la polémique. En rappelant qu’une fois la passion apaisée, *"la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus"*, il propose une lecture adulte des émotions collectives et souligne que le peuple marocain *"sait faire la part des choses"* et refuse la rancœur. La défaite sportive se mue ainsi en victoire symbolique et diplomatique : les *"desseins hostiles"* et le dénigrement sont neutralisés par la constance stratégique, la confiance en soi et l’ancrage africain du Royaume. Le public marocain dans le stade a été le témoin d'une tragédie grotesque, montée de manière délibérée et préméditée mais n'a pas été dupe. Il a vite compris et gardé son calme et son flegme, alors que lourdement blessé. Un comportement remarqué et remarquable qui l'honore et honore le Royaume. Dans les faits, comme dans l’histoire, les relations Maroc–Sénégal sont empreintes d’une fraternité consolidée, raffermie à chaque occasion. Le message royal prend donc une portée particulière vis‑à‑vis de ce pays frère, avec lequel les relations sont qualifiées *d’"exceptionnelles et stratégiques"*, fondées sur une mémoire partagée, une solidarité africaine assumée, une fraternité religieuse profonde et de fortes convergences économiques. La tenue, les 26 et 27 janvier à Rabat, de la 15e Haute Commission mixte maroco‑sénégalaise, assortie d’un forum économique, donne un contenu concret à cette fraternité résiliente en relançant investissements, projets conjoints et coopération Sud–Sud au service des deux peuples et par extension à tous ceux de la région. Au‑delà des protagonistes de la finale, le communiqué s’adresse à l’ensemble des peuples africains en rappelant que *"rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles"* ni la *"coopération fructueuse"*nouée avec les pays du continent. Il inscrit la CAN 2025 dans une stratégie de long terme : capitaliser sur un capital immatériel fait de confiance, de visibilité et de crédibilité, et en faire un tremplin vers les prochains rendez‑vous, notamment la Coupe du monde 2030, dans une Afrique qui assume sa place sur la scène mondiale, cherche à l'assoir dans la continuité et à la consolider. Dans cet esprit, il importe de refuser que les dérives: racisme, discours de haine, manipulations médiatiques ou idéologiques , viennent ternir notre africanité ou en nier la dignité profonde. Être africain, c’est d’abord partager une géographie, une histoire, des cultures, des luttes et un destin commun, au‑delà des frontières, des résultats sportifs ou des conjonctures politiques. Nous ne sommes pas condamnés à reproduire la bêtise et l’hostilité ; au contraire, nous avons la responsabilité collective de faire de l’espace public un lieu de rencontre, d’écoute et de fraternisation, où l’intelligence, le respect inconditionnel de la dignité humaine et la curiosité de l’autre l’emportent sur l’insulte et la stigmatisation. Dans la droite ligne du message royal, cette CAN doit rester comme un rappel : notre avenir africain ne se construira ni dans la haine ni dans l’imitation des pires réflexes, mais dans la capacité à transformer les tensions en apprentissages, les compétitions en passerelles et les désaccords en occasions de dialogue. **Nous sommes africains, ensemble, par la mémoire et par le futur, et c’est cette conscience partagée qui peut faire de nos stades, de nos villes et de nos débats des espaces d’élévation plutôt que des scènes de division.** Les tentatives de déstabilisation voulues par certains peuvent, au mieux, troubler l’horizon le temps d’une compétition, mais elles ne sauraient s’installer durablement dans la conscience des peuples. À mesure que les faits se dévoilent, elles se retournent contre leurs auteurs, désormais exposés au regard du monde, incapables de masquer indéfiniment leurs échecs, la pauvreté de leur esprit et la petitesse de leurs desseins. **Là où la manipulation s’épuise, la vérité finit toujours par s’imposer, et avec elle la dignité des nations qui misent sur la construction, la fraternité et l’avenir plutôt que sur l’intrigue et la division.**

Le “Conseil de la paix” de Trump : pragmatisme stratégique ou signal d’alarme pour l’ordre international ? 213

L’invitation adressée par le président américain Donald Trump à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour intégrer le nouveau « Conseil de la paix » marque un tournant significatif dans la pratique contemporaine des relations internationales. Elle ne relève ni du protocole ni du symbolique, mais s’inscrit dans une reconfiguration assumée des mécanismes de gestion des conflits mondiaux. L’acceptation de cette invitation par le Souverain, alors que le président algérien n’a pas été convié et que l’Afrique demeure largement sous-représentée pour ne pas dire ignorée, souligne une logique sélective fondée non sur la géographie ou l’idéologie, mais sur l’utilité politique telle que perçue de l'acteur mondial que sont les USA. Dans le communiqué officiel annonçant l'acceptation du Souverain, il a été explicitement rappelé les fondamentaux de la diplomatie marocaine vis à vis de la question palestinienne et notamment la solution à deux états vivant côte à côte. Les relations de confiance tant avec les parties arabes concernés notamment les palestiniens de Gaza et ceux de Cisjordanie d'un coté, qu'avec Israël de l'autre, laisse entrevoir parfaitement le rôle qui sera celui du Royaume dans l'instauration de la paix et pour la reconstruction de la région. N'est ce pas une façon directe de consacrer une diplomatie de résultats face à l’essoufflement du multilatéralisme qui bat de l'aile depuis belle lurette. Depuis des décennies, les grandes institutions internationales, au premier rang desquelles l’ONU, peinent à résoudre des conflits prolongés. Le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto, les processus de paix sont figés, les missions onusiennes sans horizon politique clair : les symptômes d’un système saturé sont évidents. Le Conseil de la paix voulu par Donald Trump s’inscrit lui dans une logique de rupture. Il ne cherche ni à produire du droit international ni à imposer des normes universelles, mais à créer un cadre informel de négociation directe entre acteurs influents, y compris ceux que le système onusien peine à intégrer de manière opérationnelle. Dans ce contexte le Maroc est surement un acteur de stabilité et un médiateur discret, crédible et efficace. La présence du Roi du Maroc dans cette instance reflète une reconnaissance internationale d’un modèle diplomatique fondé sur la stabilité, la continuité et le pragmatisme. Le Maroc s’est imposé comme un acteur capable de dialoguer avec des partenaires aux intérêts divergents, tout en maintenant une ligne stratégique claire et chacun sait que c'est Sa Majesté lui même qui à a initié cette vision et qui conduit cette diplomatie distinguée. C'est ce qui explique le caractère particulier de l'invitation adressée au souverain. À l’inverse, l’exclusion de certains États révèle les limites d’une diplomatie fondée sur la conflictualité permanente et la posture idéologique aveugle. Dans une logique trumpienne, l’efficacité prévaut sur la représentativité. Le pragmatisme sur la stérilité et l'aveuglement idéologique désuet. La question est alors de comprendre si dans ce contexte l'ONU est marginalisée ou poussée à la réforme ? Ce Conseil ne signe pas la fin de l’ONU pour l'immédiat en tout cas, mais en expose la crise existentielle. Si une instance parallèle parvient à obtenir, rapidement, des résultats tangibles, comme cela est revendiqué sur certains dossiers africains entre autres, alors la question de la légitimité fonctionnelle du système onusien se posera avec acuité. L’initiative du Président Trump peut ainsi être interprétée comme un déclencheur : soit d’un affaiblissement progressif de l’ONU qu'il n'affectionne pas trop, soit d’une réforme profonde de ses mécanismes décisionnels, notamment du Conseil de sécurité. Et comme le président Trump est déjà à mi mandant et qu'il ne peut en briguer un autre, alors il faut comprendre que les choses vont aller très vite. Le contexte est aussi très particulier avec une fracture transatlantique révélatrice d'un malaise qui couve depuis le premier mandant de Trump qui n'accepte plus de défendre une Europe hostile et de plus en plus tributaire des budgets américains pour cette défense. Le refus de pays européens, dont la France, de rejoindre cette nouvelle instance traduit une divergence stratégique croissante entre l’Europe et les États-Unis. Là où Washington privilégie le rapport de force et la négociation directe, l’Europe demeure attachée à un multilatéralisme normatif, parfois déconnecté des réalités du terrain. Son hypocrisie diplomatique et ses deux poids deux mesures sur pas mal de questions sont ici mis à nu. Sa position et son enlisement en Ukraine témoigne bien de la situation anachronique de sa stratégie. L'invitation de Vladimir Poutine, accentue cette fracture, notamment dans le contexte des conflits en Ukraine et des tensions géopolitiques en Arctique. L'Europe ne sait plus sur quel terrain aller avec le Président Trump. Comment interpréter le propos du Président Macron qui, à Davos, dit qu'il n'acceptait pas la loi du plus fort sans le nommer. C'est qui le plus fort dès lors que celui à qui il fait illusion est bien l'initiateur du nouveau Conseil...Ne s'agit il pas ici véritablement d'un partage de puissance? Pourquoi alors refuser d'en faire partie! Et puis à Trump de répondre à Macron en refusant une invitation à une réunion du G7... Le Conseil de Paix de Donald Trump pour l'instant, n’est ni une alternative institutionnelle complète à l’ONU ni une simple initiative conjoncturelle. Il est le symptôme d’un monde impatient face à l’inefficacité des cadres traditionnels. Dans ce contexte, le rôle qui sera celui du Roi du Maroc illustre la montée en puissance d’acteurs capables d’articuler pragmatisme, stabilité et crédibilité internationale. Plus qu’un changement d’architecture, cette initiative révèle une transformation profonde des règles implicites de la gouvernance mondiale. Et comme le siège du Conseil n'est pas encore connu pourquoi ne pas le voir s'installer au Maroc. L'invitation spéciale adressée à Sa Majesté le Roi Mohammed VI est de bonne augure et peut être aussi comprise dans cette optique. Le Maroc deviendrait ainsi le centre névralgique de la Paix dans le monde.

CAN 2025: Quand le Maroc croit en lui-même et en l'Afrique... 209

En 1961, John F.Kennedy lançait aux Américains un défi devenu immortel: «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays.» Cet appel à la responsabilité individuelle a contribué à forger un état d’esprit collectif fondé sur l’engagement civique et le dépassement de soi. Les USA contemporains portent encore, à bien des égards, l’empreinte de cette philosophie. Des décennies plus tard, Barack Obama galvanisait les foules avec «Yes we can», un cri d’unité et de détermination collective, tandis que Donald Trump popularisait «Make America Great Again», slogan de renaissance nationale. Ces formules ne sont pas de simples mots : elles cristallisent des moments où un peuple se redécouvre, se mobilise et se projette vers l’avenir. Une sorte de régénérescence d'une puissance qui a peur de choir, une façon de revigorer une nation qui aurait tendance à s'oublier ou à dormir sur ses lauriers? Le Maroc a également connu cette grammaire de la mobilisation nationale. Feu Hassan II rappelait avec force, dans un de ses discours: « Nous n’atteindrons cet objectif qu’en traduisant le nationalisme en citoyenneté et en faisant passer la conscience nationale du simple amour pour la patrie à un engagement effectif pour contribuer à l’édification d’un Maroc qui soit l’objet de la fierté de tous les Marocains. » Une vision fondatrice : aimer le Maroc ne suffit pas, il faut le construire. Dans le même esprit, Sa Majesté le Roi Mohammed VI disait, à l’occasion de la Fête du Trône de 2019, que « le Maroc appartient à tous les Marocains car il est notre maison commune », appelant chacun à contribuer à son édification, à son essor, ainsi qu’à la préservation de son unité, de sa sécurité et de sa stabilité. Plus récemment, lors de la Fête du Trône de 2024, le Souverain insistait de nouveau sur la nécessité de « mutualiser les efforts de tous les Marocains » et en appelait à leur patriotisme ainsi qu’à leur sens des responsabilités individuelles et collectives. Un message qui résonne, à la marocaine, comme un « Yes we can » national, destiné à surmonter les défis socio‑économiques et à consolider les acquis. La CAN 2025 : un révélateur de confiance nationale. C’est dans ce contexte que le Maroc a connu un tournant majeur avec l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Bien avant le coup d’envoi, la CAN agissait déjà comme un puissant révélateur : révélateur du niveau de développement atteint par le Royaume, mais aussi de la confiance retrouvée des Marocains en leurs capacités collectives. La compétition internationale ainsi accueillie par le Maroc a montré une capacité inégalable : stades modernes répondant aux standards les plus exigeants, réseaux autoroutiers étendus, hubs ferroviaires performants, villes de plus en plus propres et organisées, civisme largement salué par les visiteurs. Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech ou Agadir comme exemple seulement, incarnent ce Maroc qui avance, qui investit et qui se projette vers un avenir radieux. Ces progrès ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d’une vision stratégique impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et traduite par des investissements structurants : plus de 2 000 km d’autoroutes réalisés depuis le début des années 2000, le complexe portuaire Tanger Med devenu une référence mondiale du transbordement, ou encore une politique énergétique ambitieuse visant plus de 52 % d’énergies renouvelables dans le mix national à l’horizon 2030. La CAN 2025 vient ainsi consacrer un processus de long terme, et non un simple coup d’éclat. Résilience, solidarité et crédibilité internationale. Avant même l’échéance sportive, le séisme d’Al Haouz en septembre 2023 avait déjà mis en lumière la résilience de la nation marocaine. Face à une tragédie humaine majeure, la solidarité spontanée: collectes massives, volontariat citoyen, mobilisation des institutions et l’intervention rapide de l’État sous l’impulsion royale ont démontré la solidité du lien national. La reconstruction engagée a renforcé la conviction que le Maroc sait faire face à l’adversité. Dans le même temps, les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une trajectoire globalement positive : amélioration progressive du PIB par habitant sur le moyen terme, montée en puissance de secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et les énergies vertes, affirmation du Royaume comme acteur diplomatique central en Afrique. Cette crédibilité internationale, parfois source de crispations ou de critiques régionales, confirme surtout que le Maroc a franchi un cap stratégique. Un succès qui appelle plus d’engagement. Mais ce succès n’est pas une fin en soi. Il appelle davantage d’efforts individuels et collectifs, davantage de confiance mutuelle entre citoyens, entreprises et institutions. Plus que jamais, la question posée par Kennedy reste pertinente: « Qu’est‑ce que je fais pour mon pays ?» Chaque Marocain, à son niveau, est interpellé. Cette dynamique repose sur un dénominateur commun : la solidarité, prolongée par le travail, l’innovation et la responsabilité. Elle se traduit par des initiatives locales, par l’essor de pôles technologiques à Casablanca, Rabat ou Tanger, par l’investissement dans le capital humain et par l’adhésion au Nouveau Modèle de Développement, qui vise un Maroc plus inclusif, plus productif et mieux positionné dans l’économie mondiale. Une ambition africaine assumée. La CAN 2025 doit également être comprise comme un moment de fraternité africaine. Le Maroc y a affirmé sa vocation continentale : tirer vers le haut, partager l’expérience, renforcer les partenariats Sud‑Sud et les interdépendances économiques. Les défis sécuritaires, climatiques, sociales et économiques sont communs ; les réponses doivent l’être aussi. Le destin du Maroc est indissociable de celui de l’Afrique et celui de l'Afrique dépend aussi du Maroc. Un Maroc prospère est une excellente locomotive pour le reste du continent et notamment dans la région. Les critiques stériles et les jalousies ancrées ou passagères ne résistent jamais longtemps au sérieux du travail, à la constance de l’effort et à la clarté de la vision. Seuls demeurent les pays qui avancent, investissent et rassemblent. Une mission claire. La mission est désormais limpide : persévérer, viser plus haut, plus fort et plus uni, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Non pas en copiant des slogans importés, mais en innovant, en assumant notre singularité et en occupant, avec confiance, la place qui est naturellement celle du Maroc sur l’échiquier mondial. Oui, Yes we can, à la marocaine. Construisons ensemble un Maroc plus fort et une Afrique plus confiante, non par le dénigrement ou la comparaison stérile, mais par le travail, la complémentarité et l’engagement collectif. Le monde avance et n’attend personne. Le Maroc l’a compris. À chacun désormais de choisir : accompagner ce mouvement ou rester à l’écart de l’Histoire. Les coupes de football il y en aura toujours.

Le Maroc face au syndrome du coquelicot : quand la réussite devient une cible.. 228

On parle couramment du « syndrome du coquelicot rouge », ou *Tall Poppy Syndrome* en anglais. Il s'agit d'une théorie sociologique et culturelle selon laquelle, dans certains groupes ou sociétés, ceux qui dépassent les autres, réussissent trop ou se distinguent excessivement sont critiqués, rabaissés ou « coupés », afin de préserver une forme d’égalité apparente au sein du groupe. En bref, la réussite dérange et devient préjudiciable à ceux qui en manquent. On agit alors tous azimuts pour ne serait-ce que dénigrer et médire de ceux qui excellent. La métaphore vient précisément de l’idée que, dans un champ de coquelicots, ceux qui poussent plus haut que les autres sont coupés pour que le champ reste uniforme. Le syndrome du coquelicot rouge désigne donc cette mécanique bien connue par laquelle une réussite trop visible appelle non l’émulation, mais la volonté de la rabaisser par n'importe quel moyen. À l’échelle régionale africaine, le Maroc en est aujourd’hui l’illustration la plus nette. Non pas parce qu’il s’autoproclame modèle, mais parce que ses performances s’imposent d’elles-mêmes, provoquant crispations, jalousies et stratégies d’entrave. En gros, un Maroc qui dérange parce qu’il réussit. Le Royaume n’a cessé, ces dernières années, d’accumuler des réussites structurantes : diplomatie africaine active, infrastructures de grande qualité, notamment sportives de rang mondial, crédibilité organisationnelle reconnue, et résultats sportifs qui ne relèvent plus de l’exception mais de la continuité. Cette dynamique, loin de fédérer autour du pays, a réveillé chez certains acteurs régionaux une obsession de la contestation systématique, sans aucun scrupule ni limite. L’organisation de la Coupe d’Afrique au Maroc aurait dû être consacrée comme un moment d’unité continentale de réussite collective de tous les africains. Elle s’est au contraire transformée, pour ses détracteurs, en terrain d’une guerre de nuisance visant moins l’événement que le pays hôte lui-même. Le voisinage n’est pas étranger à la stratégie évidente de sabotage indirect que chacun peut parfaitement vérifier. Dans ce contexte, il serait naïf de ne pas voir le rôle joué par l’Algérie, enfermée dans une rivalité devenue presque doctrinale avec le Maroc. Incapable de rivaliser sur le terrain de la performance, Alger a depuis longtemps déplacé le combat vers celui de la décrédibilisation, de la suspicion et de l’agitation périphérique. Faute de pouvoir empêcher l’attribution ou le déroulement de la compétition, la stratégie a consisté à polluer son environnement narratif : remettre en cause l’équité, semer le doute sur l’arbitrage, insinuer des collusions, fabriquer du soupçon là où les faits résistent. Une méthode classique : quand on ne peut pas faire tomber le coquelicot, on tente d’en ternir la couleur. Et comme cela trouve toujours appui chez certains, des relais médiatiques idéologisés ont parfaitement pris le relais. Cette entreprise n’aurait pas eu la même portée sans le concours actif de certains journalistes français idéologiquement alignés, souvent issus de milieux marqués par une hostilité ancienne au Maroc et à sa monarchie. Tout au long de la compétition, une partie de cette presse dite « progressiste » a déversé un venin fait d’insinuations, de procès d’intention et de mises en cause à peine voilées de la Fédération Royale Marocaine de Football et de ses dirigeants sinon de l'Etat marocain. Le journalisme d’enquête a ici cédé la place à un militantisme déguisé, où le soupçon tient lieu de preuve et où la réussite marocaine devient, par principe, suspecte. Ce traitement n’était ni neutre ni innocent : il participait d’une stratégie de délégitimation, soigneusement entretenue. Par ricochet sont apparues certaines complicités africaines, et des frustrations recyclées se sont décomplexées. Plus préoccupant encore, certaines attitudes de responsables ou dirigeants africains, ont alimenté ce climat délétère. Déclarations intempestives, contestations outrancières, postures victimaires déplacées : autant d’éléments qui ont donné le sentiment que des frustrations sportives ont été recyclées en accusations politiques, au mépris de l’éthique sportive. Qu’il y ait eu instrumentalisation consciente ou simple opportunisme, le résultat est le même : une tentative de fragilisation du Maroc par des voix censées incarner l’esprit de fraternité africaine. Mais malgré tout, la manœuvre a échoué et elle est en train de se retourner contre ses instigateurs. Car malgré tout, la réalité est têtue. La Coupe d’Afrique au Maroc a été une grande réussite organisationnelle, populaire, financière, médiatique, économique et sportive. Les supporters africains, les délégations et les observateurs honnêtes l’ont vu et vécu. Les campagnes de suspicion n’ont pas masqué l’essentiel : le Maroc a livré ce qu’il avait promis. En définitive, cette séquence révèle une vérité simple et dérangeante : le problème n’est pas que le Maroc gagne, organise et avance. Le problème, pour certains, est qu’il le fasse trop bien, trop visiblement, trop durablement alors qu'ils n'y arrivent point. Et dans un champ de coquelicots africains, ceux qui s’acharnent à couper celui qui dépasse finissent souvent par révéler leur propre incapacité à grandir. Le beau coquelicot va continuer à pousser...surtout qu'il a bien été arrosé par une pluie abondante. Dieu merci. Quand aux Coupes, il y aura bien d'autres occasions pour en soulever...

CAN : l’urgence d’un code éthique pour restaurer l’esprit du football africain 350

La très récente Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, pourtant voulue comme une célébration du football africain dans toute sa diversité et sa ferveur, a laissé un goût amer, une grosse amertume, une déception incommensurable, une douleur immense et des blessés. Quel dommage que de récompenser ainsi un pays qui a tout donné pour que soit célébré l'Afrique. Quelle honte que de haranguer les foules jusqu'à leur faire commettre des agressions physiques et de peut être laisser orpheline une famille. Au-delà des performances sportives, plusieurs comportements observés tout au long de la compétition ont suscité l’incompréhension, l’indignation et parfois la honte. Des débordements verbaux, des attitudes provocatrices, des mises en cause répétées de l’arbitrage et des déclarations irresponsables de personnes sensées incarner les valeurs mêmes du sport ont terni l’image de la CAN. En conférence de presse, pourtant organisée par la CAF à la gloire du sport et en dehors, certains ont commis des propos invraisemblables, fruits de leurs imaginations débordantes et de petits calculs imbéciles. Le paroxysme de ces dérives a été atteint lors de la finale, avec le comportement indigne d'un entraîneur, aujourd'hui largement relayé et commentés par les médias et les réseaux sociaux. Quelles que soient les tensions inhérentes à un match de ce niveau, rien ne saurait justifier des attitudes contraires aux valeurs du sport, de respect et de fair-play. Ce n’est pas seulement une question d’émotion ou de rivalité, mais une question de responsabilité vis à vis d'une jeunesse et d'un continent en devenir. La CAN au Maroc n’a pas été une compétition comme les autres. Elle fut une vitrine du football africain, observée par le monde entier, suivie par des millions de jeunes qui y cherchent des modèles. Les entraîneurs, joueurs, dirigeants et officiels ne sont pas de simples acteurs : ils sont des référents, des symboles et des ambassadeurs. Face à cette réalité dommageable, il devient impératif que la Confédération Africaine de Football (CAF) franchisse un cap. Les sanctions ponctuelles, souvent perçues comme tardives ou incohérentes, ne suffisent plus. Il est temps d’instaurer un code éthique contraignant, clair et universel, que tout participant à la CAN serait tenu de signer avant le début de la compétition, dès les phases éliminatoires. Un engagement moral et juridique, condition sine qua non de participation. Un tel code n’aurait pas pour vocation de brider la passion ou la liberté d’expression, mais de fixer des limites claires entre la compétition et la dérive, entre la contestation légitime et l’irresponsabilité publique. Le dit Code Éthique de la CAN reposerait sur huit piliers clairs, précis et contraignants. **1. Les principes fondamentaux du code seraient:** * Le respect des valeurs du football : fair-play, intégrité, dignité et respect mutuel * Le respect de l’image et de la réputation du football africain * La responsabilité individuelle et collective de tout participant **2. Le comportement sur le terrain et en zone technique serait bien encadré:** * L'interdiction de tout comportement agressif, provocateur ou insultant * Le respect absolu des arbitres et officiels, quelles que soient les décisions * L'interdiction de gestes, propos ou attitudes incitant à la violence ou à la haine **3. Le comportement hors du terrain fait partie du tout:** * Le respect des adversaires, supporters, médias et institutions * L'interdiction de toute forme de discrimination: raciale, nationale, religieuse ou autres. * Le comportement doit être exemplaire dans les lieux publics, hôtels, stades et zones mixtes **4. La communication et déclarations publiques doivent respecter les règles avant tout:** * l'obligation de retenue et de responsabilité dans les déclarations médiatiques * L'interdiction de mettre en cause l’intégrité de l’arbitrage sans preuves établies sino devant les instances et non par toute autres voix. * L'interdiction d’incitation à la violence ou à la contestation hostile par le geste ou le verbe **5. La responsabilité des entraîneurs et dirigeants est fondamentales:** * L'obligation d’exemplarité renforcée en raison de leur rôle d’autorité * La responsabilité directe du comportement du staff technique * L'engagement à calmer les tensions et non à les attiser **6. Les réseaux sociaux et communication numérique fait partie du jeu et de la compétition:** * L'application du code éthique aux publications sur les réseaux sociaux * La responsabilité personnelle des messages publiés ou relayés * L'interdiction de propos diffamatoires, haineux ou provocateurs **7. Les sanctions doivent être exemplaires et sans complaisance:** * Des sanctions progressives et clairement définies : avertissement, amende, suspension, exclusion définitive * L'application immédiate et transparente des sanctions * La possibilité de sanctions aggravées en cas de récidive ou de faits graves **8. L'engagement formel est un préalable à la participation à toute compétition:** * La signature obligatoire du code par tous les joueurs, entraîneurs, dirigeants et officiels dans un document individuel accompagnant les listes de joueurs et officiels engagés dans une compétition africaines. * La signature du code est une condition préalable à toute accréditation pour la CAN * La reconnaissance écrite des sanctions en cas de violation est obligatoire Le but du code est bien évidemment d'instaurer l’exemplarité pour protéger l’avenir du football africain et ses compétitions. L'introduction d'un code éthique dans les procédures de participation aux CAN, n’est pas un aveu de faiblesse, mais un signe de maturité. Le football africain a atteint un niveau de visibilité et de compétitivité grâce à cette CAN au Maroc. Le niveau ainsi atteint impose des standards élevés et des garanties. On ne peut tolérer que par la faute d'un individu surchauffé tout un édifice s'écroule et que des vies soient menacées, voire perdues. La passion ne peut plus servir d’alibi à l’excès, la victoire ne justifiera jamais la perte de valeurs, la ferveur ne peut disculper un comportement excessif. La CAN doit rester une fête, pas un théâtre de dérives. En posant un cadre éthique clair, la CAF enverrait un message fort : le football africain se doit d'avancer, de se structurer et de se respecter. Le football doit rassembler et non provoquer la haine, l'hostilité, la répugnance, les crises entre nations ou encore servir de terreau à des froids diplomatiques...Pour ne pas dire plus.

Le départ d’Akhenouch du RNI : décision précipitée ou calcul stratégique ? 308

Mais que s’est-il réellement passé ? Pourquoi une annonce aussi foudroyante ? Pourquoi un départ aussi précipité de Si Aziz Akhenouch de la tête du Rassemblement National des Indépendants (RNI), alors même que tout semblait lui sourire ? Depuis qu’il en a pris les rênes en 2016, le RNI a connu une ascension fulgurante. D’une formation marginale avec une trentaine de députés, il est devenu la première force parlementaire après les législatives de 2021, avec 102 élus. Mieux, il conduit l’Exécutif, préside la Chambre des représentants et occupe une position centrale dans l’architecture institutionnelle. Sur les indicateurs classiques de puissance politique, Akhenouch est au sommet. Dès lors, une question s’impose : pourquoi partir maintenant ? Et surtout, pourquoi avancer dans l’urgence un congrès extraordinaire au 7 février, initialement prévu pour mars, pour un gain de temps modeste ? L’explication mérite mieux que les spéculations sur des forces occultes ou des complots en coulisses. Restons dans la logique politique, froide et rationnelle, pour expliquer la décision fracassante de Si Akhenouch, un leader atypique dans le paysage politique marocain. Qu’on l’apprécie ou non, Aziz Akhenouch incarne une politique décomplexée, moderne, presque “à l’américaine” : axée sur la performance, la communication et l’efficacité organisationnelle plutôt que sur l’idéologie. Il a anticipé les mutations du Maroc et accompagné la modernisation des infrastructures (TGV, ports, aéroports). Il a assuré une croissance économique avec un PIB en hausse de 3% en 2024 et des chiffres encore plus édifiants pour 2025, malgré l’inflation. Il a aussi subi ou provoqué une évolution sociologique majeure en matière de politique. Fini les partis nostalgiques de l’indépendance, figés dans des clivages gauche/droite ou rural/urbain. Akhenouch a séduit un électorat pragmatique, désidéologisé, peut-être même ou surtout la génération Z, sensible aux résultats concrets comme la couverture sociale élargie (AMO généralisée en 2023). Les gens veulent des réalisations pour faciliter leur vie quotidienne plutôt que des discours incantatoires. Mais de leader victorieux, Akhenouch est passé à bouc émissaire. Le pouvoir a un prix. Depuis sa nomination comme chef du gouvernement en 2021, il cristallise toutes les colères et frondes sociales. Pour l’opinion contestataire, il symbolise l’enrichissement illicite, la confusion affaires-politique, le “capitalisme prédateur”. Elle s'exprime souvent par des slogans à refrain, comprenant son nom explicitement. Essence à plus de 15 DH le litre ? C’est sa faute. Légumes en hausse de 20% ? Idem. Saturations hospitalières post-Covid ? Il aurait dû anticiper. Inondations pourquoi il n'a pas prévenu? Toute analyse rationnelle devient inaudible. Pourtant, loin de se replier, il a multiplié les grands meetings “made in USA” à travers le pays, affirmant la vitalité du RNI. Le message : aux prochaines élections, nous gagnerons. La certitude est bien là. Et là, plouf ! Le récent signal de l’Intérieur constitue un tournant décisif. C’est là que tout bascule. La préparation électorale relève du ministère de l’Intérieur. Dans les coulisses, des propositions de la mouvance Akhenouch: sur les investitures ou les circonscriptions auraient été ignorées ou retoquées. En politique marocaine, ces signaux ne sont jamais anodins. Fin stratège, intelligent qu'il est Akhenouch a perçu le vent tourner. D’atout majeur, il risquait de devenir un handicap électoral, une sorte d'invalidité pesante. Sa personne, plus que son bilan (réformes sociales, accords commerciaux UE-Maroc, chantiers ouverts), est perçue négativement ou quasiment improductive pour l'avenir. Que faire alors ? Peut-être partir pour sauver le RNI. Plutôt que de s’accrocher et d’attirer toutes les attaques, il choisit de se retirer en amont, de “nettoyer le terrain” et de redonner au parti un visage moins clivant. Rationalité pure. Reste l’inconnue des hommes. Le RNI actuel repose sur un rassemblement opportuniste de notabilités, souvent ex-PAM, au flair aiguisé et à la loyauté conditionnelle. Pour elles, Akhenouch était la clé du pouvoir. Son départ pourrait déclencher des défections vers d’autres partis ou carrément l’abandon de la politique par certains. Le retour au PAM de certains n'est pas à exclure... Le RNI risquerait ainsi de revenir à sa taille d’antan, à la case départ pour un probable retour plus tard avec d'autres gens, d'autres perspectives. Le mouvement déclenché ouvre une équation à plusieurs variables. Sans Akhenouch, le RNI perd sa locomotive charismatique, mais gagne en malléabilité. Pour le pays, c’est l’occasion d’un rééquilibrage subtil avant 2026. Certains partis pourraient rebondir sur le mécontentement social, tandis que d’autres miseront sur les syndicats et les “tansiqiyates”. Une recomposition générale s’annonce, avec des risques de fragmentation. Une chose est certaines la politique ne sera plus comme avant. 2026 donnera un autre Maroc que seuls les grands initiés peuvent imaginer. Le reste n'est que spéculations. Les marocains en décideront. En définitive, ce départ n’est ni fuite ni défaite, mais un choix stratégique fondé sur les rapports de force, les signaux institutionnels et la psychologie électorale. Il marque la fin d’un cycle et ouvre une ère d’incertitude pour tout le champ partisan marocain. L’histoire reste à écrire pour ceux qui, entre deux matchs, observent encore la politique. En tous cas Si Akhenouch vient de donner là une véritable leçon a tout ces leaders et imams qui s'accrochent au perchoir et ne veulent plus en descendre...Une fois qu'ils ont gouté aux privilèges qui vont avec... Les citoyens n'attendront pas longtemps avant de savoir qui va être leur prochain chef de gouvernement, leur prochain bouc émissaire.

Adieu Lhaj Abdelhamid Frej : Un pilier de l'athlétisme marocain s'en va... 390

Partie 1 *Cet article est paru dans le journal l'opinion sous ma signature le 26 septembre 2009*. Je voulais ainsi rendre hommage à un monument de l'athlétisme marocain: Lhaj Abdelhamid Frej. Il vient de nous quitter en ce 13 janvier 2026. Je n'ai rien trouver de mieux à faire en cette circonstance triste que de publier à nouveau ce texte. Qu'il repose en paix avec la satisfaction de la mission accomplie pleinement. Voici le texte: *Dans la tribune officielle du semi marathon de Rabat, organisé par le Fus place de la poste, voilà quelques mois déjà, j’avais eu le privilège et je pèse bien mes mots, de m’asseoir à la gauche de Si Abdelhamid Frej.* *Aujourd’hui octogénaire, Si Abdelhamid, ancien cadre de la conservation foncière, est aujourd’hui le doyen des dirigeants de l’athlétisme marocain.* *Venu du Fus au Stade Marocain dans les années 50 (je venais de naître), il y rejoignait feu Haj Jilali Elaoufir, emblématique président de la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme.*Si Abdelhamid a été le second secrétaire général de l’histoire de cette fédération après Feddoul Benzeroual*.* Eh oui, lui aussi a fait ses débuts en athlétisme.* Le lecteur va se demander où je veux en venir en évoquant une telle personnalité. Eh bien c’est une phrase que me chuchot Si Abdelhamid à l’oreille qui m’a fait penser à ces quelques lignes. Il me dit en substance, « Hna maak qalban wa qalaban ». J’avoue que j’ai eu la chair de poule à entendre un si humble et discret personnage du sport national me parler ainsi. Il insinua et marqua en fait sa position, vous l’avez vite deviné, vis-à-vis des propos pour le moins abjects véhiculés à mon égard par le prétendu président de la ligue d’athlétisme de Casablanca. Je vais vous en épargner le nom pour ne pas lui donner l’importance qu’il ne mérite point et comme je n’ai jamais fait dans l’abject, je ne veux vraiment pas prononcer de gros mots. Ce qui m’importe ici est plutôt d’évoquer quelqu’un qui depuis les années cinquante a toujours œuvré en silence dans la promotion de l’athlétisme en tant que secrétaire général, président délégué et vice président de la FRMA ; en tant que président du prestigieux Stade Marocain Athlétisme pour près de trente ans et depuis la disparition de feu Abderrahman Medkouri, en qualité de président de la ligue de Rabat et sa région. Si Frej a toujours été là dans une discrétion totale mais avec une efficacité maximale. C’est ainsi que tous nous l’apprécions et le respectons. Tous, c'est-à-dire les vrais gens de l’athlétisme car lui sommes reconnaissants de véritables sacrifices pour notre sport… Je veux ici lui rendre hommage pour ses qualités humaines et ses multiples compétences, pour cette discrétion dont devraient s’inspirer ceux qui aujourd’hui nous cassent les pieds et s’érigent en donneurs de leçons mais en vérité, dans une tentative perdue d’avance, de cacher échecs successifs et faiblesses. « mataiqerqbou ghir stola lkhaouine » La fuite en avant et l’autisme n’ont jamais mené nulle part. la réalité finit toujours par vous rattraper. Or la réalité de notre athlétisme n’est pas rose et se sont les chiffres et les statistiques qui le disent l’affirment et le confirment. Les chiffres sont têtus. Pourquoi s’obstiner à vouloir faire croire au marocain que tout va bien ? En déformant l’histoire, en diffamant et insultant de manière abjecte ceux qui n’ont fait que vous dire votre vérité en face ? Surtout quand ils bénéficient d’une légitimité historique et technique que vous êtes loin d’avoir. Mais passons. Si Abdelhamid Frej, était donc là assis à la seconde rangée au côté de Si Mohamed Ounaini, pendant près de 20 ans comptable compétent et honnête de l’école nationale d’athlétisme et de la FRMA et remercié dans le cadre de la réforme…Omar dans sa belle jellaba blanche et « tarbouche watani ». Quel beau représentant de son époque. Lhaj Omar était le compagnon fidèle de Haj Jilali Elaoufir. Au décès de celui-ci il s’était volontairement exilé en France où il rejoignit ses anciens amis athlètes. Ils ne cessent de rappeler les Charles loulou Benacoun (très grand sprinter d son époque, médaillé aux jeux méditerranéens avec Medkouri et Lamaachi Bouchaib décédé voilà longtemps déjà) et autres grandes figures de l’athlétisme d’après l’Indépendance. Beaucoup disent qu’il avait très bien fait de partir… Il y avait aussi Aziz Ismaili un autre fonctionnaire de la jeunesse et des sports ayant servi pendant plus de dix ans à la FRMA et qui a été rappelé au bercail…car dit on an avait besoin de lui…Depuis il s’ennuie quand même un peu dans les couloirs du ministère le père Aziz…lui qui était habitué à faire au moins une centaine de kilomètres par jour au service des athlètes…Il nous parla des conditions de son départ de la FRMA avec humour mais aussi beaucoup d’amertume et de regrets. C’est qu’il adorait son travail.*

Adieu Lhaj Abdelhamid Frej : Un pilier de l'athlétisme marocain s'en va... 369

Partie 2: Je m’attarde sur la deuxième rangée pour évoquer encore une fois la discrétion agissante de si Abdelhamid Frej. Président de la ligue, mais président discret. Pendant le temps durant lequel nous attendions l’arrivée des coureurs, car dans pareilles manifestations sportives, après le départ vous ne faites qu’attendre, j’ai écouté encore une fois le silence de notre ami, silence qui me rappela de grands noms de notre sport : Regragui, son éternel Tarbouche rouge et son élégance remarquable, Brahim Elhadad, aujourd’hui souffrant à Marrakech dans l’indifférence d’une FRMA qu’il a longtemps servie comme trésorier. N’est il pas aussi le fondateur de la ligue d’Oujda ? Merci à Bakir Benaissa et à Mahjoub Mouhcine qui lui rendent visite assez fréquemment. On parla aussi de feu Ibrahimi Brahim, le premier marocain à avoir été nommé lion de l’atlas à cause de sa belle chevelure, très grand athlète de son époque. Rappelez vous qu’il finira soigneur de l’équipe nationale de football. On parla aussi de Raymond Guillot figure emblématique de l’OM. Son dernier acte en athlétisme fut une lettre qu’il adressa à Nezha Bidouane, sociétaire de l’OM aussi juste après sa qualification à la finale des championnats du monde de 1997…Il ne verra pas la finale…Bref que de souvenirs. Et bien sur qu’on évoqua la situation de l’athlétisme national. La situation que tout le monde connaît maintenant. Quand de temps à autre si Abdelhamid prononça quelques mots, ce furent des mots d’espoir : ils vont finir par comprendre. Comprenez par ILS, ceux qui dirigent l’athlétisme aujourd’hui. « Mataybqa ghir elmaaqoul » martelait il de temps à autre et Ounaini d’évoquer comme il se plait à le faire souvent les moments de gloire de l’athlétisme. Lorsqu’un fonctionnaire de la FRMA arriva dans la tribune et s’assit juste devant Si Frej, Ounaini avec la touche d’humour qu’on lui connaît, n’hésita pas à dire « mataihchmouch hata y jiou maatlin » et Omar de rétorquer « had Siyid baada ja, fina houma alaadae aljamiyin ? » Il n’ y avait personne pour représenter officiellement la FRMA. Effectivement uu si grand semi marathon fut boudé par les membres du bureau fédéral. Ils sont plus présents dans la presse que sur les stades, rétorqua Ismaili. Et Si Frej dans tout cela ? Stoïque et calme comme à son habitude, il souriait. Un sourire qui en dit long sur l’amertume et la désolation de l’homme. Il en a vu des choses du genre, le père Frej, durant sa vie sportive, et n’a pas besoin de mettre des mots pour révéler le fond de sa pensée. Son sourire et sa mimique suffisaient. Je m’attendais à ce qu’à la fin de la manifestation, il soit appelé au podium pour remettre un prix. Rien n’en fut. Il a été oublié. Sa discrétion lui joua encore une fois un petit tour. Non pas qu’il voulait être appelé, non, non pas du tout, c’est son dernier souci. Je connais l’homme. C’est tous simplement la nouvelle génération qui l’oublia… ou ne s’est pas rendu compte de sa présence. Il est trop discret pour qu’on se rende compte qu’il est là, lui qui durant un demi siècle de vie sportive n’a accordé qu’une interview ou deux et dont on ne parle que très rarement. Quelle leçon d’humilité dont devraient se nourrir certains de ceux qui parlent trop aujourd’hui… Oui mais les objectifs et les motivations aussi ne sont pas les mêmes dirait l’autre. Si Frej est un dirigeant sportif et n’a jamais mélangé les choses. Il ne s’est jamais servi du sport. Il a servi et sert encore le sport, pour le sport. A ce titre il préfère se taire. Je devrais m’en inspirer décidément. C’est sans doute plus efficace pour l’histoire. Voilà, le semi marathon est fini. Un autre kenyan a gagné, Asmae Laghzaoui aussi. Les organisateurs sont contents, le record de la course a été batu. Nous quittons la tribune, si Frej est reparti à pieds à la maison, je pense. Diour Jamaa ne sont pas loin de là. Sur mon chemin vers ma voiture, je rencontre Elghazi Zaaraoui : Ba Lghazi, champion du monde de cross country de 1965… Abdelhamid Frej était alors secrétaire général de la FRMA… Merci Si Abdelhamid et longue vie. On a vraiment besoin de sages comme toi par les temps qui courent. Aziz Daouda

CAN 2025 : le paradoxe des origines et l’urgence de sauver les championnats africains par la CHAN 409

Les chiffres sont parfois plus éloquents et plus édifiants que les discours. La Coupe d’Afrique des Nations 2025, qui se déroule sous le signe de la diversité et de la diaspora, révèle pourtant une réalité profondément inquiétante pour l’avenir du football africain : **l’Afrique ne nourrit plus que partiellement sa propre compétition reine**. Elle l’importe en très grande partie. Selon une étude de *Foot Mercato*, **la France est le premier pays de naissance des joueurs présents à la CAN 2025**, avec 107 joueurs nés sur son sol. Un chiffre vertigineux, sans commune mesure avec celui de n’importe quel pays africain. À elle seule, l’Île-de-France fournit 45 joueurs, devenant la région la plus prolifique de la CAN, devant des capitales historiques du football africain comme Abidjan, Bamako, Casablanca ou Dakar. Ce constat est très loin d'être anecdotique. Il est **structurel, historique et politique**. Il s'agit en réalité d'une inversion totale du sens de l’histoire Pendant des décennies, la CAN était la vitrine des championnats africains. Rappelez vous celle remportée par le Maroc en 1976...Les compétitions locales en Égypte, au Cameroun, au Ghana, au Maroc, en Tunisie ou au Nigeria étaient les réservoirs naturels des sélections nationales. La CAN était un prolongement du football domestique, son apogée et sa concrétisation à l'international. Aujourd’hui, **le sens de l’histoire s’est inversé**. Ce ne sont plus les championnats africains qui alimentent la CAN, mais **les centres de formation européens, les clubs européens et les systèmes sportifs européens**. Sur l’ensemble des effectifs, **186 joueurs sont nés en Europe**, soit plus d’un quart des participants. Et encore, ce chiffre ne dit rien du lieu réel de formation, très majoritairement européen même pour les joueurs nés en Afrique. A l'exception du Maroc avec l'Académie Mohammed VI et du Sénégal avec *Génération Foot* dans une moindre mesure. Ainsi, les championnats africains sont progressivement relégués à un rôle de **championnats d’animation nationale**, très utiles pour faire vivre une passion locale mais déconnectés du plus haut niveau continental. La champions League africaine et la Coupe de la Confédération Africaine restent assez anecdotiques. La diaspora, est certainement une richesse incommensurable… mais peut aussi nourrir un aveu d’échec. Il serait absurde de nier la richesse humaine et culturelle que représente la diaspora. La CAN 2025 est un carrefour mondial de trajectoires, de mémoires et d’identités multiples. Le cas du Maroc, dont l'équipe nationale est une mixture de joueurs nés et formés au pays et de joueurs nés dans un nombre de pays différents, illustre parfaitement cette mondialisation positive du football africain. Mais cette diversité pour certains pays du continent cache un aveu collectif que **l’Afrique ne parvient plus à retenir, former et valoriser ses talents sur son propre sol jusqu’à leur maturité sportive**. Les jeunes partent de plus en plus tôt. Les meilleurs ne passent parfois même jamais par un championnat africain. Ils arrivent en sélection comme des “produits finis”, façonnés ailleurs, selon d’autres logiques économiques et sportives. Dans ce contexte La CHAN devient une nécessité stratégique et pas du tout une compétition secondaire. **Le Championnat d’Afrique des Nations** prend une dimension capitale. Trop souvent considérée comme une compétition de second rang, elle est en réalité **le dernier rempart structurant pour la survie et la crédibilité des championnats africains**. La CHAN est aujourd’hui : * la seule compétition continentale qui **valorise exclusivement les joueurs évoluant dans les ligues locales** ; * le seul espace où les clubs africains deviennent visibles à l’échelle continentale ; * un levier concret pour **ralentir l’exode précoce des talents** ; * un outil de pression positive sur les Etats et les fédérations pour améliorer infrastructures, gouvernance et compétitivité des ligues. Sans la CHAN, les championnats africains disparaissent progressivement du radar international et même continental. Il y a donc nécessité impérative de développer la CHAN pour rééquilibrer le football africain. Continuer à l'organiser ne suffit plus. Il faut la **renforcer, la valoriser et l’intégrer pleinement dans la stratégie globale de la CAF** pour: * Une meilleure exposition médiatique ; * Un meilleur alignement du calendrier avec les ligues locales ; * Une incitations financières réelles pour les clubs ; * Une articulation claire entre CHAN, compétitions interclubs et CAN. La CHAN doit devenir ce qu’elle aurait toujours dû être : **le socle du football africain**, et non son appendice. Les pays qui ne l'ont pas compris ou on un avis contraire devraient revenir à la raison et se ressaisir. Il s'agit pour eux et pour le continent dans on intégralité de reprendre le contrôle de notre propre récit footballistique. La CAN 2025 raconte une belle histoire de diasporas et de racines partagées. Mais elle raconte aussi une histoire plus inquiétante : celle d’un continent qui applaudit des talents qu’il ne produit plus chez lui ou en partie seulement. Face à cette réalité, **abandonner ou marginaliser la CHAN serait une faute historique**. La renforcer, au contraire, c’est faire le choix de la souveraineté sportive, de la durabilité économique et de la dignité du football africain. C'est aussi la meilleure façon de conforter une bonne position d'acteur majeur dans le football mondial. Le Royaume du Maroc l'a parfaitement intégré. Il est présent à toutes les éditions du CHAN et n'y joue pas un rôle de figurant. Au contraire, il sait parfaitement que cette compétition continentale comme celles des catégories d'âges sont le véritable tremplin et une plateforme solide pour un développement harmonieux et pérenne. Sans championnats forts, il n’y a pas de football fort. Sans la CHAN, il n’y aura bientôt plus de football africain… seulement du football africain d’origine.

CAN 2025 ou le Maroc, vitrine panafricaine exemplaire... 462

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc marque une rupture nette avec les 34 éditions précédentes par le niveau de standards qu’elle impose et par le message qu’elle adresse au continent et au reste du monde. Le Royaume, dès le dépôt de sa candidature, avait promis une édition en tout point exceptionnelle, allant jusqu’à présenter sans détour cette CAN comme la meilleure de tous les temps. Cette ambition n’a pas été un simple slogan: elle s’est traduite dans les faits par une mobilisation sans précédent de l’État, de ses institutions et de la société. La rendez-vous en devint un concentré de savoir-faire marocain au service de l’Afrique toute entière ou presque. *Le Maroc disposait déjà, CAN ou pas, d’infrastructures difficilement égalables sur le continent en termes de gamme, de capacité d’accueil et de connectivité. Son réseau routier et ferroviaire figure parmi les plus développés, ses aéroports assurent des liaisons fluides avec les grandes capitales du continent et du monde. A cela s’ajoute un maillage rare de grandes villes capables d’accueillir un événement sportif international de premier plan.* Au plan strictement sportif, le Royaume a modernisé l’ensemble des stades retenus pour la compétition et en a construit de nouveaux, portant toutes les enceintes aux normes les plus exigeantes de la FIFA, qu’il s’agisse de capacités, de sécurité ou de qualité des pelouses. Cette CAN vient ainsi dévoiler à grande échelle une réalité déjà connue des initiés: le pays est doté d’un écosystème d’accueil robuste, tourné vers l’excellence. En toile de fond, cette démonstration s’inscrit dans une transformation de fond engagée sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le pays connaît depuis deux décennies une métamorphose tous azimuts: infrastructures, économie, politiques sociales, diplomatie, rien n’est laissé de côté. Le développement humain est au cœur de la vision royale, et les investissements consentis dans les stades, les transports, l’hébergement, mais aussi dans la santé et l’éducation, s’inscrivent dans une même trajectoire: améliorer le niveau de vie du citoyen tout en projetant le pays comme acteur central de la scène africaine. Le Royaume a triplé son PIB en 20 ans, un record rarement égalé sur le continent. Il vise un nouveau doublement dans la décennie à venir. L’organisation de la CAN s’insère dans cette dynamique comme une vitrine spectaculaire des capacités logistiques, techniques et humaines du pays. Cette ambition s’accompagne d’une vision panafricaine assumée, fondée sur une logique de partenariat «Win-Win». *Le Maroc se positionne comme moteur de l’intégration africaine, mettant à disposition ses moyens et son expertise. Il est devenu le 1er investisseur étranger en Afrique de l’Ouest et porte des projets structurants, à l’image du gazoduc Nigeria–Maroc, destiné à relier 16 pays à une source d’énergie fiable, condition indispensable à tout développement. *A Dakhla, le Royaume édifie le plus grand port en eau profonde du continent, conçu comme une porte d’accès stratégique pour les pays du Sahel vers l’Atlantique. L’Office Chérifien des Phosphates déploie pour sa part des solutions innovantes pour la souveraineté alimentaire du continent, tandis que les banques marocaines accompagnent la modernisation et la structuration des systèmes financiers d’une vingtaine de pays, là où nombre d’acteurs occidentaux se sont désengagés. La CAN ne fait que lever le voile sur cette réalité, en donnant à voir au grand public ce que le Royaume construit depuis des années. *Le football, dans cette équation, n’est pas un simple divertissement: il est envisagé comme une véritable industrie d’avenir pour l’Afrique. * Sur un continent qui se dirige rapidement vers les deux milliards d’habitants, majoritairement jeunes, le sport s’impose comme un levier majeur à la fois pour la santé physique et mentale que pour l’emploi et la consommation locale. La vision de Sa Majesté le Roi s’appuie sur ce potentiel en plaçant la jeunesse au centre des priorités. Investir dans les académies, les infrastructures sportives et les compétitions, c’est investir dans la stabilité du continent et, par ricochet, dans celle du monde. Le Maroc, qui s’est vu confier par ses pairs africains un rôle de premier plan sur la question migratoire, articule cette politique sportive avec une approche inclusive de l’intégration: les ressortissants subsahariens représentent aujourd’hui plus de 70% des étrangers vivant au Maroc, soit plus de 200 000 personnes, témoignant d’une volonté d’accueil et de co-construction d’un destin commun. Dans ce contexte, la CAN 2025 joue pleinement son rôle de test grandeur nature pour la Coupe du Monde 2030, que le Maroc organisera avec l’Espagne et le Portugal. Elle démontre la capacité opérationnelle du Royaume à gérer un événement de grande ampleur: 52 matchs sur 31 jours, 24 équipes, une logistique lourde en flux de supporters, de médias et d’équipes. Une organisation fluide, des stades modernisés comme le Prince Moulay Abdellah, des infrastructures hôtelières à la hauteur, des réseaux de transport efficaces et une sécurité maîtrisée constituent autant de signaux positifs adressés à la FIFA. L’accueil de plus d’un million de spectateurs sans incidents renforce l’image d’un pays capable d’offrir une expérience globale réussie aux stades et dans les multiples fan-zones, dans toutes les villes du pays. Sur le plan symbolique, les performances des Lions de l’Atlas, portés par l’engouement populaire, renforcent l’idée d’un Maroc pivot du football africain à l’horizon 2030. La dimension politique n’est pas en reste. Face à la puissance d’attraction de modèles nord-américains ou européens, cette CAN donne corps à une autre forme de coopération, triangulaire et équilibrée, entre l’Afrique et l’Europe du Sud. Le dossier conjoint Maroc–Espagne–Portugal trouve dans cette édition une validation grandeur nature de la complémentarité entre les trois pays : synergies d’infrastructures, connectivité, capacité à absorber des flux massifs de supporters, diversité des cultures et des langues. Le succès de la CAN 2025 conforte la crédibilité de cette candidature en montrant que le Maroc est un pilier fiable du dispositif à trois, pleinement intégré aux standards mondiaux de l’organisation sportive. Au-delà des chiffres, des statistiques d’audience ou des retombées économiques, l’impact le plus précieux pour le Royaume demeure cependant immatériel: c’est l’estime des peuples africains. L’image laissée par cette CAN dans la mémoire des joueurs, des délégations, des médias et des supporters pèsera longtemps. Le souvenir d’un pays accueillant, organisé, ouvert et profondément attaché à son africanité est sans doute le legs le plus durable de cette compétition. C’est sur ce capital de confiance, fait de respect, d’hospitalité et de sérieux, que le Maroc entend bâtir la suite de son projet continental et mondial, dans le football comme au-delà, bien évidemment.

Février, quarante-cinq ans après: la fin inéluctable des mollahs... 471

Il y a quarante-cinq ans, en février 1979, l’Iran basculait dans ce qui fut présenté au monde comme une «révolution». L’ayatollah Rouhollah Khomeiny prenait le pouvoir au nom d’un peuple épuisé par l’autoritarisme du shah Mohammad Reza Pahlavi, pour l’entraîner dans un abîme politique, moral et civilisationnel dont le pays ne s’est jamais relevé. Pourtant, cette bascule ne surgit pas du néant : elle s’inscrivait dans une trajectoire tourmentée, marquée par deux exils du shah: le premier en 1953, chassé temporairement par le Premier ministre Mohammad Mossadegh, le second en janvier 1979, définitif et humiliant. Pour comprendre ce basculement, il faut remonter à la période Mossadegh (1951-1953), un épisode fondateur souvent occulté par la propagande post-révolutionnaire. Élu démocratiquement, Mohammad Mossadegh, avait nationalisé l’industrie pétrolière au nez et à la barbe de la British Petroleum, incarnant l’aspiration à la souveraineté économique face à l’impérialisme occidental. Il voulait un Iran laïque et indépendant, multipliant les réformes sociales et réduisant l’influence britannique. Cette audace provoqua une réaction en chaîne : un coup d’État orchestré en août 1953 par la CIA (opération Ajax) et le MI6 ramena le shah sur le trône, exilant Mossadegh et inaugurant une ère de répression sous SAVAK, la police secrète. Cet événement traumatisant sema les graines de la rancœur anti-occidentale que Khomeiny exploiterait plus tard, tout en légitimant pour beaucoup l’image d’un shah puppet des puissances étrangères. De retour au pouvoir, le shah lança en 1963 sa "Révolution blanche": une vaste modernisation agraire, l’émancipation des femmes: droit de vote entre autre, l’industrialisation accélérée et une éducation laïque. L’Iran devint un État pétrolier prospère, allié des États-Unis, avec une croissance économique fulgurante, jusqu’à 12% annuels dans les années 1970. Mais cela masquait des failles béantes: corruption endémique, inégalités croissantes, répression des opposants notamment clergé chiite, communistes et nationalistes. Une occidentalisation perçue comme une trahison culturelle. Les manifestations de 1978, réprimées dans le sang à Qom et Tabriz, culminèrent avec le second exil du shah le 16 janvier 1979, fuyant vers le Maroc puis les États-Unis pour y mourir en exil un an plus tard. Khomeiny, rentre triomphalement de Paris le 1er février, capitalise sur ce vide et promet justice sociale là où le shah avait failli. Aujourd’hui, l’Iran est à bout de souffle. Le régime des mollahs est sous terre, assiégé par son propre peuple. La révolte gronde, profonde, durable, irréversible . Dans ce type de système idéologico-théocratique, la réponse du pouvoir est unique, mécanique, pavlovienne : accuser le peuple de traitrise. Traître à quoi ? À un régime qui a confisqué l’État, étouffé la société et brisé l’avenir? Les Iraniens ne réclament ni l’impossible ni l’utopie. Ils demandent la dignité, une vie décente, la liberté de respirer. Les femmes veulent exister sans être surveillées, humiliées, violentées. Les jeunes veulent vivre, aimer, créer, travailler, espérer. Ils en ont assez des Gardiens de la Révolution: Pasdarans, cette milice idéologique devenue État dans l’État, économie dans l’économie contrôlant 60% du PIB. Face à cette colère populaire, le discours des mollahs est figé dans un autre âge : tout est la faute des USA, d’Israël, de complots extérieurs. Une rhétorique victimaire, usée jusqu’à la corde par des enturbannées de certitudes héritées d’un autre siècle. Le régime a toujours eu besoin de la confrontation pour survivre. Elle lui permet de se poser en victime, de souder artificiellement ses partisans et de justifier la répression interne. Au lieu d’entendre la rue, le pouvoir cherche encore l’escalade régionale, persuadé qu’un ennemi extérieur effacera l’ennemi intérieur. Depuis sa naissance, la République islamique a cherché à exporter son idéologie par le biais de proxies; au Liban: leHezbollah, en Syrie: soutien à Assad, en Irak: milices chiites, au Yémen: les Houthis et ailleurs. Partout, le résultat est le même : désolation, fragmentation sociale, destruction des États et des sociétés. Le Liban ne serait pas l’ombre de lui-même sans cette ingérence. La Syrie ne serait probablement pas ce champ de ruines sans l’obsession idéologique de Téhéran. Ironie tragique de l’histoire : ce projet prétendument «anti-impérialiste» a surtout servi à nourrir le plus grand marché des armes du monde. La région, pour se protéger de cette doctrine sortie des souterrains de l’histoire, s’est armée, militarisée. La guerre avec l’Irak, qui dura plus d’une décennie à partir de 1980 et coûta un million de vies. La spirale mortifère renforça temporairement le régime iranien en unifiant la nation contre l’envahisseur sunnite, tout en radicalisant Saddam. Se croyant intouchable après avoir livré bataille à l’Iran au nom de la région et, pensait-il, du monde, Saddam s’est ensuite engagé dans l’invasion du Koweït en 1990, signant sa perte. Rien de tout cela n’aurait eu lieu sans l’existence de ce régime théocratique radical, dont la seule légitimité repose sur la confrontation permanente. L’Iran n’est pas un État quelconque. C’est une civilisation millénaire, l’une des plus fécondes que l’humanité ait connues. Elle a offert au monde des contributions majeures en mathématiques, en philosophie, en médecine, en poésie, en art et en récits fondateurs. De Khayyam à Alkindi, d’Avicenne à Alfarabi ou Suhrawardi, l’héritage persan appartient à l’humanité tout entière. Et pourtant, depuis quarante-cinq ans, cette civilisation est prise en otage par un pouvoir qui la nie, la méprise et la déforme. Un pouvoir qui confond foi et domination, spiritualité et coercition, inversant les rêves modernistes du shah et les idéaux souverainistes de Mossadegh. Aujourd’hui, le régime tient encore. Il livre bataille à la rue, oppose les armes à des mains nues, l’oppression à une société qui n’a plus peur. Le nombre de morts augmente. Les menaces du Guide suprême résonnent encore, mais elles ne font plus trembler. Les jeunes ne sourcillent pas. Ils sont là et resteront. L’histoire est cruelle avec ce type de régimes. Les bolcheviques sont tombés. Les chavistes sont en train de s’effondrer. Les mollahs suivront. Ce n’est qu’une question de temps. Ibn Khaldoun l’avait compris avant tous les autres : aucun pouvoir ne peut survivre éternellement par la pression et l’oppression. La domination porte en elle-même les germes de sa fin. Lorsque l’‘asabiyya (cohésion sociale) se dissout, le régime chute comme pour le shah et Mossadegh renversé, bientôt les mollahs. Février approche. La boucle historique se referme peut-être. Le monde observe. Les peuples libres espèrent et prient pour que le peuple iranien soit enfin délivré de ses faux gardiens de la paix, et que l’Iran retrouve sa place naturelle : celle d’une nation vivante, apaisée, contributrice à la civilisation, et non prisonnière de ses fossoyeurs.

CAN2025: Pourquoi le Maroc devrait remporter son quart devant le Cameroun... 666

Le quart de finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 entre le Maroc et le Cameroun, programmé pour le 9 janvier 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, s'annonce comme le choc le plus brûlant des quarts. Une rencontre au gout de la revanche d'une autre CAN, celle de 1988. Mais nous sommes en 2025 et beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Pays hôte invaincu, les Lions de l'Atlas affichent une maîtrise totale avec 7 buts marqués pour seulement 1 encaissé sur penalty en quatre matchs, surpassant les Lions Indomptables et leurs 6 buts pour 3 encaissés. Cette supériorité chiffrée, portée par l'étincelle de Brahim Díaz, l'indomptabilité d'El Kaabi, un milieu récupérateur à toute épreuve, une défense rugueuse et l'avantage du public, positionne le Maroc comme grand favori d'un duel technicotactique intense. Même s'il n'est pas jugé impeccable par certains, le parcours du Maroc l'a été au plan de l'efficacité malgré la perte des deux pièces maitresses que sont Saiss et plus encore, du meneur de jeu Azzedine Ounahi. Les Lions de l'Atlas ont survolé le Groupe A avec 7 points : une victoire 2-0 clinique contre les Comores, un festival offensif 3-0 face à la Zambie et un nul que l'on peut comprendre stratégique 1-1 devant le Mali, prouvant une polyvalence rare. En huitièmes, un 1-0 maîtrisé contre la Tanzanie a confirmé leur solidité, avec zéro but encaissé lors de trois de leurs quatre sorties. Cette défense de fer, menée par un trio Yassine Bounou, Nayef Aguerd et Mazraoui, soulagé par unEl Aynaoui infatigable, n'a cédé qu'une fois sur penalty face au Mali. Au total, une différence de buts de +6 qui évoque la discipline d'une équipe en quête de sacre continental à domicile. Et encore Hakimi ne faisait que revenir lors de la dernière rencontre disputée. Cette fois ci pour les quarts, ils auront en face un Cameroun solide mais vulnérable par ailleurs par la jeunesse de l'équipe et le caractère décousu sur de nombreuses phases de jeu, lors de leurs prestations jusqu'ici. Cependant leur marge de progression est énorme et la métamorphose et montée en gamme, peut justement se produire là en quart de finale. Les Lions Indomptables ont arraché la première place du Groupe F avec également 7 points: un 1-0 précieux contre le Gabon, un 1-1 accroché face à la Côte d'Ivoire et un 2-1 laborieux devant le Mozambique. Les deux buts encaissés en poules ont déjà alerté sur les défaillances défensives du collectif. Leur qualification en quarts avec 2-1 contre l'Afrique du Sud en huitièmes, a révélé du caractère, mais aussi des failles : trois buts concédés en tout, dont un sur erreur individuelle face aux Bafana Bafana. Moins tranchants devant avec seulement 6 buts, ils dépendent d'un réalisme opportuniste, loin de la fluidité marocaine. Le Maroc lui profite d'un Brahim Díaz, maestro en pleine lumière. Il vit sans doute son âge d'or en CAN : 4 buts en 4 matchs, un record historique pour un Marocain en une phase finale de CAN, dont le bijou à la 64e contre la Tanzanie. Il répond clairement à son entraineur de club qui semble ne pas savoir comment profiter de son génie. Premier Lion à claquer un but par match consécutif, le Madrilène excelle dans les espaces réduits, avec Ayoub El Kaabi (3 buts) en lieutenant fidèle et tranchant. Face à une défense camerounaise solide avec André Onana impérial mais hésitant des fois, cette menace individuelle, même de petite taille : 4 tirs cadrés par match en moyenne, pourrait faire basculer un scénario verrouillé, comme lors des huitièmes où ses appels ont déstabilisé les Taïfa Stars. La maîtrise technique globale et la domination du ballon penchent aussi du côté du Maroc qui écrase les statistiques collectives : 2 184 passes réussies, un record absolu, 89% de précision et 71% de possession contre la Tanzanie, un océan de contrôle. Achraf Hakimi, de retour en trombe avec une passe décisive, va surement animer un couloir droit infernal, tandis qu'El Khanouss qui prend à peine ses marques, dicte le tempo au milieu malgré l'absence d'Azzedine Ounahi. A l'inverse, le Cameroun végète à 77% de précision et 43% de possession moyenne, luttant en transitions rapides. Cette asymétrie technique promet un siège prolongé des Lions de l'Atlas sur la surface adverse. Avec un Amrabet en sentinelle pour s'occuper de Anguissa et le tour est joué. D'autres faits et atouts sont également en faveur des Lions de l'Atlas: les facteurs psychologiques et historiques peuvent être décisifs. Hôtes euphoriques, les Marocains surfent sur 23 matchs invaincus et un public en fusion à Rabat, où l'ambiance rappellera la Coupe du Monde 2022. L'historique global sourit au Cameroun avec 6 victoires, 5 nuls, 2 défaites en 13 duels, intouchable en CAN avec 2 victoires et 1 nuls, mais les deux dernières confrontations penchent pour le Maroc : un 1-0 en qualifications de la CAN 2019 et un 4-0 humiliant au CHAN 2020. Il s'agit donc ici d'un bras de fer générationnel sans doute, mais la fraîcheur marocaine avec moins de minutes jouées et l'adaptation parfaite au condition climatique, l'emportent sur l'expérience des Lions Indomptables. Ces éléments conjugués forgent un scénario idéal pour un Maroc conquérant en quête d'une seconde étoile qui se décidera là au sifflet final, au complexe Moulay Abdallah, vendredi aux environs de 22 heures. Si une élimination surprise reste toujours possible dans une compétition aussi serrée que la CAN, le Maroc possède aujourd’hui les signaux statistiques les plus forts pour l’emporter : ✔ Meilleure production offensive globale ✔ Une seule équipe encaissée contre deux pour le Cameroun ✔ Maîtrise collective du ballon et du rythme ✔ Deux buteurs en pleine forme (Díaz et El Kaabi) ✔ L’avantage du terrain et du soutien populaire Ces éléments forment une base objective pour plaider en faveur d’un succès marocain dans ce quart de finale.

CAN 2025 : retour d’une mémoire africaine oubliée... Lumumba des gradins : la star symbolique ... 687

Indépendamment de l’issue de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, quel que soit le vainqueur, le meilleur buteur ou le gardien, le meilleur joueur, une certitude s’impose : la véritable star symbolique de cette compétition est congolaise. Non par un talent footballistique hors normes, mais par un rappel historique puissant et politique : la réincarnation, par le geste et l’attitude, de Patrice Émery Lumumba. Dans un tournoi dominé par les chiffres, trophées et records, un événement a surgi, déstabilisant les grilles de lecture classiques. Il ne s’agit ni d’un but décisif ni d’une parade spectaculaire, mais d’un acte symbolique reliant le football africain contemporain à une page tragique de l’histoire continentale. Au cœur de cette scène : Michel Kuka Mboladinga, supporter de la RD Congo, surnommé « Lumumba » dans les tribunes du stade Moulay El Hassan. Vêtu avec soin, coiffure et lunettes étudiées, il a suivi les rencontres de son pays, debout, immobile, main droite levée vers le ciel, regard fixe devant lui, une silhouette quasi statuaire. Ce rituel silencieux, répété match après match, a transcendé le folklore des gradins pour incarner dignité, constance et résistance. La CAF elle-même l’a salué: son président a rencontré Michel Kuka, consacrant la portée de ce « Lumumba » des tribunes. Au départ, peu y ont vu clair, y compris certains commentateurs sportifs. Certains parlaient d’une célébration originale, d’autres d’une provocation ou d’une excentricité virale. Ce malentendu révèle une réalité profonde : pour la jeunesse d'aujourd'hui, la mémoire politique du XXᵉ siècle s’efface derrière le flux médiatique. Patrice Lumumba, absent de l’imaginaire collectif, survit chez les historiens et militants ; pour beaucoup, son nom reste abstrait. Assassiné le 17 janvier 1961, après avoir été le premier Premier ministre du Congo indépendant (30 juin 1960), Lumumba incarne la lutte anticoloniale. Sa disparition, dans le contexte de la Guerre froide et des convoitises sur les richesses congolaises, a privé l’Afrique d’une voix souveraine. Le 17 janvier 1961 il est arrêté; son corps mutilé et dissous pour effacer jusqu’à sa trace physique. Marginalisé depuis par les récits dominants et manuels réécrits, en fait il effrayait les occidentaux et autres puissances coloniales, craignant son intransigeance. Le discours qu'il prononça devant le Roi des belges avait signé son arrêt de mort. Rappeler Lumumba à la CAN 2025, au Maroc, prend un relief particulier. En août 1960, peu après l’indépendance congolaise, il s’y rendit comme Premier ministre, saluant le Royaume et ses efforts de soutien aux indépendances africaines, sous feu Mohammed V. Le Maroc d'alors est l'hôte des mouvements de libération africains, et milite avec quelques partenaires engagés pour l’unité continentale, contre les ingérences et pour une souveraineté authentique. En incarnant Lumumba, Michel Kuka a transformé le football en espace de mémoire et de transmission. Le stade est devenu agora : un corps dressé, un silence assumé, une main levée ont fait resurgir l’histoire. Ce geste impose un rappel brutal : l’Afrique a ses martyrs, penseurs et leaders inachevés. Parfois, un simple supporter suffit à raviver une mémoire enfouie. Dans ce contexte, le geste de Mohammed Amoura, joueur algérien, mérite mention hélas. Lors d’une célébration après la qualification de son équipe aux quart de finale, il a imité la posture de Kuka puis s'est laissé tombé d'un geste moqueur et déplacé, provoquant critiques et plus sur les réseaux. Tourner en dérision Lumumba, même par ignorance, offense sa mémoire et l’idéal d’une Afrique insoumise. La bassesse est à son comble, l'indigence morale à son paroxysme. Le continent est aujourd'hui scandalisé. Cela trahit un vide éducatif criant : le sport ici hélas par ce geste ignoble, tolère la légèreté là où il devrait porter une conscience historique minimale et des valeurs de respect. Un joueur de football se doit d'avoir un minimum d'éducation ou s'abstenir de manifester quand il ne maitrise pas les codes ou n'est pas habité par les valeurs du sport et du fair-play. Le comble est que dans la quasi totalité des chaines algériennes l'attitude de ce pauvre joueur de ballon est glorifié et rapportée accompagnée de railleries et de moqueries de mauvais gout. L'incarnation véritable des médias d'un autre monde. On ne peut exiger du football africain qu’il soit fondateur d'unité, qu'il soit éducatif et élever le niveau des gens, tout en laissant railler les symboles de l’émancipation africaine. Cette schizophrénie révèle manifestement et images à l'appui, l'affaissement culturel et de civisme de tout un peuple. Une presse de caniveaux ne peut élever un peuple bien au contraire. Elle l'enfonce dans la petitesse, la médiocrité et accélère sa déchéance. Le jouer de ballon s'est excusé sous la pression mais cela ne suffira point. Le mal est fait. La CAN 2025 au Royaume du Maroc, restera sans doute gravée pour sa qualité et pour ses exploits sportifs. Mais grâce à un supporter congolais lucide et un public marocain respectueux et éduqué, elle offre une leçon de mémoire : Lumumba irrompe au présent, rappelant qu’on ne se projette pas sans assumer son passé. Dans un continent post-1961, ce geste était vital. Les héros ne meurent que si on cesse de les incarner, dans des stades comme ailleurs. Sur la terre marocaine où Lumumba défendit en 1960 une Afrique libre, son ombre renaît, portée par un supporter. Stade plein, caméras braquées, millions de regards : sa mémoire guide encore les consciences.

Venezuela après Maduro : transition démocratique ou nouvel imbroglio... 768

Qu’on soit d’accord ou non avec Donald Trump, la chute de Nicolás Maduro marque un tournant historique dans l’histoire vénézuélienne et, plus largement, dans l’histoire de la région et du monde. Après plus d’une décennie de gouvernance autoritaire, d’effondrement économique et d’exil massif, la capture de Maduro apparaît à la fois comme un soulagement pour une partie de la population et comme un choc pour l’ordre juridique international. L’arrestation du président ou du justiciable, selon l’angle de vision, exfiltré puis inculpé aux USA pour narcotrafic et corruption, concentre ainsi les espoirs de transition politique et les accusations d’ingérence impérialiste. Le Venezuela, pourtant riche du plus grand gisement pétrolier prouvé au monde, a connu une dégradation rapide de ses institutions démocratiques depuis les débuts de la révolution bolivarienne. Sous Hugo Chávez d’abord, puis sous Maduro, le pays a vu s’écrouler son économie, avec une hyperinflation récurrente, un effondrement de la monnaie nationale et une paupérisation généralisée. A partir de 2014, la crise s’est transformée en véritable catastrophe humanitaire: pénuries de médicaments, effondrement des services publics et insécurité endémique. La dimension humaine de cette crise est tout aussi dramatique: près de huit millions de Vénézuéliens ont quitté le pays au cours de la dernière décennie, fuyant la faim, la répression et l’absence de perspectives. A l’intérieur, les opposants politiques ont été marginalisés, l’indépendance judiciaire sapée et les libertés fondamentales réduites, au point que de nombreuses organisations internationales parlent de régime autoritaire ou de dictature hybride. Le pouvoir chaviste s’est mué en oligarchie corrompue, capturant la rente pétrolière au profit d’une élite politico-militaire et de réseaux criminels. Un modèle loin d’être unique. L’administration Trump, revenue au pouvoir avec un discours intransigeant contre les régimes qualifiés de « socialistes » ou de « narco-États », a progressivement durci sa stratégie à l’égard de Caracas. Pendant plusieurs années, Washington a multiplié les pressions : sanctions économiques lourdes visant la compagnie pétrolière nationale, restrictions financières, blocage naval et désignation du cercle de Maduro comme organisation criminelle transnationale. Officiellement, ces mesures visaient à asphyxier les ressources du régime, en particulier les revenus pétroliers et les flux issus du narcotrafic. En janvier 2026, cette stratégie de pression maximale atteint son paroxysme avec une opération militaire d’ampleur exceptionnelle. Des frappes ciblées et une opération spéciale coordonnée par le United States Southern Command aboutissent à la capture de Maduro dans son lit, puis à son transfert hors du territoire vénézuélien. **Le président Trump lui même annonce publiquement que Maduro et son épouse ont été arrêtés et seront jugés aux USA pour narcotrafic, corruption et participation à un prétendu cartel désigné comme organisation terroriste.** Dans la foulée, Trump promet que les États-Unis garantiront une transition politique « sûre et ordonnée » pour le Venezuela, allant jusqu’à évoquer la possibilité de « gérer » le pays jusqu’à l’organisation d’élections jugées crédibles. Cette intervention militaire a immédiatement suscité une cascade de réactions contrastées, révélant une polarisation profonde au niveau interne comme au niveau international. Pour ses partisans, l’opération est une forme de libération : elle met fin à un régime accusé de réprimer son peuple, de truquer les élections et de détourner les richesses du pays au profit de réseaux politico-mafieux. Une partie de l’opposition vénézuélienne, exilée ou restée sur place, présente la capture de Maduro comme l’occasion historique de reconstruire des institutions démocratiques et de relancer une économie exsangue. Pour ses détracteurs, au contraire, l’intervention américaine constitue une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et du droit international, en particulier du principe de non-recours à la force inscrit dans la Charte des Nations unies. Certains gouvernements d’Amérique latine et d’Europe, ainsi que des porte-parole des Nations unies, ont dénoncé une opération unilatérale américaine et mis en garde contre un dangereux précédent légitimant des actions similaires ailleurs dans le monde. Même au sein de l’opposition vénézuélienne, certains acteurs redoutent que la fin d’un autoritarisme interne n’ouvre la voie à une forme de tutelle externe durable, redoublant la polarisation entre pro et anti-intervention. Au-delà de la justification morale ou juridique, la dimension géopolitique et énergétique est centrale pour comprendre l’initiative. Le Venezuela dispose de réserves pétrolières considérables mais de mauvaise qualité que des acteurs comme la Chine et la Russie ont cherché à sécuriser via des accords de long terme, des prêts massifs et des prises de participation. Cette présence accrue de puissances rivales aux portes des États-Unis s’inscrit en faux contre la vieille doctrine Monroe et alimente, côté américain, la perception d’un défi stratégique dans ce que Washington considère comme son « arrière-cour ». Dans cette perspective, l’intervention ne peut être lue uniquement à travers le prisme des droits humains ou de la solidarité avec le peuple vénézuélien. Washington cherche aussi à reprendre la main sur la région, à réduire l’influence de Moscou et de Pékin en Amérique latine dans un contexte de rivalité globale exacerbée. Cette ambivalence, entre discours de libération démocratique et intérêts stratégiques, nourrit la méfiance, notamment dans le Sud global. Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur l’intervention américaine, un point reste central : aucune transition politique durable ne peut réussir sans l’adhésion et la participation active du peuple vénézuélien en entier. La fin de l’ère Maduro ouvre une fenêtre d’opportunité pour reconstruire des institutions démocratiques, restaurer l’État de droit, garantir la liberté d’expression et relancer l’économie, mais cette fenêtre peut se refermer rapidement si la transition se fait sous la seule houlette d’acteurs externes. Les récents exemples de l’Irak, de la Libye et de la Syrie le confirment. La véritable **libération** ne viendra pas seulement de la chute d’un dirigeant, aussi autoritaire soit-il, ni des promesses d’une puissance étrangère, aussi influente soit-elle. Elle dépendra d’un processus politique inclusif, capable de réunir une société profondément fracturée, de prévenir les règlements de comptes et d’éviter l’émergence d’un nouveau système de dépendance, qu’il soit économique, sécuritaire ou diplomatique. C’est aux Vénézuéliens qu’il revient de définir, dans la durée, les contours de leur avenir, si possible avec un accompagnement international fondé sur le droit, la coopération et le respect de leur souveraineté. La position de l'armée est de militaires est aussi à scruter.

Maduro, de souverain à justiciable américain...ou la dernière nuit du Raiss Maduro... 839

Le scénario est désormais factuel: capture, transfert à New York, mise en accusation pour narcoterrorisme. Un précédent historique marquant. Place alors aux «Débats» ou «Opinions». De chef d’État à chef de cartel: le cas Maduro ou quand la puissance redéfinit le droit. Un président en exercice est extrait de son palais: Des bombes sont larguées au loin; dispersion d'attention et paralysie des systèmes de défense; Scénario maitrisé parfaitement bien mené. Un chef d'Etat a été enlevé par une armée étrangère puis exhibé menottes aux poignets devant les caméras à New York : la scène rappelle la fin de Manuel Noriega en 1989. Cette fois, ce n’est pas le général panaméen mais bien le révolutionnaire Nicolás Maduro, une sorte de relique bolivarienne, chef de l’État vénézuélien depuis 2013, désormais officiellement poursuivi pour narcoterrorisme par la justice américaine et incarcéré à Brooklyn. Le message est limpide: quand une superpuissance le décide, un président peut cesser d’être un sujet de droit international pour devenir un chef de cartel comme un autre. La puissance va déterminer et la qualification et le sort: dans un déroulé différent: Kaddafi, Sadam ont finit autrement mais aussi sur décisions de puissances étrangères. La clé de voûte de cette opération est moins militaire que narrative. Washington ne présente pas Maduro comme un ennemi politique, mais comme le cerveau d’une conspiration criminelle transnationale, prolongeant l’acte d’accusation déjà déposé en 2020 devant la cour fédérale de New York. Ce simple glissement de catégorie, du politique au pénal, du souverain au trafiquant, permet de contourner l’obsession contemporaine pour la souveraineté, l’immunité des chefs d’État et la nécessité d’un mandat multilatéral onusien. L’image n’est plus celle d’une invasion, mais d’une «opération de police» extraterritoriale destinée à protéger la santé publique américaine, un récit rodé depuis la «guerre contre la drogue» en Amérique latine. On croit assister à une scène de série télévisée: agents de la DEA et forces spéciales, lecture des droits, transfèrement vers un centre de détention fédéral, annonce solennelle du procureur. En réalité, c’est une démonstration de puissance stratégique. L’arrestation d’un chef d’État dans son lit, avec un appareil sécuritaire pris de vitesse et possiblement complice signe moins une victoire militaire qu’une humiliation systémique: celle d’un régime qui se rêvait bastion anti-impérialiste et se découvre incapable de protéger son propre président. Le «tigre» chaviste se révèle être un tigre de papier: fort en slogans, faible en capacité réelle. Les juristes rappelleront, à juste titre, que le droit international protège l’immunité des chefs d’État en exercice, sauf exceptions très encadrées. Mais l’histoire offre une autre leçon, moins confortable: depuis Noriega jusqu’aux mandats de la Cour pénale internationale contre Omar el‑Béchir ou Vladimir Poutine, la frontière entre souveraineté et responsabilité pénale n’a cessé de s’effriter. Déjà en 1998, l’arrestation d’Augusto Pinochet à Londres sur la base d’un mandat espagnol avait inauguré l’ère de la compétence universelle contre les anciens dirigeants. Aujourd’hui, avec Maduro, un pas supplémentaire est franchi: il ne s’agit plus d’un ex‑dictateur malade en visite médicale, mais d’un président en fonction, capturé par la force et jugé à l’étranger pour narcoterrorisme mettant en danger la santé des citoyens spécifiquement américains. La réaction internationale souligne la brutalité de ce changement d’époque. Quelques capitales dénoncent une «méthode cow-boy» contraire à la Charte des Nations unies; d’autres se réfugient dans une prudente indignation verbale, vite diluée dans les communiqués. Mais le plus frappant est ailleurs: nombre de dirigeants qui, hier encore, posaient complaisamment avec Maduro, acceptaient ses décorations et louaient son «courage bolivarien», se découvrent soudain une mémoire courte. Les archives regorgent de ces accolades devenues embarrassantes: elles rappellent que la diplomatie affectionne les grands mots, souveraineté, dignité, résistance, tant qu’ils ne coûtent rien. Abdelmajid Tebboune doit regretter aujourd'hui ses propos récents, insultants, à l'égard des puissances et autres ayant reconnu explicitement la marocanité du Sahara naguère espagnol. Dans l'affaire Maduro, Donald Trump a trouvé sa formule: renverser un régime sans prononcer le mot «guerre», capturer un président sans le reconnaître comme tel. L’opération viole de facto l’esprit du droit international, mais elle s’enrobe dans le langage du droit pénal américain, avec ses chefs d’accusation, ses juges, ses jurés, ses procédures. Au Congrès, quelques voix s’alarment du précédent créé. Cependant, l’histoire politique des USA montre que, face à ce qui est défini comme un «intérêt vital»: lutte contre la drogue, terrorisme, protection du territoire, les querelles partisanes cèdent rapidement la place à un réflexe d’unité. Désormais, la scène se déplace à la cour fédérale de New York. Maduro, très riche sera épaulé par des avocats prestigieux, contestera la légitimité de la procédure, dénoncera un procès politique, tentera de transformer le prétoire en tribune anti-impérialiste. Les USA, eux, mettront en avant leur lutte contre un «narco‑État» qui aurait inondé leur marché de cocaïne en lien avec des groupes armés colombiens et des réseaux criminels. Peu importe, à ce stade, que la vérité judiciaire soit totalement établie ou non: l’image du président vénézuélien dans la cage des accusés pèsera durablement plus que tous les discours télévisés. Pour une partie de l’Amérique latine et au‑delà, cette arrestation suscite un réel soulagement: celui de voir un dirigeant accusé de dérive autoritaire, de corruption massive et de collusion avec le narcotrafic répondre enfin devant un juge. Ce sentiment est compréhensible. Mais faut il s’arrêter là. Car l’épisode rappelle une vérité dérangeante: la souveraineté, dans le système international actuel, est devenue conditionnelle. Conditionnelle à la capacité de se défendre, de tisser des alliances efficaces, de ne pas franchir certaines lignes rouges fixées par d’autres. Conditionnelle, surtout, au récit que les puissants imposent au reste du monde. Le cas Maduro ne doit ni faire oublier la brutalité de son régime, ni masquer le précédent qu’il crée. Il a provoqué l'exil de plus de 8 millions de personnes. Qu’un président soupçonné de crimes graves soit jugé, beaucoup s’en féliciteront. Qu’une puissance s’arroge le droit unilatéral de l’enlever et de le juger chez elle, sans mandat international incontestable, devrait inquiéter même ses alliés. Ces outils, une fois créés, risquent de ne plus être confinés à un seul «ennemi». Ceux qui se rassurent aujourd’hui en pensant qu’ils ne seront jamais la cible de telles pratiques prennent le risque, demain, de découvrir à leurs dépens que, là aussi, le récit a changé. Ce fut la dernière nuit du Raiss Maduro...

Quand l’Algérie persiste à naviguer à contre-courant de l’histoire... 1054

Qu’est-ce qui a donc piqué le président algérien pour que, dans son dernier discours devant le Parlement, il choisisse de s’installer résolument à rebours du sens de l’histoire et des dynamiques internationales actuelles ? Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a, de facto, tranché la question du Sahara marocain en consacrant l’option d’une **autonomie sous souveraineté marocaine**, le chef de l’État algérien continue de ressasser les vieux éléments de langage : *« peuple sahraoui spolié », « référendum d’autodétermination »*, comme si le temps à Alger, s’était figé dans les années 1980. Dans son propos, le droit international est invoqué… puis ignoré. Le paradoxe, pour ne pas dire l’incohérence, est d’autant plus frappant que le président algérien invoque le **droit international**, tout en feignant d’ignorer que c’est précisément le Conseil de sécurité qui en est l’un des principaux interprètes et producteurs normatifs. Or, le droit a parlé. Les résolutions successives du Conseil de sécurité ont abandonné depuis longtemps toute référence à un référendum devenu impraticable, irréaliste et politiquement caduc. À sa place, une solution politique, pragmatique et durable a émergé : **l’autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine**. Cette évolution n’est ni accidentelle ni conjoncturelle. Elle est le fruit d’un constat partagé au sein de la communauté internationale : le territoire du Sahara est historiquement, juridiquement et politiquement partie intégrante du Royaume du Maroc. Et pour tenir compte de la sensibilité algérienne, pays qui a investi des dizaines de milliards de dollars depuis près d’un demi-siècle dans ce conflit artificiel, le Conseil de sécurité a, en quelque sorte, « coupé la poire en deux » en validant une large autonomie régionale, sans remettre en cause la souveraineté marocaine. On pensait alors donner une sortie honorable à Alger. Elle ne l'a pas saisie. Une Algérie isolée face à un réalignement global. En persistant dans cette posture, l’Algérie ne défie pas le Maroc : elle **nargue les grandes puissances**. Les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, plusieurs pays d’Europe centrale, de nombreux États africains et arabes ont clairement ou implicitement rallié la position marocaine. Certains l’assument ouvertement, d’autres, pour des raisons historiques, idéologiques ou de politique intérieure, avancent plus prudemment. C'est le cas de la Russie et de la Chine qui n'ont pas voté contre la dernière résolution du Conseil de sécurité. Mais tous agissent en conséquence : ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla, accords économiques, investissements massifs, partenariats stratégiques avec Rabat. Pendant ce temps, l’Algérie s’enferme dans une **diplomatie de déni**, incapable de lire les rapports de force réels. À l’heure où le Maroc s’impose comme un hub africain, atlantique et euro-méditerranéen, Alger souffle sur les braises d’un conflit qui ne mobilise plus personne, sinon elle-même et quelques relais idéologiques résiduels ridicules. Un régime d'un autre temps, face à une population en souffrance, est aux commandes à Alger. Certains mots utilisés maladroitement par le président et sa mimique sont en fait des insultes adressés ouvertement à beaucoup de pays et non des moindres, à ceux qui soutiennent la position du Maroc. Plus inquiétant encore est le **décalage abyssal** entre ce discours idéologique et la réalité vécue par la population algérienne. Le régime militaire semble évoluer sur une autre planète. Le président paraît hors sol, déconnecté des préoccupations quotidiennes d’un peuple meurtri par des pénuries à répétition : denrées de première nécessité, médicaments, pneus, produits de base. Dans un pays pourtant riche en hydrocarbures ou la gestion économique et sociale frôle l’absurde et la manipulation des chiffres un sport national. La question se pose alors avec acuité : **à qui profite cette obstination chronique ?** Certainement pas aux Algériens. Elle sert avant tout à perpétuer un système politique qui a besoin d’un ennemi extérieur pour masquer ses échecs internes à répétition, justifier la mainmise de l’armée sur le pouvoir et détourner l’attention d’une crise structurelle profonde. Il faut coute que coute cacher la véritable Algérie; celle cernée sur le plan régional. les signaux à ce niveau sont tout aussi préoccupants. Accusée par plusieurs pays du Sahel de contribuer à leur déstabilisation, directement ou indirectement, l’Algérie se retrouve progressivement **encerclée diplomatiquement**. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ne cachent plus leur défiance à l’égard d’Alger. A cela s'ajoute la rupture totale avec le Maroc, les relations avec l’Espagne durablement affectées. L’influence algérienne en Afrique recule, au moment même où le Royaume chérifien y consolide ses positions économiques, religieuses et sécuritaires. Quelles conséquences immédiates alors ? À moyen terme, ce positionnement risque d’avoir des conséquences lourdes : * **Isolement diplomatique accru**, * **Perte de crédibilité internationale**, * **Affaiblissement de la voix algérienne dans les forums multilatéraux**, * **Aggravation du malaise social interne**, * Et, paradoxalement, **renforcement de la légitimité de la position marocaine**. L’histoire montre que les conflits artificiels finissent toujours par se retourner contre ceux qui les instrumentalisent. En refusant d’accepter la réalité du dossier du Sahara, l’Algérie ne retarde pas la solution : elle retarde sa propre normalisation politique et régionale. Elle diffère aux calendes grecques sa sortie de crise et son développement. Le dossier du Sahara est désormais clos sur le plan stratégique, même s’il reste ouvert sur le plan rhétorique pour Alger. Continuer à s’y accrocher relève moins de la conviction que de l’aveu d’impuissance. À force de naviguer à contre-courant, le régime algérien risque de se retrouver seul, échoué sur les rives d’un passé révolu, pendant que la région avance sans lui. Une explication tout de même à cette sortie hasardeuse précipitée du président algérien: le grand succès de la Coupe d'Afrique des Nations de Football au Maroc. La réussite du Royaume et le satisfecit général, semble irriter le régime algérien qui ne trouve rien à répondre à ses ressortissants s'étant rendus sur place et ayant de visu constaté l'étendue, la maladresse et la bêtise de la propagande que leur fait subir le régime militaire. Certains n'hésitent pas à conclure que le Maroc avaient pris une avance de 50 ans sur leur pays. Quoi qu'il en soit, le Maroc officiel ne répondra certainement pas aux propos du président algérien. Le Royaume est dans son droit, consacré par la communauté internationale. Il poursuit son petit bonhomme de chemin se développant chaque jour un peu plus et engrangeant succès après succès.

La CAN, bouée de sauvetage pour un continent en crise : pourquoi quadriennale rime avec abandon... 1181

Passant d'un rendez-vous biennal à une compétition quadriennale dès 2026, la Coupe d'Afrique des Nations (CAN), joyau de la Confédération Africaine de Football (CAF), voit son calendrier dilué par les intérêts voraces des clubs européens et une FIFA complaisante. Ces acteurs, obsédés par la rentabilité immédiate, sacrifient la renaissance continentale, la réconciliation et l'unité panafricaine au profit d'un agenda mondialisé. Pendant un mois, la CAN offre un oubli bienvenu des fléaux qui minent l'Afrique : guerres civiles, famines, terrorisme et crises économiques et politiques récurrentes. Loin d'être un simple tournoi sportif, elle agit comme un catalyseur multidimensionnel, sportif évidemment, mais aussi économique, festif et thérapeutique pour un continent meurtri, en grande partie. C'est une véritable bouée de sauvetage pour des peuples en crise. Le football transcende le terrain pour devenir un exutoire vital et un liant social puissant. Il agit ici comme un antidote aux conflits et à la misère, au désarroi et à la perte d'espoir. Dans des pays en devenir, ravagées par la violence, les sélections nationales de football incarnent l'espoir et l'unité, transformant les stades en parenthèses de normalité. - Au **Soudan** : La guerre civile, éclipsée depuis avril 2023, a fait plus de 20 000 morts et 10 millions de déplacés, selon l'ONU. Et pourtant les Aiglons de la Mer Rouge, troisièmes du groupe E avec 3 points après deux matchs, portent fièrement les couleurs d'un championnat exilé, ravivant un sursaut collectif, allumant une lueur d'espoir. - Au **Burkina Faso** : Touché par une crise alimentaire aiguë affectant 3 millions de personnes et une insécurité jihadiste endémique, les Étalons, deuxièmes du groupe E avec 3 points, n'ont plié face à l'Algérie que sur un simple penalty. Leur qualification galvanise un peuple divisé, offrant un rare motif de fierté nationale et d'espérance. - Au **Mali** : 5 millions de citoyens sont impactés par la présence d'une mosaïque de groupes terroristes, par des insurrections et coups d'État à répétition, mais cela n'a pas empêché les Aiglons du Mali de tenir tête au Maroc hôte. Ils sont leaders ex aequo avec 4 points après deux journées. Le duel imposé au Maroc symbolise une résilience farouche et une fierté à toute épreuve. - En **République Démocratique du Congo (RDC)** : 8 millions de déplacés à l'est fuient les violences du M23 ; pourtant, les Léopards au groupe D, avec le Sénégal muent les stades en exutoires cathartiques, canalisant la colère en liesse collective. - Au **Zimbabwe** : 4,5 millions de personnes souffrent d'un recul sanitaire et économique chronique ; les Warriors, lanterne rouge du groupe B avec 1 point, ravivent néanmoins l'orgueil d'une jeunesse confrontée à un chômage massif. Plus de 80% chez les moins de 25 ans ne savent plus quoi faire de leurs vies. - Au **Mozambique** : 1,1 million de déplacés à Cabo Delgado fuient les jihadistes ; pourtant les Mambas célèbrent une victoire historique 3-2 sur le Gabon, puissance footballistique, défiant l'adversité. - Au **Nigeria** : au nord les États BAY : Borno, Adamawa, Yobe, ploie sous Boko Haram depuis 15 ans, avec des millions de déplacés. Les Super Eagles, en groupe C avec la Tunisie, arrivent pourtant à unir un pays fracturé par l'insécurité côtière et les divisions ethniques endémiques. Sur le terrain on oublie même que les USA viennent de bombarder les djihadistes accusés de malmener les chrétiens du pays. - Au **Cameroun** : La crise anglophone a déplacé 700 000 personnes ; les Lions Indomptables arrachent un nul 1-1 face au tenant du titre ivoirien en groupe F, offrant une parenthèse enchantée aux tensions persistantes. - En **Angola** : Héritage d'une guerre civile traumatique, le pays lutte pour sa stabilité ; les Palancas Negras se battent vaillamment en groupe B aux côtés de l'Égypte, symbolisant une reconstruction fragile et de l'optimisme. Ces exemples illustrent comment la CAN, par sa régularité biennale, agissait comme une soupape de sécurité sociale, interrompant les cycles de désespoir tous les deux ans. Au delà du jeu et du ballon qui glisse sur les pelouses, l'impact est également économique. La CAF a élargi les phases finales à 24 équipes sur 54 nations, tandis que les éliminatoires ont uni 30 autres pays autour de moments d'espoir partagé. La CAN 2025 au Maroc bat tous les records : 236 849 spectateurs en phase de groupes (contre 197 880 en 2023), avec plus d'1 million de billets déjà vendus. Les projections économiques explosent: 192,6 millions de dollars de revenus; en sponsoring quelques 126 M$ et en billetterie pas moins de 19 M$, tandis que 500 000 à 1 million de visiteurs étrangers devraient booster le PIB marocain de 12 milliards de dirhams via tourisme, hôtellerie et sponsoring local. Historiquement, la CAN 2023 en Côte d'Ivoire avait généré 2,2 milliards d'euros d'impact économique ; 2025 pourrait la surpasser, renforçant le soft power africain. La CAN est vue dans le monde entier. LA qualité à toute épreuve offerte par le Maroc y contribue pour beaucoup. Le monde entier découvre le continent sous un autre visage, celui du progrès et de la modernité. Hélas, ce ci est sans compter avec le diktat européen et une trahison de l'essence africaine. Les Africains, conscients de ces enjeux, ont toujours milité pour une CAN biennale, ancrée dans leur réalité, répondant à leurs besoins spécifiques. Comment justifier le passage quadriennal sinon comme un diktat européen ? Les clubs sont arrivés à imposer ce calendrier pour limiter les absences de leurs stars africaines à 28 jours par an, au lieu de 40 en année CAN, préservant leurs profits et intérêts mercantiles. La FIFA, sous le sourire d'Infantino, sacrifie ainsi l'urgence humanitaire africaine. Quatre ans d'attente, c'est une éternité pour des peuples en péril. Ce choix ignore les précédents et les véritables problèmes, comme la Champions League qui sature le calendrier sans égards pour les confédérations mineures. La CAF doit trancher : le football africain est un ciment social irremplaçable, une soupape vitale d'espoir en Afrique. Quadriennaliser la CAN, c'est diluer son âme panafricaine au profit d'intérêts étrangers. L'héritage d'une CAN tous les deux ans doit être préservé, pour que le ballon rond puisse continuer de guérir les blessures du continent. Le retour à un cycle de deux ans est un devoir humanitaire qu'on ne peut balayer aussi impunément. La CAN, espace éphémère de réconciliation africaine tous les deux ans, risque de s'effacer au prix de rêves brisés d'une jeunesse qui aspire à vivre comme les autres. La CAN n'est pas un tournoi comme les autres, loin de là.

Sahara Marocain, Maghreb et Sahel : le repositionnement subtil de la Russie entre intérêts, réalpolitik et nouveaux équilibres. 1168

Les signaux envoyés récemment par la Russie sur le dossier du Sahara Marocain ne relèvent ni du hasard ni d’un simple flottement diplomatique. Ils traduisent au contraire un repositionnement pragmatique, révélateur des recompositions géostratégiques profondes qui traversent le Maghreb et le Sahel, dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, l’affaiblissement relatif de l’Occident en Afrique et l’émergence de nouvelles logiques d’alliances. Pendant que les marocains sont occupés par la Coupe d'Afrique des Nations de football dont ils veulent offrir une édition exceptionnelle à leur continent, il se passe des choses fortement intéressantes pour l'avenir de la région. Le refus de Moscou d’autoriser la participation du Polisario, sous sa forme autoproclamée de « RASD », à la dernière réunion afro-russe constitue un acte politique fort, même s’il n’a pas été formalisé par une déclaration officielle tonitruante. Dans la grammaire diplomatique russe, ce type de décisions vaut message. En excluant une entité non reconnue par l’ONU et exclusivement dépendante de l’Algérie, la Russie confirme son attachement au cadre onusien et son refus de légitimer des constructions étatiques fragiles ou instrumentalisées. le Polisario n'a pas participé à la dernière réunion ministérielle du Forum Russie-Afrique au Caire les 19-20 décembre 2025. Moscou a explicitement exclu le Front Polisario et sa « RASD » autoproclamée, malgré les pressions de l'Algérie et de l'Afrique du Sud, réservant l'événement aux États souverains reconnus par l'ONU. ​Cette décision s'inscrit dans la ligne constante de la Russie, qui avait déjà écarté le Polisario des sommets précédents à Sotchi et Saint-Pétersbourg. Ce choix est d’autant plus significatif qu’il intervient dans un contexte où Moscou cherche à apparaître comme un acteur « responsable » aux yeux des pays africains, soucieux de stabilité et de souveraineté. L’abstention russe au Conseil de sécurité lors du dernier vote sur le Sahara marocain s’inscrit dans la même logique. Moscou ne soutient pas explicitement la position marocaine, mais ne s’oppose plus frontalement à l’évolution du dossier en faveur d’une solution politique réaliste. Cette posture traduit une neutralité active, qui permet à la Russie de préserver ses relations historiques et lucratives avec l’Algérie tout en évitant de contrarier un partenaire marocain devenu central dans plusieurs dossiers africains et méditerranéens. Dans la logique russe, il ne s’agit pas de choisir un camp, mais de maximiser les marges de manœuvre. Contrairement à une lecture idéologique héritée de la Guerre froide, la relation russo-marocaine repose aujourd’hui sur des intérêts économiques tangibles et croissants, notamment en agriculture et sécurité alimentaire avec les importations de céréales et exportations de produits agricoles marocains, en engrais et phosphates, en énergie, ainsi qu’en logistique et accès aux marchés africains. Le Maroc apparaît pour Moscou comme un hub africain crédible, un État stable disposant de réseaux économiques et diplomatiques étendus en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Dans un contexte où la Russie cherche à compenser son isolement occidental, Rabat offre une porte d’entrée pragmatique vers l’Afrique atlantique, loin des zones de chaos sahélien. L’Algérie demeure un allié stratégique historique de la Russie, notamment dans le domaine militaire, Alger consacrant chaque année plusieurs milliards de dollars à l’achat d’armements russes, ce qui en fait l’un des principaux clients de l’industrie de défense russe. Mais cette relation est aujourd’hui déséquilibrée : elle reste largement unidimensionnelle centrée sur l’armement, n’offre pas à Moscou de relais économiques ou logistiques comparables à ceux du Maroc en Afrique subsaharienne, et se trouve politiquement rigidifiée par une lecture idéologique figée du dossier saharien. De plus, l’Algérie n’a pas su capitaliser diplomatiquement sur son alignement russe pour devenir un acteur structurant crédible et solide au Sahel, contrairement à ce qu’elle ambitionnait. Dans le contexte sahélien actuel: effondrement étatique, coups d’État, terrorisme, présence de mercenaires et rivalités internationales, la Russie privilégie désormais les acteurs capables d’offrir des îlots de stabilité. Le Maroc, par sa politique africaine pragmatique, ses investissements, sa diplomatie religieuse et sécuritaire, apparaît comme un facteur d’équilibre, là où l’Algérie reste perçue comme un acteur de blocage sur certains dossiers régionaux. Les pays du Sahel n'hésitent même plus à dire ouvertement de l'Algérie qu'elle est la cause de leur malheur... La question du Sahara occidental, dans cette lecture, n’est plus un enjeu idéologique, mais un paramètre de stabilité régionale ; Moscou semble avoir intégré que la perpétuation du statu quo conflictuel sert davantage l’instabilité que ses propres intérêts stratégiques en Afrique. Contrairement à une idée répandue, la Russie ne raisonne plus en termes d’alliances « fraternelles » héritées du passé, mais en rapports coûts-bénéfices, l’époque du soutien automatique aux mouvements dits « révolutionnaires » étant révolue. La Russie est signataire avec le Maroc d'accords incluant le Sahara notamment en matière de pêche. Le dossier saharien illustre parfaitement cette mutation : pas de reconnaissance du Polisario, pas d’opposition frontale au Maroc, maintien du lien avec l’Algérie sans lui accorder un blanc-seing diplomatique. Bien au contraire elle la cantonne dans une dimension plutôt de petit poucet ne l'ayant pas du tout aidé à rejoindre les BRICS bien au contraire. Pour le président algérien l'adhésion était acquise. Il recevoir une véritable gifle et en Afrique du Sud s'il vous plait. Les BRICS refusèrent l'adhésion de son pays. Les récentes positions russes sur le Sahara occidental ne constituent pas une rupture spectaculaire, mais un tournant silencieux, à pas sûrs, révélateur d’un nouvel équilibre maghrébo-sahélien. Dans ce jeu à plusieurs niveaux, le Maroc consolide son statut d’acteur africain central et fiable, l’Algérie reste pour la Russie, un partenaire militaire important mais politiquement contraint. Soutenu par un pays affaibli et un régime à l'agonie, le Polisario s’enfonce dans une marginalisation diplomatique progressive. Il vit ses derniers instants. La Russie, fidèle à sa tradition de puissance réaliste, ajuste ses positions non pas en fonction des slogans, mais des dynamiques réelles du terrain, où la stabilité, l’intégration régionale, les intérêts économiques pérennes et solides et bien évidemment la crédibilité diplomatique valent désormais plus que les fidélités idéologiques du passé. Désormais il va falloir intégrer ce qu'est devenue la Russie qui n'est plus l'Union Soviétique. Alger en a telle la capacité intellectuelle.

Marocains et Algériens : frères d’histoire probablement, ennemis politiques certainement. 1205

La question de savoir si Marocains et Algériens sont des frères revient de manière récurrente, souvent chargée d’émotion, rarement traitée avec la profondeur historique et la lucidité politique qu’elle mérite. Le slogan cache une réalité complexe, faite d’unité anthropologique et civilisationnelle, mais aussi de ruptures successives, certaines anciennes, d’autres plus récentes, largement imposées par des dominations extérieures puis par des choix politiques post-indépendance. A l'origine l'unité humaine et civilisationnelle est indéniable. Au plan historique, anthropologique et culturel, il ne fait guère de doute que l'Afrique du nord a longtemps constitué **un même espace humain continu**. Les grandes confédérations amazighes: Sanhaja, Zenata, Masmouda, les apports islamiques, les réseaux de confréries religieuses, les routes commerciales et les dynasties marocaines: almoravide, almohade, mérinide, saadienne ont structuré un Maghreb **organique**, sans frontières rigides. Les appartenances étaient tribales, religieuses, spirituelles ou dynastiques. La circulation des hommes, des idées et des élites était constante. **Marocains et Algériens avaient clairement un même fond civilisationnel**. Puis il y eu la parenthèse ottomane et une première divergence structurelle. A partir du XVIᵉ siècle apparaît une **différenciation majeure** entre les rives occidentales du Maghreb. Alors que le Maroc demeure un État souverain, structuré autour d’une monarchie chérifienne enracinée, l’Algérie passe sous **domination ottomane**, intégrée comme régence périphérique de l’Empire; domination, qui dura près de trois siècles et ne fut pas neutre. Elle y introduisit : * un **pouvoir exogène**, militaire et urbain, coupé du monde tribal intérieur; * un système hiérarchisé dominé par une caste politico-militaire: janissaires, deys, beys, souvent d’origine non locale; * une organisation sociale marquée par une séparation nette entre gouvernants et gouvernés, sans véritable intégration politique des populations. Ce modèle ottoman, plus fondé sur la coercition que sur l’allégeance, contrastait profondément avec le modèle marocain, où le pouvoir central reposait sur la **bay‘a**, la légitimité religieuse, et une continuité dynastique autochtone. Sans “dénaturer” profondément les populations au sens biologique du terme, cette longue période ottomane a **modifié les rapports à l’État, à l’autorité et à la souveraineté**, et a contribué à éloigner progressivement, sur le plan culturel et politique, les sociétés de l’Ouest algérien et du Maroc. Vint alors la colonisation française et la séparation institutionnalisée. La colonisation française de l’Algérie (1830–1962) introduit une rupture bien plus profonde encore. Paris travaille méthodiquement à **arracher l’Algérie à son environnement maghrébin naturel**, la transformant en colonie de peuplement, puis en départements français. Les frontières sont redessinées unilatéralement bien au détriment du Maroc, et une identité algérienne est progressivement construite **en opposition à son voisin de l’Ouest**, présenté comme archaïque. Il s’agit là d’un héritage direct du logiciel colonial français. Pourtant, malgré cette entreprise de séparation, la fraternité entre les peuples résiste. Le Maroc accueille, soutient et arme les combattants du FLN; des milliers de Marocains participent à la guerre de libération; Feu SM Mohammed V engage le prestige et les ressources du royaume au service de l’indépendance algérienne. À ce moment précis, la fraternité n’est ni un mythe ni un discours: elle est **un fait historique concret**. A l’indépendance algérienne une rupture politique inattendue est assumée. C’est donc paradoxalement **après 1962**, une fois l’Algérie indépendante, que la fracture devient durable. Le pouvoir issu de l’armée des frontières revient sur les accords conclus avec le GPRA concernant les frontières héritées de la colonisation. La **guerre des Sables de 1963**, déclenchée contre un Maroc affaibli mais solidaire quelques mois plus tôt, constitue un traumatisme fondateur. Dès lors, l’hostilité devient structurelle: * Soutien directe à des opposants et putschistes marocains; * Appui politique, diplomatique, militaire et financier aux séparatistes du Polisario; * Campagnes médiatiques acharnées contre le Maroc et sa monarchie; * Ingérences répétées dans les choix souverains marocains, y compris ses alliances internationales, notamment avec Israël; * Accusations lourdes, souvent évoquées dans le débat public algérien, * Opérations de déstabilisation, dont l’attentat de l’hôtel Asni à Marrakech en 1994 ; * instrumentalisation de l’enseignement scolaire algérien, où le Maroc est présenté comme un État « colonialiste »; * Déportation brutale de 45 mille marocains hors d'Algérie; * Sabotage des tentatives de rapprochement, y compris sous la présidence de Mohamed Boudiaf, dont l’assassinat, alors qu’il amorçait un dialogue avec Rabat, demeure entouré de zones d’ombre. Plus récemment, l’affaire **Boualem Sansal**, emprisonné pour avoir exprimé des vérités historiques dérangeantes pour la narration officielle, illustre l’incapacité du régime algérien à accepter une lecture libre et apaisée de l’histoire maghrébine. Voilà donc deux trajectoires nationales irréconciliées. À cette hostilité politique s’ajoute une divergence profonde des trajectoires nationales. Le Maroc, sans être exempt de critiques, a engagé une transformation progressive: réformes institutionnelles, pluralisme, grands chantiers d’infrastructures, intégration africaine, diversification économique et diplomatique. À l’inverse, l’Algérie demeure enfermée dans un **système militaro-sécuritaire hérité à la fois de la logique ottomane et de la guerre de libération**, centralisé, méfiant envers la société, dépendant de la rente énergétique et structurellement hostile à toute réussite régionale perçue comme concurrente. Cette asymétrie nourrit frustration et ressentiment, où le Maroc devient un **adversaire idéologique utile, l'ennemi classique** Alors, frères ou non ? La réponse est nuancée, mais sans ambiguïté. **Marocains et Algériens sont des frères par l’histoire longue, la culture profonde, la géographie et les liens humains.** Ils l’ont été pendant des siècles, avant la domination ottomane, avant la colonisation française, et le restent peut être au niveau des peuples. Mais **ils ne le sont plus au niveau des États**, du fait d’un choix politique délibéré du régime algérien depuis l’indépendance: construire sa légitimité sur l’hostilité extérieure, en particulier envers le Maroc. La fraternité n’a pas disparu; elle a été **progressivement altérée, puis confisquée** par l’histoire impériale, coloniale et postcoloniale. Elle subsiste dans la mémoire populaire, dans les familles séparées, dans le silence douloureux des frontières fermées. L’histoire, elle, tranche sans passion ni idéologie, la 35ème CAN y contribue: **les peuples sont frères; le régime algérien en a décidé autrement**.

Le style Moulay El Hassan : élégance, humilité et souveraineté du geste... 1122

Il arrive parfois qu’un instant dépasse l’événement qui l’a rendu possible. La cérémonie d’ouverture de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations, organisée au Maroc, restera sans doute dans les mémoires non seulement pour sa technologie, sa beauté, la pertinence de sa thématique et sa qualité inédite en Afrique ; non par son importance sportive et diplomatique, mais surtout pour la prestation silencieuse, presque chorégraphique, du Prince Héritier **Moulay El Hassan**. Sous une pluie battante, dans un stade plein et sous les regards croisés du public marocain et international, le Prince a surpris les non avertis. Non par l’ostentation, mais par la sobriété. Non par la distance, mais par la proximité. Ce soir-là, le Maroc a offert à l’Afrique et au monde bien plus qu’un tournoi de football : une leçon de style, de comportement et d’hospitalité par l’élégance du geste et la noblesse de l’attitude. Sans parapluie, avançant calmement sur la pelouse détrempée du **Stade Moulay Abdellah**, le Prince Héritier s’arrête, salue chaleureusement un public charmé, enthousiaste, fervent, et se dirige vers les arbitres et les joueurs avec un naturel désarmant. Les images parlent d’elles-mêmes : des sourires, des échanges simples, un ton amical et profondément humain. Aucun protocole pesant, aucune rigidité. Juste l’évidence d’un homme à l’aise dans sa mission, avec prestance et classe. Lorsqu’il demande à l’arbitre de quel côté botter le ballon pour donner le coup d’envoi symbolique, le geste devient presque métaphorique. Celui d’un héritier du trône qui sait que l’autorité véritable n’a pas besoin d’être imposée, mais s’exerce dans le respect, l’affection et l’écoute. Le ballon est frappé avec élégance, sans emphase. Le message, lui, est limpide. La joie est manifeste. Le Maroc est hôte et maison commune de tout un continent en devenir. Le Prince en donne la preuve. En bon Marocain, le Prince Héritier maîtrise cet art ancestral: celui de recevoir et de mettre à l’aise ses invités. Les pays présents à la CAN sont les invités du Maroc. Et, à un niveau plus profond encore, ils sont les invités de tous les Marocains, à leur tête Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, comme se plaisent à le répéter le président de la FIFA **Gianni Infantino** et celui de la CAF **Patrice Motsepe**, Sud-Africain, faut-il le rappeler. En présidant cette cérémonie, en représentant son auguste père, le Prince Moulay El Hassan n’incarnat pas seulement la continuité institutionnelle. Il incarnait une culture : celle d’un Royaume où l’hospitalité est une valeur cardinale, et où la souveraineté s’exprime aussi par la courtoisie. Installé dans la Tribune Royale aux côtés du président des Comores, de **Gianni Infantino**, de **Patrice Motsepe** et du président de la FRMF **Fouzi Lekjaa**, le Prince a suivi la rencontre avec une attention visible, réagissant aux temps forts comme n’importe quel passionné de football, exprimant une joie sincère, une émotion partagée. Lorsque **Ayoub El Kaabi** inscrit son splendide retourné acrobatique à la 74ᵉ minute, la joie du Prince est spontanée, sincère, presque contagieuse. Ce n’est pas une joie calculée, mais celle d’un jeune homme fier de son équipe, de son pays, et du moment historique que vit le Royaume et l'Afrique. À cet instant même, il se retourne et salue respectueusement son invité : le Président des Comores. Les relations et la coopération avec ces Îles sont particulières. La quasi-totalité des hauts responsables de ce pays frères, pourtant lointain, dont le président lui-même, ont été formés dans les grandes écoles et universités du Maroc. Cette capacité de Son Altesse Royale à passer, sans rupture, du protocole à l’émotion est peut-être l’un des traits les plus marquants de cette prestation. Elle humanise la fonction sans jamais l’affaiblir. Elle rappelle la sollicitude royale à l’hôpital de Marrakech : Sa Majesté se penchant sur un lit d’hôpital et faisant l’accolade à un blessé subsaharien qui le remercie de tout cœur et semble avoir oublié son malheur. Là, à Rabat, en cette soirée du 21 décembre, la pluie est un symbole : entre gratitude et destin. Il y avait, ce soir-là, une autre dimension, plus subtile, presque spirituelle. Après sept années consécutives de sécheresse, cette pluie abondante tombant sur Rabat, à ce moment précis, prenait une résonance particulière. Le geste princier, accompli sans protection alors qu’il pleuvait des cordes, est apparu à beaucoup comme une forme de gratitude silencieuse, un remerciement à la miséricorde divine. Vivement la pluie et les neiges abondantes sur les cimes de l'Atlas. Dans une monarchie où le temps long, le symbole et le sacré comptent autant que l’instant médiatique, cette image a marqué les esprits. Elle a rappelé que le pouvoir, au Maroc, s’inscrit dans une continuité historique et spirituelle, celle de la plus ancienne dynastie régnante au monde. Celle du commandeur des coryants. Feu Hassan II n’avait-il pas remercié Dieu, traversant Khémisset debout les bras en l’air, par une pluie battante qui avait tardé ? Le Prince est un homme d’exception en devenir, brillant étudiant, doctorant perspicace, marocain résolu, musulman convaincu, africain décidé, humaniste érudit. La victoire finale des Lions de l’Atlas (2-0) n’a fait que parachever une soirée déjà chargée de sens. Mais au-delà du score, c’est le comportement du Prince Héritier qui restera comme l’un des moments forts de cette ouverture de la CAN. Par son humilité, son élégance et sa maîtrise des codes, **Moulay El Hassan** a montré qu’il n’était pas seulement un héritier de sang royal, mais un héritier de valeurs pérennes. Et c’est peut-être là que réside le respect, l'amour et l’admiration du public marocain et la surprise de celui international : avoir vu, sous la pluie, se dessiner le portrait d’un futur grand leader qui comprend que la grandeur commence souvent par la simplicité du geste.

Le paradoxe marocain : entre progrès tangible et désenchantement social... 1198

Les indicateurs macroéconomiques et sociaux dressent le portrait d’un Maroc en profonde transformation. le Maroc d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui des premières décennies post-indépendance. L’espérance de vie, qui stagnait autour d’un demi-siècle dans les années 1960, dépasse désormais les trois quarts de siècle. Les politiques d’électrification, d’adduction d’eau potable, de scolarisation et de couverture sanitaire ont produit des résultats visibles, même si des zones de fragilité subsistent. Le pays a gagné près de trente années d’espérance de vie, réduit significativement la pauvreté. Les modes de consommation se sont diversifiés, le tourisme interne s’est développé, les pratiques de loisirs se sont diffusées. Les comportements sociaux se rapprochent progressivement de ceux observés dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, sinon plus. Pourtant, cette situation globalement positive, cohabite avec un sentiment diffus de malaise. Le pessimisme semble persistant, couplé avec une défiance croissante envers les institutions politiques et s'exprime sous forme de désenchantement civique. Comment comprendre ce décalage entre des progrès mesurables, palpables et un ressenti collectif marqué parfois l’auto-dévalorisation ? Sur le plan économique, malgré les chocs exogènes, pandémie, sécheresses à répétition, tensions géopolitiques, inflation importée, la trajectoire demeure globalement ascendante. L’essor des infrastructures, le développement d’industries exportatrices: automobile, aéronautique, phosphate et dérivés, la montée en puissance des services et l’intégration progressive aux chaînes de valeur mondiales sont régulièrement salués par les institutions internationales qui sont unanime quant à la résilience et les avancées du pays en matière de développement humain. L'aménagement et l'embellissement des villes est juste surprenant. Si l’on s’en tient aux données, il fait indiscutablement «mieux vivre» au Maroc aujourd'hui qu’il y a vingt, trente ou cinquante ans. Pourtant, cette amélioration objective ne se traduit pas mécaniquement par un sentiment de mieux-être. Le bien-être ne se mesure jamais en termes absolus. Il se construit par comparaison: avec hier, avec les autres, avec ce que l’on perçoit comme possible ou légitime. À mesure que la société progresse, les attentes s’élèvent, se diversifient et deviennent plus exigeantes. Le citoyen ne se satisfait plus de l’accès aux services de base ; il aspire à la qualité, à la reconnaissance et à la dignité. La généralisation de l’accès à l’information et aux réseaux sociaux a démultiplié ce jeu de miroirs. Les standards de vie occidentaux, les modes de consommation globalisés et les styles de vie d’élites locales ou internationales sont constamment exposés. Le référentiel de comparaison ne se limite plus au village voisin ou à la génération précédente, mais s’étend à des sociétés beaucoup plus riches ou à des minorités privilégiées. Cet écart imaginaire entre ce qui est et ce qui est vu, parfois fantasmé, alimente une frustration qui peut coexister avec une amélioration réelle des conditions matérielles. Ainsi, le sentiment de déclassement exprime moins un retour en arrière objectif qu’un décalage entre des aspirations en expansion rapide et des capacités de réponse économique, sociale et institutionnelle qui progressent à un rythme jugé insuffisant. Le progrès ne masque pas des fractures persistantes. Les écarts entre monde urbain et rural, entre régions côtières et arrière-pays, entre catégories socioprofessionnelles s'amenuisent mais demeurent marqués au plan de la perception et du ressenti. La classe moyenne a le sentiment d'évoluer dans une zone d’incertitude. Elle dispose d’un niveau de vie supérieur à celui de la génération précédente, mais se sent vulnérable. Même avec des indicateurs macroéconomiques positifs, la difficulté pour de nombreux ménages à se projeter sereinement à moyen terme, planifier un projet, anticiper une mobilité sociale, sécuriser une retraite, nourrit une angoisse diffuse. L’incertitude, plus que la pauvreté au sens strict, devient un facteur central du malaise. L'inquiétude ne se limite pas au champ économique ou social. Elle trouve un puissant amplificateur dans la crise de confiance envers les acteurs politiques. Les enquêtes d’opinion attestent d’une défiance croissante vis-à-vis des partis, des élus, des institutions de médiation. Les progrès réalisés ne sont pas suffisamment expliqués, ni incarnés par des responsables crédibles et beaucoup de citoyens ont le sentiment d'iniquité, faisant endosser aux politiques leur ressenti. La politique est perçue, souvent, comme un espace fermé, dominé par des logiques de carrière et de clientélisme. Les attentes placées dans les alternances électorales sont régulièrement déçues, d’où un transfert de frustration vers l’ensemble du champ politique. Les hommes et femmes politiques deviennent les réceptacles symboliques d’un malaise qui déborde largement leur action réelle. Ce phénomène est renforcé par la temporalité des politiques publiques. Beaucoup de réformes, éducatives, sociales, territoriales, produisent des effets à long terme, alors que les citoyens exigent des résultats rapides et lisibles dans leur quotidien. Faute de pédagogie, de transparence et de narration collective, les politiques publiques demeurent abstraites et leurs bénéfices, invisibles ou attribués à d’autres facteurs. Le pessimisme marocain ne prend pas nécessairement la forme d’une contestation radicale. Il s’exprime souvent par un «nihilisme doux» : abstention électorale, désengagement associatif, repli sur la sphère privée, montée de l’ironie et du cynisme dans le débat public, discours dévalorisants sur le pays lui-même. Ce climat entame la confiance dans la capacité collective à transformer la réalité. Ce nihilisme est ambivalent. Il coexiste avec de fortes aspirations à la réussite individuelle, à la reconnaissance internationale du pays. Il ne traduit pas un rejet du progrès, mais plutôt un doute sur la capacité du système à offrir des perspectives à tous, et pas toujours aux mêmes. Le défi pour le Maroc dépasse donc la seule dimension économique ou sociale. Il est aussi symbolique et politique. Comment faire en sorte que les progrès tangibles se traduisent en sentiment partagé d’avancement collectif ? Comment reconnecter les trajectoires individuelles avec une vision d’avenir lisible et crédible ? En l’absence de récit partagé, les chiffres, même positifs, peinent à convaincre. Le paradoxe marocain n’est pas celui d’un pays immobile mais celui d’une société en mouvement, traversée par une tension permanente entre progrès réel et espoirs. C’est dans la capacité à transformer cette tension en énergie de réforme que se joue, en grande partie, l’avenir. La CAN, avec les vidéos qui circulent traduisant le satisfecit et l'étonnement des étrangers des progrès du Maroc peut être ce point d'inflexion espéré. Il fait bon vivre au Maroc.

Puissance africaine naissante ou occasion perdue : Lomé 2025 entre pivot historique et naufrage stratégique... 1371

À Lomé, du 8 au 12 décembre 2025, le 9ᵉ Congrès panafricain a transcendé les rituels commémoratifs habituels pour devenir un QG stratégique. Du moins il l'aura tenté. Gouvernements, intellectuels, patrons d’entreprises, diasporas et activistes ont martelé un diagnostic impitoyable: dans un monde fracturé par les guerres hybrides, les chaînes d’approvisionnement rompus et les empires en déclin ou en quête de repositionnement, l’Afrique ne peut plus se contenter de survivre. Elle doit imposer une doctrine de puissance collective, ou périr comme terrain de jeu des géants. Fini le panafricanisme de discours lyriques et les joutes idéologiques. On est passé du symbole au glaive avec un panafricanisme en arme géopolitique. À Lomé, Faure Gnassingbé, président togolais et hôte, a d'emblée planté le décor: l’unité africaine n’est plus une utopie morale, mais un bouclier contre les prédateurs. Face à la Chine qui verrouille les mines de cobalt, la Russie et les problèmes sahéliennes, les États-Unis qui dictent des normes plutôt floues, l’Afrique choisit la rupture. Gnassingbé l’a dit cash : sans coordination, le continent reste une proie ; avec elle, il devient un pivot. Les débats ont disséqué la fragmentation se penchant sur les crises au Sahel, les tensions au Soudan, la piraterie en Somalie. L’alternative est binaire: vassalisation ou souveraineté collective. Lomé pose donc les bases d’une alliance défensive, inspirée possiblement des BRICS, pour contrer les ingérences gourmandes. On ne s'est point gêné de statuer que le multilatéralisme s'effritait en lambeaux. l’Afrique, du moins dans le discours, part ainsi à l’assaut des forteresses. Les ministres ont sonné l’alarme: l’ONU, le FMI, l’OMC sous-représentent l’Afrique, véritable bastion démographique qui pèsera 2,5 milliards d’habitants en 2050 et sanctuaire énergétique incontournable avec son soleil, son lithium et son hydrogène vert. Le continent se pose la question fondamentale du pourquoi céder les rênes à des institutions figées dans l’après-1945 ? Ainsi à Lomé le Congrès s'est forcé à tracer une feuille de route offensive avec des idées on ne peut plus claires: - ** Une coordination diplomatique** et un front uni à l’ONU pour bloquer les résolutions biaisées. - **La nécessité de réformes institutionnelles** en exigeant deux sièges permanents au Conseil de sécurité et un droit de véto. - ** Une parole souveraine** par l'alignement des votes régionaux notamment à l'UA et à la CEDEAO, sur des intérêts communs et pas sur des caprices nationaux ou des visées idéologiques d'un autre temps. L’enjeu est donc de redéfinir les règles du jeu. L'Afrique ne se contente plus de strapontins. Elle veut peser sur le commerce mondial, les sanctions et les normes climatiques, où elle paie l’addition sans en tirer profit. **La diasporas arme secrète d’une géopolitique afro-globale**, de Bogotá à São Paulo, a volé la vedette à Lomé. Francia Márquez, vice-présidente colombienne, a rappelé les 200 millions d’Afro-descendants en Amérique : une profondeur stratégique ignorée. L'alliances Sud-Sud, les réparations comme arme diplomatique vis à vis de l’Europe post-coloniale, les flux de capitaux via la diaspora US sont autant d'atout et de pistes pour un changement radical de posture. Lomé élargit ainsi le panafricanisme à la diaspora comme lobby à Washington et Bruxelles, vecteur de tech (IA, fintech) et de soft power culturel. Face à la Belt and Road chinoise, c’est un contre-réseau transnational africain qui se dessine. Les précongrès régionaux avaient déjà proposé un plan d'action clair et concret : - **Indépendance technologique** : Maîtriser l'intelligence artificielle (IA) et l'informatique quantique pour mettre fin à la domination des pays occidentaux. - **Élites panafricaines** en réformer l'éducation pour former des leaders et des stratèges africains, et non des personnes qui fuient le continent. - **Migration contrôlée** : en mettant en place une politique commune à tout le continent pour transformer les mouvements de population en atout démographique, au lieu de subir les barrières imposées par l'Europe. - **Mémoire active** : en reliant l'esclavage et le colonialisme à des demandes économiques concrètes, comme l'annulation des dettes injustes et le paiement de redevances sur les ressources minières. - En fait des **Axes de puissance pour 2030 fondés sur la technologie, l'éducation, et la migration** L'Afrique passe de la réaction à la projection et anticipe un monde multipolaire où l’Afrique rivalise avec l’Inde ou l’ASEAN. Mais comme à chaque fois en Afrique, il reste légitime de se poser la question fondamentale: **Lomé, pivot ou mirage ?** L'espoir est que ce congrès ne soit pas un feu de paille mais plutôt une esquisse, une doctrine pour une puissance par l’unité, par l'influence et par la coordination. Le diable est dans l’exécution. Les rivalités internes et régionales, les tentations bellicistes continueront elles à diviser? Le Grand Maghreb pour ce qui nous concerne en connait un chapitre depuis 50 ans. Lomé 2025 impose un ultimatum : stratégie partagée ou irrelevance éternelle ?L’Afrique, pôle émergent ou pion sacrifié ? La réponse se joue maintenant et concerne davantage les générations africaines en devenir... Elles ne pardonneront jamais nos erreurs actuelles et nos divisions imbéciles...

Réveils dans le noir : pour des horaires scolaires adaptés à l’enfant du XXIᵉ siècle au Maroc... 1291

Ce qui m'a inspiré ces lignes est une lettre publiée par un papa sur les réseaux sociaux et qui dit en substance:*Je vous écris en tant que parent inquiet, mais aussi en tant que citoyen épuisé par un choix gouvernemental qui, année après année, ignore le bon sens : celui de maintenir un horaire où nos enfants se réveillent alors qu’il fait encore nuit noire pour aller à l’école.* *Chaque matin, c’est le même scénario absurde : réveil à l’aube, enfants arrachés au sommeil, yeux encore fermés, corps fatigués, obligés de sortir dans l’obscurité, parfois dans le froid, pour rejoindre leur établissement scolaire.* *Des élèves somnolents en classe, une concentration affaiblie, une irritabilité croissante. Comment parler de qualité d’apprentissage dans ces conditions ?* *Au-delà de la fatigue, il y a le danger.**De nombreux parents n’ont pas les moyens d’accompagner leurs enfants.**Ces derniers marchent seuls dans des rues encore plongées dans la pénombre, exposés aux risques d’accidents de la circulation, d’agressions ou d’incivilités.* *Ce simple fait devrait suffire à interroger la pertinence de cet horaire.**Le gouvernement persiste pourtant à défendre ce choix au nom d’arguments économiques ou énergétiques, sans jamais mettre en balance le bien-être, la santé et la sécurité de nos enfants.* *Nous ne demandons pas l’impossible, seulement un retour à un rythme humain, adapté à la réalité de notre société.* *Par ce courrier, je souhaite que ce débat soit enfin ouvert sérieusement.* *Nos enfants ne sont pas des variables d’ajustement.* *Ils méritent un réveil normal, à la lumière du jour, et une école qui respecte leurs besoins fondamentaux.* *Elle met sur la table le calvaire vécu par enfants et parents et remet en cause le rythme scolaire imposé à nos enfants.* En fait, les rythmes scolaires actuels reposent sur une organisation largement héritée du début du XXᵉ siècle, conçue pour une société aux temporalités plus stables, pas du tout connectée et moins exposée à la stimulation permanente. Or, depuis quelques temps déjà, les travaux scientifiques convergent vers un même constat: il existe un décalage croissant entre ces cadres institutionnels et les besoins biologiques, cognitifs et psychosociaux de l’enfant contemporain. Mieux encore, L’enfant du XXIᵉ siècle évolue dans un environnement marqué par l’omniprésence des écrans, la multiplication des interactions numériques et la porosité entre temps scolaire, temps familial et temps de loisirs. Les recherches en chronobiologie établissent clairement que l’exposition à la lumière artificielle, en particulier celle bleue émise par les écrans, retarde la sécrétion de mélatonine, hormone clé de l’endormissement. Cette exposition tard dans la nuit perturbe durablement les cycles veille-sommeil chez l’enfant et l’adolescent, rendant le coucher précoce biologiquement difficile, indépendamment des règles éducatives posées par les familles. Dans ce contexte, maintenir des horaires scolaires très matinaux revient à instaurer une dette chronique de sommeil chez l'enfant. Or, le rôle du sommeil dans les apprentissages est aujourd’hui solidement documenté. Les neurosciences montrent que le sommeil est indispensable à la consolidation de la mémoire, à la régulation émotionnelle et au bon fonctionnement des fonctions exécutives d'attention, de planification et de contrôle cognitif. Le manque de sommeil régulier est associé à une diminution des performances scolaires, à une augmentation de l’irritabilité et à des troubles de l’attention pouvant aggraver des difficultés d’apprentissage. Des études nord-américaines apportent un éclairage particulièrement instructif: le report du début des cours associé à une amélioration du temps de sommeil induit des résultats scolaires meilleurs, de l’assiduité et de la santé mentale, ainsi qu’une baisse des accidents de la route impliquant des adolescents. L’American Academy of Pediatrics recommande elle explicitement des horaires scolaires plus tardifs pour les adolescents, en cohérence avec leur rythme circadien naturellement décalé. Faute d'études précises au Maroc, regardons ce qui se dit ailleurs. Les recherches montrent que, durant l’adolescence, l’horloge biologique se décale physiologiquement vers un endormissement plus tardif. Forcer un réveil très matinal revient donc à entrer en conflit direct avec un processus biologique normal. Ignorer cette donnée, largement établie, revient à fragiliser les conditions mêmes de l’apprentissage et du bien-être. À la fatigue cognitive s’ajoutent des enjeux de sécurité et d’inégalités sociales. Les horaires précoces toujours imposés au Maroc, exposent de nombreux enfants à des déplacements dans l’obscurité, augmentant les risques routiers et urbains. Les travaux de l’OCDE par exemple, soulignent que les conditions d’apprentissage ne se limitent pas à la salle de classe: le temps de transport, la fatigue accumulée et le contexte familial influencent fortement les trajectoires scolaires. Les familles les plus modestes disposent de moins de marges d’adaptation en accompagnement, en transport sécurisé et compensation éducative, ce qui transforme les rythmes scolaires en facteur indirect mais réel d’inégalités. Les impératifs économiques, organisationnels ou énergétiques ne peuvent justifier le statuquo. Plusieurs analyses internationales montrent les coûts exorbitants à long terme du manque de sommeil: en terme de décrochage scolaire, de troubles anxieux, de baisse de productivité, de problèmes de santé. Ces coûts cumulés dépassent largement les ajustements nécessaires à une réforme des rythmes. L’OCDE insiste régulièrement sur l’importance d’investir dans le bien-être des élèves comme condition de l’efficacité des systèmes éducatifs. Repenser les horaires scolaires ne relève donc ni du confort ni du laxisme ni d'un caprice. Il s’agit d’une démarche rationnelle, fondée sur des données scientifiques robustes. L’efficacité pédagogique ne se mesure pas au nombre d’heures passées à l’école ni à la précocité du réveil, mais à la qualité de l’attention, à la disponibilité cognitive des enfants et à l’engagement des élèves et des enseignants. Cette réflexion doit s’inscrire dans une approche globale. Les experts soulignent la nécessité d’articuler horaires scolaires, gestion du temps d’écran, charge de travail, équilibre entre vie familiale et vie éducative, et santé mentale. Un système éducatif performant est un système capable d’intégrer les apports de la science et d’évoluer avec la société qu’il sert. À l’ère de la connexion permanente, persister dans des schémas rigides revient à institutionnaliser la fatigue dès l’enfance. Tenir compte des besoins de l’enfant et non des contraintes du monde adulte, n’est pas une utopie pédagogique. C’est une exigence scientifique, sociale et en définitive, politique. Le Maroc dispose de tous les moyens pour engager une véritable réflexion sur la question et devrait l'entamer comme base d'une véritable réforme de l'enseignement.

Mustapha Hadji, Ballon d’Or africain : du silence des pâturages à la voix des stades 1307

Le palmarès de Mustapha Hadji tient en quelques lignes, mais chacune d’elles pèse lourd dans l’histoire du football africain, de la jeunesse marocaine et surtout pour Mustapha lui-même. Ballon d’Or africain en 1998, artisan majeur de l’épopée marocaine à la Coupe du monde en France, international respecté, passeur de jeu élégant, ambassadeur discret du football et de la jeunesse du centre prédésertique marocain. Des titres, des distinctions, des chiffres. Et pourtant, réduire Hadji à son palmarès serait passer à côté de l’essentiel : une trajectoire humaine rare, presque cinématographique, qui commence loin des projecteurs. Car avant les pelouses européennes, avant les hymnes et les trophées, il y a un douar près de Guelmim. Une région austère, rude, où l’enfance s’écrit au rythme du soleil et des troupeaux. le vent est sec et fort. L'horizon est sans limite. Les enfants y contemplent à chaque instant l'Atlas et la majesté de ses simes. le sol est dure et rocailleux. Comme beaucoup d’enfants de son âge, Mustapha est berger dès qu’il a pu marcher, dès qu’il a pu être autonome. Il est vite érigé en responsable de ce que la famille et le douar ont de plus précieux: des chèvres et des moutons. Il apprend très tôt la patience, la solitude, l’observation. Des qualités qui, plus tard, feront de lui un joueur à part, capable de lire le jeu avant les autres, de sentir le ballon, d'ajuster le mouvement. Le tournant se produit avec le regroupement familial. Direction la France. Le choc est immense. Changement de langue, de climat, de codes sociaux. À l’école, Mustapha peine à s’intégrer. Il ne comprend pas tout, parle peu, se replie souvent sur lui-même. Mais là où les mots manquent, le ballon devient langage. C’est sur les terrains de quartier que son talent commence à se révéler. Un football instinctif, fluide, presque poétique. Il n’y a pas de calcul, seulement le plaisir de jouer, de s’exprimer enfin, de montrer ce dont il est capable. Autour de lui, des regards bienveillants s’attardent. Des éducateurs, des entraîneurs, des figures humanistes qui voient au-delà des difficultés scolaires ou linguistiques. Et surtout, il y a père lève tôt qui travaille et une mère qui veille. Une présence constante, exigeante et protectrice. Elle encadre, encourage, rappelle l’importance du travail et de la discipline. Elle a cela dans les gènes. Elle sait d’où elle vient. Rien n’est laissé au hasard. À partir de là, l’ascension devient irréversible. Club après club, Mustapha Hadji affine son jeu. Il n’est pas le plus puissant, ni le plus rapide, mais il comprend le football. Le ballon l’adopte et l’aime. Il joue entre les lignes, fait jouer les autres, sublime le collectif. Son style tranche dans une époque dominée par l’impact physique. Il impose une autre grammaire : celle de l’intelligence et de la créativité. L’année 1998 marque l’apogée. La Coupe du monde en France révèle Hadji au grand public. Le Maroc séduit, impressionne, frôle l’exploit. Hadji en est l’âme technique. Quelques mois plus tard, le Ballon d’Or africain vient consacrer cette trajectoire singulière. Une reconnaissance continentale, mais aussi un symbole puissant : celui d’un enfant de Guelmim devenu référence du football africain. Sans jamais renier ses racines, il les sublime dans son récit. Il ne manque jamais de les évoquer avec nostalgie et reconnaissance. Après les sommets, Mustapha Hadji ne se transforme pas en icône tapageuse. Il reste fidèle à une certaine sobriété. Celle du Maure descendant de l’homme de Jbel Ighoud. Il incarne, comme ses 40 millions de concitoyens, 350 mille ans d’histoire, pas de scandales, peu de déclarations tonitruantes. Une élégance rare, sur et en dehors du terrain. Plus tard, il transmettra, accompagnera, conseillera, toujours avec la même discrétion. L’histoire de Mustapha Hadji mérite mieux qu’un simple hommage ponctuel. Elle appelle une série, un récit au long cours. Parce qu’elle parle d’exil et d’intégration, de transmission et de mérite, de talent brut façonné par l’effort et l’encadrement humain. Elle rappelle surtout que derrière chaque trophée se cache un enfant, souvent silencieux, qui a appris à transformer ses fragilités en force. Dans un football moderne parfois amnésique, l’itinéraire de Mustapha Hadji demeure une leçon. Une leçon de jeu, mais surtout une leçon de vie. Lors de la 4e édition des Journées Africaines de l’Investissement et de l’Emploi, consacrée au football comme vecteur d’inclusion socio-économique, tenue à la Faculté des Sciences Juridiques et Sociales - Souissi, à Rabat, Mustapha est invité à l’estrade par l’icône du journalisme sportif qu’est devenue Dounia Siraj, un autre exemple de réussite d’une jeunesse innovante, engagée, sûre d’elle. Elle a dirigé de main de maître une cérémonie où elle devait, entre autres, donner la parole à Fouzi Lakjaa et à Midaoui. Elle le fut sans sourciller, la voix posée et la posture digne. Mustapha prend la parole et raconte son histoire. Les mots sont forts, précis et juste. La posture est digne. L’audience est émue. Les jeunes étudiants, très nombreux, écoutent ébahis. Ils vivent là un moment inédit. Une inspiration rare. Mustapha, sourire aux lèvres, raconte. Les mots fusent dans un récit à couper le souffle. C’est alors que je prends la parole pour interpeller le cinéma marocain. Cette histoire unique, mais semblable à bien d’autres, ne mérite-t-elle pas d’être racontée dans un film, dans une série ? Les mots et la mimique de Mustapha sont si forts qu’ils pourraient, traduits en images, montrer à toute la jeunesse en construction quelles sont les valeurs du travail, du sérieux, de la confiance en soi et de l’engagement. Le festival de Marrakech venait d’être clos la veille. Pendant que Mustapha parlait, j’ai nourri le rêve de voir un film sur Mustapha Hadji remporter l’Étoile d’Or...à une prochaine édition. Le cinéma marocain devrait jouer ce rôle-là aussi. Celui de perpétuer les réussites de la jeunesse du Royaume. Le cinéma se doit de nous raconter, et surtout à la jeunesse, ces grandes histoires de réussite dans moult domaines et Dieu sait qu’il y en a. L’histoire de Nezha Bidouane, celle de Hicham El Guerrouj, de Said Aouita, de Salah Hissou, de Moulay Brahim Boutayeb, d’Abdelmajid Dolmy, de Si Mohamed Timoumi ou de Achik, de Nawal El Moutwakel, ne méritent-elles pas d’être racontées dans des livres, dans des films ? Celles de Jilali Gharbaoui, de Mohamed Choukri, d’Abdelouhab Doukkali, d’Abdelhadi Belkhayat, de Tayeb Seddiki, de Tayeb Laalj, de Fatna Bent Lhoucine, de Fadoul, de Miloud Chaabi de Haj Omar Tissir (Nesblssa) et j’en passe, ne méritent-elles pas d’être portées à l’écran ? Merci, Si Mustapha, d’avoir été un grand joueur, une fierté nationale et surtout de continuer à faire ce que tu fais avec brio : motiver et inspirer notre jeunesse, aiguiser notre fierté nationale par ce genre d’éducation rénovée, pilier d’un Maroc souverain qui élève sa jeunesse vers un avenir prospère et éclairé.

La loi 30-09 relative à l’éducation physique et aux sports au Maroc : un frein obsolète au développement sportif 1350

Promulguée en 2010, la loi 30-09 visait à moderniser la gouvernance sportive marocaine, à encadrer le mouvement associatif et à ouvrir la voie à la professionnalisation. Quatorze ans plus tard, son bilan est contrasté: si elle a instauré une architecture formelle, on a toujours dit qu’elle ne répondait pas aux exigences du sport moderne, ni n’était incitative et encourageante. Elle est aujourd’hui accusée d’être un **frein structurel** au sport marocain, en raison d’un cadre rigide, inadapté et partiellement inconstitutionnel. Pire encore, engagée bien avant la lettre royale aux assises du sport de 2008, le projet n’avait en fait subi aucun ajustement pour se conformer aux directives royales. Les auteurs avaient probablement estimé que le projet répondait suffisamment aux contenus de la lettre et n’avaient pas jugé utile de le retirer. La remise en question, déjà vive depuis sa promulgation, s’intensifiera à la lumière de la Constitution de 2011, qui érige l’activité physique en droit citoyen et impose à l’État de promouvoir le sport de haut niveau tout en favorisant la participation associative. L’approche de la Coupe du Monde 2030, de surcroît, exige une adaptation législative sans tarder. Lors de la 4e édition des Journées africaines de l’investissement et de l’emploi, dédiée au football comme vecteur d’inclusion socio-économique et organisée par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Souissi à Rabat, le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Fouzi Lekjaa, a déclaré sans ambages que la loi 30-09 avait fait son temps et qu’une nouvelle mouture était nécessaire pour accompagner le développement sportif du pays. Les principales problématiques consistent d’abord en une **discordance avec la Constitution de 2011**. Conçue avant cette révision fondamentale, la loi 30-09 ne garantit pas explicitement le droit au sport comme droit citoyen. Elle limite la liberté associative par un régime d’agrément discrétionnaire, contredisant le principe constitutionnel de liberté d’association garanti par le Code des libertés publiques de 1958, toujours en vigueur. De même, elle assigne à l’État un rôle flou en matière de régulation et de financement, fragilisant l’autonomie des fédérations et exposant celles-ci à des paralysies administratives. Force est de constater aussi une **ambiguïté du statut des sportifs professionnels**. Malgré la reconnaissance constitutionnelle du droit au travail et à la protection sociale, la loi ne définit ni un contrat sportif clair ni une protection spécifique. Ce vide juridique alimente des conflits récurrents entre clubs, joueurs et fédérations. On relèvera également un **décalage avec le sport moderne**. Attachée à une vision bureaucratique et centralisée, la loi ignore les standards internationaux et les mécanismes de gouvernance par performance ou objectifs. La professionnalisation reste inachevée: les clubs manquent de structures juridiques stables, les modèles économiques sont précaires, et les investisseurs privés sont découragés. Le rôle des collectivités territoriales demeure flou, malgré la régionalisation avancée, rendant les investissements sportifs tributaires de volontés locales plutôt que d’un cadre national cohérent. **La rigidité de la loi entrave la contractualisation rapide, la flexibilité pour les infrastructures et l’indépendance des fédérations.** Elle génère des lenteurs administratives pour les partenariats public-privé, l’absence de statut pour les sociétés sportives et des difficultés à intégrer les normes internationales, bloquant ainsi l’attractivité pour le capital privé. On peut ainsi soupçonner son **incompatibilité avec les exigences FIFA et le Mondial 2030**. La critique peut s’étendre au domaine de l’éducation avec une certaine **inadéquation avec la réforme éducative**. Alors que le Maroc investit dans le sport scolaire et universitaire, la loi omet toute intégration systémique entre écoles, universités, clubs et fédérations, ainsi que des passerelles entre sport de masse et d’élite. La loi mélange indûment sport amateur et professionnel, sans distinguer la gestion associative de l’activité commerciale des clubs. Son autre faiblesse se situe au niveau de la définition des concepts et donc de la désignation claire des responsabilités induites. Elle soumet le tissu associatif, pilier du mouvement sportif, à une tutelle excessive, créant insécurité juridique et contournements permanents. Enfin, elle conçoit le sport comme activité éducative ou culturelle, ignorant son potentiel économique : métiers du sport, sponsoring, droits audiovisuels, fiscalité spécifique et création d’emplois. Conçue dans un contexte pré-constitutionnel, la loi 30-09 est aujourd’hui **obsolète, rigide et partiellement inconstitutionnelle**. Elle freine la gouvernance, la professionnalisation et l’économie du sport, au moment où le Maroc se projette vers des échéances mondiales majeures. La situation conduit donc à la nécessité de s’orienter vers une nouvelle loi, moderne, alignée sur la Constitution, sur le propos de la lettre royale de 2008, sur les exigences d’un sport moderne en concordance avec les instances internationales, et répondant aux impératifs à mettre en place en vue de la Coupe du Monde 2030, tout en inventant un mode nouveau de gestion et d’administration éloigné du temps politique. Une administration de mission est largement souhaitée. La nouvelle loi doit s’aligner sur le cadre constitutionnel en définissant clairement les concepts, en consacrant le sport comme droit citoyen, en protégeant la liberté associative et en clarifiant le rôle de l’État (encadrement, financement, audits, contrats-objectifs). Elle devrait distinguer entre sport amateur et professionnel, entre club et association, et instaurer une professionnalisation complète: statut du sportif professionnel, sociétés sportives obligatoires pour les clubs, régulation des investissements privés. Elle doit permettre l’intégration du sport à l’économie nationale via un cadre fiscal dédié, un code d’investissement spécifique, une reconnaissance sectorielle et une modernisation du sponsoring et des droits TV. Elle devra s'harmoniser aux exigences FIFA 2030 par plus de flexibilité, réglementer les infrastructures et sécuriser les grands projets. La nouvelle loi devrait fixer les responsabilités de l’État en matière de formation des cadres et des niveaux exigés, faisant de la formation académique la base d’un système national à même de répondre aux exigences de la pratique et aux véritables besoins de la société. Elle devra en outre spécifier le rôle et définir la responsabilité des régions et des collectivités locales en matière de sport pour tous, de création d’infrastructures de proximité et d’encadrement. Une sorte de municipalisation des activités physiques de masse. Cette loi nouvelle attendue est **urgente, stratégique et incontournable** pour aligner le sport marocain sur les standards internationaux et les ambitions nationales.

Classement du Maroc au GTCI 2025 : une alerte et une occasion de réveiller le potentiel... 1371

Le GTCI, ou Global Talent Competitiveness Index, est un indice international qui mesure chaque année la capacité des pays à attirer, développer et retenir les talents. C’est aujourd’hui l’un des baromètres les plus utilisés pour évaluer la compétitivité des nations dans l’économie du savoir. L'indice repose sur 77 indicateurs, couvre 135 pays à aujourd'hui et vise à mesurer la capacité à attirer, développer et retenir les talents à travers un modèle « input–output » articulé autour de six grands piliers, incluant notamment les compétences techniques et générales. En 2025, le Maroc apparaît à la 98ᵉ place sur les 135 pays. Il ferme le top 10 africain, derrière Maurice, les Seychelles, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert, le Botswana, la Tunisie, la Namibie, l’Égypte et l’Algérie. Surprenant. Il se situe clairement dans le groupe des pays à potentiel mais encore en décrochage en termes d’écosystème global des talents. Les progrès sont réels mais pas suffisants. Des fragilités structurelles persistent. Le gouvernement est ici expressément interpellé car directement responsable. L'amélioration du score est une affaire de politique publique. Pris isolément, le rang 98 constitue une photographie utile, qui agrège des progrès ponctuels et des défaillances structurelles. Le fait que de petits États insulaires comme Maurice et les Seychelles devancent largement le Maroc montre que quelques variables décisives: gouvernance, stabilité réglementaire, capacité à attirer des talents étrangers, qualité de l’offre éducative, suffisent à créer un différentiel de compétitivité significatif dans un même continent. La progression du Maroc dans d’autres indices comme l’Innovation confirme une dynamique positive, mais elle coexiste avec des faiblesses endémiques en *R&D, financement des start-up et densité de chercheurs*, qui viennent limiter la conversion de ces progrès en gains de compétences à forte valeur ajoutée. Le talon d’Achille le plus souvent souligné par les analyses du GTCI concerne la formation professionnelle et technique, où le Maroc affiche des performances particulièrement, voire étonnement faibles. Concrètement, il s'agit d'inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins des secteurs en croissance: industrie avancée, numérique, IA, services à forte intensité de savoir, fuite accélérée des profils qualifiés vers des marchés plus attractifs, coût économique direct lié à une main-d’œuvre insuffisamment opérationnelle. Tant que la formation professionnelle et technique ne sera pas pensée comme un pilier stratégique, avec des référentiels co-construits avec les entreprises, des dispositifs d’apprentissage robustes et une évaluation systématique de l’insertion, le Maroc restera en retrait dans les piliers «Vocational and Technical Skills » du GTCI. Il faut noter par exemple que cela marche très bien en ce qui concerne l'industrie de l'aéronautique et de l'automobile où le Maroc a su bien faire. L’attractivité et la rétention des talents renvoient, elles, à une problématique à la fois économique, réglementaire et sociétale. Le classement met en évidence une performance médiocre sur la capacité à attirer des talents étrangers et à retenir les profils marocains hautement qualifiés, ce qui renvoie à la combinaison d’éléments comme la qualité de vie, la mobilité: visas et résidence, la fiscalité, la liberté académique ou encore la profondeur de l’écosystème d’innovation. Si le Maroc a multiplié les signaux favorables avec des zones industrielles et technologiques, une politiques d’attractivité de l’investissement, une montée en gamme de certains secteurs, l’absence d’un «pack» cohérent pour les talents internationaux et d’un environnement pleinement compétitif pour les chercheurs, ingénieurs ou entrepreneurs limite l’impact de ces initiatives. Les discours officiels tendent parfois à insister sur les progrès réalisés dans les classements internationaux, sans toujours intégrer la dimension de rendement réel des politiques publiques. Mettre en avant des réformes, plans sectoriels ou stratégies ne suffit pas si leur traduction en compétences opérationnelles, en emplois qualifiés et en projets innovants mesurables, reste limitée; ce que rappelle implicitement le rang 98. De même, une politique de l’offre fondée sur la multiplication des filières de formation, sans alignement fin et rapide avec les besoins de l’économie, accentue le décalage entre diplômes et emplois, phénomène que captent aussi bien le GTCI que d’autres indicateurs de capital humain. Les cités des métiers et des compétences ont été pensées pour cet impératif mais sont elles alignées correctement avec l'objectif. Face à ce diagnostic, plusieurs orientations apparaissent prioritaires. La première consiste à transformer en profondeur la formation professionnelle selon une logique de « filières-marché » : co-financement de programmes d’apprentissage en entreprise, certifications modulaires co-signées par les branches professionnelles, suivi systématique d'un ajustement en temps réel des contenus. La deuxième est la mise en place de tableaux de bord nationaux des compétences, publiés régulièrement, rassemblant données sur l’insertion, qualité des emplois, mobilité internationale et évolution des besoins, afin de rendre visibles les impacts des réformes et de renforcer la redevabilité publique. Vient ensuite la question d’un véritable «pack d’attractivité» pour les profils hautement qualifiés, nationaux et étrangers. Celui-ci pourrait articuler procédures de visas simplifiées et rapides, incitations fiscales ciblées et limitées dans le temps, facilités d’installation: scolarité internationale, logement, accompagnement familial, le tout conditionné à des engagements concrets d’emploi, de transfert de compétences ou d’investissement. Enfin, la création d’un accélérateur «entreprises–universités», associant fonds compétitifs pour projets conjoints, stages obligatoires et chaires sur les compétences émergentes: IA, cybersécurité, biotech, permettrait de rapprocher durablement le système éducatif du tissu productif, sans oublier l'intéressement des encadrants et chercheurs dans le capital des compagnies crées. Il faut aussi en permanence auditer l’efficacité des dispositifs de formation et d’insertion. La démarche limiterait le biais d’autosatisfaction et alignerait davantage le storytelling national sur la réalité des résultats. Ce ci renforcerait fortement la crédibilité du pays auprès des investisseurs et partenaires. Le signal envoyé par le classement du Maroc au GTCI 2025 est donc d’abord une alerte stratégique. Sans refonte ambitieuse de la formation professionnelle, sans politique structurée d’attractivité et sans pilotage par les résultats, le Maroc risque de rester durablement dans la seconde moitié du classement. Avec des ajustements intelligemment adaptés, ce rang pourrait, à court terme, devenir le point de départ d’une trajectoire ascendante en phase avec les ambitions affichées par le Royaume.